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Clônage humain

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Publié le 1er janvier 2004 - Modifié le dimanche 7 mai 2006 :: 4128 visites robots/humains. ( Popularité: 35)

ScientoX

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Que la secte des raéliens ait obtenu le premier bébé humain clone, Eve, ou que cela ne soit qu’un extraordinaire coup de bluff, il ne faut pas douter que le clônage humain est à la portée des scientifiques.
Suivant la réaction - ou l’absence de réaction - des gouvernements de la planète,
l’avenir de l’Humanité ne sera pas le même...

LES PREMIERS PAS


- Les premiers clones sur Terre ne furent pas, contrairement à ce que l’on croit souvent, des brebis mais bien des batraciens, et plus précisément des grenouilles.

  • 1952 : Première tentative de clonage, c-a-d de transfert du noyau d’une cellule embryonnaire dans des oeufs énucléés.
  • 1962 : Naissance des premiers clones de grenouilles.
  • 1986 : Naissance du premier veau cloné, à partir d’une cellule embryonnaire. Quatre ans plus tard, 8 veaux identiques naissent de cette façon dans un centre de recherche américain.
  • Toujours en 1990, l’INRA français réussit la même expérience en obtenant 6 lapins clonés.

HELLO DOLLY !
Le premier clone d’un mammifère adulte est célèbre : il s’appelle Dolly, c’est une brebis "née" en juillet 1996, au Roslin Institute, en Ecosse. Elle est la seule tentaive réussie du genre sur les 277 expériences du même genre.
La nouvelle n’est rendue publique qu’en février 1997.

Dolly est le premier mammifère qui ne soit pas né d’un père et d’une mère : elle est une copie génétique de sa "mère".

Pour la petite histoire, Dolly doit son prénom au fait qu’elle ait été clonée d’une cellule de glandes mammaires, ce qui dans l’esprit de ses créateurs a évoqué les attributs, mammaires également de Dolly PARTON... ben oui...


MAIS C’EST QUOI UN CLONE ?
D’ordinaire, dans le règne animal, la reproduction consiste en la fécondation d’une cellule reproductrice [ovocyte - femelle] par un spermatozoïde [mâle]. L’ensemble, porteur d’un génome [code génétique] unique donnera un être unique.

Pour les clones d’embryon, [avant Dolly], pas de spermatozoïde : l’ovocyte est énucléé [c-a-d privé de son patrimoine génétique] et pourvu d’un nouveau noyau, constitué d’un embryon au stade mono-cellulaire.

Pour le clone d’adulte - comme Dolly - l’ovocyte énucléée est pourvu cette fois d’un noyau constitué d’une cellule non sexuelle prélevée sur un animal adulte. L’être qui naîtra sera un double parfait de l’adulte prélevé.


CLONE = DOUBLE ? NON !
Si un clone est porteur du même patrimoine génétique que son "père" cellulaire, il n’en est pas pourtant la copie à l’identique, car les gènes ne contrôlent pas tout !

Ainsi CopyCat, la petite chatte clonée par l’équipe de Mark WESTHUSIN à l’Université A&M de College Station, au Texas, n’a pas les mêmes tâches que sa "mère" [car sa nourriture, et peut-être même d’autres éléments, entrent en ligne de compte].

Du point de vue mental, c’est encore plus évident : pour être identique à son père génétique, un clone ne devrait pas seulement avoir le même patrimoine génétique, il devrait aussi avoir la même vie : éducation, rencontre, réussites et échecs, souvenirs, amours et phobies, TOUT cela participe à la constitution d’un être.


ET RAËL S’EN MÊLA...
Le 27 décembre 2002, Brigitte BOISSELIER, ingénieur chimiste française et porte-parole de la secte des raéliens, annonce devant un parterre de journalistes sceptiques, la naissance la veille, « quelque part », d’Eve, fille clonée de sa mère.

La société de clonage humain Clonaid, basée à Las Vegas (Nevada), a été fondée par les raéliens, une secte installée au Canada, où elle a le statut fiscal d’Eglise.

Raël, de son vrai nom Claude VORILHON, 56 ans, ancien chanteur et journaliste sportif, a fondé cette secte dans les années 70 et professe que des extraterrestres ont créé l’espèce humaine par clonage il y a 25 000 ans. Il affirme compter 55 000 adeptes dans 84 pays. La secte est riche : chaque adepte doit lui fournir 10% de ses revenus.

Selon Mme BOISSELIER, Pd-g de Clonaid et « évèque » de la secte, les parents du bébé sont un couple d’Américains. Pas de nom ni de photos. La mère, âgée de 31 ans, aurait accouché par césarienne hors des Etats-Unis dans un pays non précisé.


Aucune preuve n’a été apporté pour attester de la naissance d’Eve, et de sa qualité de premier clone humain. Cependant, que les raéliens mentent ou pas, là n’est pas le vrai problème : le clonage humain finira par exister, sans doute dans des années très proches.


QUESTIONS D’ETHIQUES

Cela pose plusieurs problèmes moraux d’importance :

- le clonage des mammifères, dans l’état actuel des connaissances, connait un taux de réussite très faible, de l’ordre de 1 à 2%.
Faut-il accepter de manipuler des centaines d’embryons humains, implantés dans des centaines d’utérus, pour obtenir 1 clone viable et voir mourir, ou naitre difformes, tous les autres ?

- le clonage humain conduit à la naissance d’êtres sans parents biologiques, pourvu du même patrimoine génétique qu’un adulte et donc privé d’une partie de son identité.

- faut-il en revanche accepter le clonage thérapeutique [auquel la communauté scientifique est majoritairement favorable], c-a-d celui qui consiste non à donner naissance à un enfant, mais à reproduire des organes du donneur pour les lui ré-implanter en cas de probèmes médicaux ou d’accident ?


CLONES EN PERIL ?
Il reste encore beaucoup de progrès à faire en matière de clonage, ce qui rend le clonage humain dangereux, au delà même du débat éthique. Les chercheurs constatent en particulier que les mammifères clonés vieillissent prématurément...

Mi-février 2003, les chercheurs ont euthanasié Dolly, alors âgée de seulement 6 ans, parce qu’elle souffrait d’arthrose et d’infections pulmonaires... comme si elle avait été trop vieille !

Nés avec des gènes d’adultes, les clones seraient condamnés à une durée de vie amputée ??? Seul un recul de plusieurs années permettra à la science de se prononcer...


Updates/Mises à jours ! ...

(08/08/01)
« LE MONDE - 11h03 »

Le dilemme éthique de George W. Bush

Jamais, dans l’histoire mêlée des sciences du vivant et de la politique, un chef d’Etat n’a dû faire face à un dilemme aussi douloureux, aussi lourd de conséquences, que celui auquel est aujourd’hui confronté George W. Bush. Avant les premiers jours de septembre, le président américain se prononcera sur le financement fédéral - actuellement interdit - des recherches ayant pour objet la création et l’utilisation d’embryons humains. L’importance du sujet, associée à l’hégémonie des Etats-Unis dans le champ des biotechnologies, fait que le choix de M. Bush dépassera de beaucoup la seule orientation de la politique américaine de recherche en biologie.

S’il accepte le principe d’un financement public, M. Bush sera applaudi par tous ceux qui, à travers le monde, veulent au plus vite, pour des raisons médicales et économiques, explorer ce nouvel eldorado de la maîtrise du vivant. S’il refuse, le président américain confortera son image de républicain pour qui la pratique scientifique ne peut être dissociée d’un profond ancrage moral et religieux. A ce titre, il ne manquera pas d’être félicité par Jean Paul II, qui a mis tout le poids de son autorité pour tenter de dissuader le président américain de franchir un tel pas.

La récente adoption par la Chambre des représentants d’un texte qui prévoit de criminaliser toute tentative de création d’un embryon humain par clonage, que ce soit à des fins reproductrices ou thérapeutiques (Le Monde du 2 août), témoigne de la force du courant d’opinion qui, outre-Atlantique, continue à se manifester contre tout risque de réification de l’embryon humain. Pour le Vatican comme pour une majorité (265 voix contre 162) des députés américains, tout ce qui est techniquement possible ne doit pas être réalisé et, en dépit des perspectives enthousiasmantes dessinées par les scientifiques, il importe de maintenir certains interdits, de s’opposer parfois aux hommes de laboratoire comme à leur volonté de faire coûte que coûte le bien de l’humanité souffrante.

Farouche adversaire de la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse comme de l’abolition de la peine de mort, défenseur affiché de la vie humaine avant la naissance, M. Bush ne devrait pas, en toute logique, être embarrassé pour s’opposer au financement public de travaux qui conduisent, de facto, à faire de l’embryon humain un matériel de laboratoire. Or tel n’est plus le cas. Aux Etats-Unis, comme dans nombre de pays industrialisés, la réflexion éthique et le paysage politique commencent à évoluer rapidement, modifiant la donne classique opposant une "droite" par nature conservatrice à une "gauche" traditionnellement plus confiante face aux progrès de la science. Sans doute faut-il voir là les premiers fruits de l’intense travail de lobbying des milieux scientifiques et économiques concernés, amplement relayé par de nombreuses associations de malades, ainsi que par des médias soucieux de soutenir toute quête scientifique pouvant aisément être mise en scène.

On observe ainsi les prémices d’un nouvel argumentaire qui parvient à concilier l’opposition à l’avortement et l’acceptation de l’usage de l’embryon humain. Ce qui, hier encore, aurait constitué un tour de force est simplement exposé par le sénateur ultraconservateur Orrin Hatch. Se rangeant aux côtés de ceux qui acceptent le principe de la destruction d’embryons humains à des fins thérapeutiques, il fait valoir qu’un embryon conçu in vitro n’a, à lui seul, aucune possibilité de se développer pour devenir un être humain. "La vie humaine commence dans un ventre, pas dans une éprouvette ou un réfrigérateur, vient-il d’expliquer.

A mes yeux, la moralité dicte que ces embryons, qui sont jetés tous les jours, doivent être utilisés pour améliorer et allonger la vie humaine". D’autres vont plus loin en expliquant que, dès lors que le principe de l’utilisation de l’embryon serait accepté, mieux vaudrait avoir recours à des cellules sexuelles masculines et féminines et créer in vitro des embryons dont les constituants pourraient ensuite être utilisés à des fins médicales.

LIGNÉES DE CELLULES-SOUCHES

Outre-Atlantique, de tels embryons ont déjà été créés (Le Monde du 13 juillet) sans autre but que de démontrer que l’on pouvait ainsi établir des lignées de cellules-souches dont des centaines d’équipes de biologistes à travers le monde attendent de pouvoir être autorisés à les mettre en culture et à les utiliser chez l’homme. S’il devait accéder aux demandes formulées, entre autres, par les responsables des National Institutes of Health, M. Bush ferait que les Etats-Unis rejoindraient rapidement, au nom du pragmatisme, le Royaume-Uni, où, par principe, aucun tabou n’est à respecter vis-à-vis de l’embryon dans les toutes premières phases de son développement.

Dans un tel contexte, l’une des questions centrales, trop souvent masquée, est celle de la chronologie à respecter. La hiérarchie catholique fait ainsi valoir que de multiples voies restent à explorer, qui n’imposent pas de détruire ou de créer des embryons à des fins thérapeutiques. De fait, la découverte de l’existence, dans les organismes adultes, de cellules-souches, laisse entrevoir les mêmes perspectives, tout en permettant de faire l’économie des lourdes questions éthiques relatives à l’embryon, à son statut et à son usage.

Dans l’attente des décisions du président américain, et alors qu’un consensus semblait ces derniers temps se dégager à l’échelon de l’Union européenne (Grande-Bretagne exceptée) pour ne pas autoriser la création d’embryons aux seules fins de la recherche, la France a curieusement du mal à organiser un véritable débat public sur des questions aussi essentielles. On ne sait pas, par exemple, quelle est la position précise du premier ministre sur ce sujet qui, après avoir évoqué son intérêt pour le clonage thérapeutique - sans utiliser le terme -, a suivi le Conseil d’Etat et retiré cette possibilité du texte du projet de loi sur la bioéthique.

Le président de la République a quant à lui clairement redit, en février, son opposition radicale à une telle autorisation, qui risquerait, selon lui, "de conduire à des trafics d’ovocytes". Quoi qu’il advienne, l’examen de ce texte par le Parlement français sera conditionné par le choix qu’aura, d’ici là, fait George W. Bush.


(22/10/04)
Le clonage des primates progresse

Bien qu’aucune naissance de singe cloné n’ait été obtenue, les résultats présentés par l’équipe de l’université de Pittsburgh marquent une avancée importante dans le clonage des primates. Gerald Schatten et ses collègues ont réussi à créer des embryons clonés de singes et à les implanter chez des femelles. Les gestations ainsi obtenues ont avorté au bout d ?un mois, rapportent le site de Nature.

Schatten, qui a présenté ces travaux cette semaine au congrès de la société américaine de médecine reproductive, à Philadelphie, a reproduit la technique de transfert nucléaire utilisée avec succès par une équipe sud-coréenne. Wook Suk Hwang et Shin Yong Moon ont été les premiers à cloner des embryons humains jusqu ?au stade du blastocyste (5 à 7 jours de développement) et à en tirer une lignée de cellules souches. Cette méthode de clonage thérapeutique permettrait de créer des lignées de cellules souches embryonnaires pour la recherche médicale.

En clonant des embryons de singes, les chercheurs obtiendraient un matériel de recherches très similaire sans recourir aux embryons et aux ovocytes humains, dont l ?utilisation soulève des problèmes éthiques. Cependant Schatten et ses collègues n ?ont pas encore réussi à extraire une lignée de cellules souches des embryons qu’ils avaient clonés.

Quoi qu’il en soit, les travaux de Schatten confirment que la méthode des chercheurs de Séoul, rendue publique en février, est valable. De quoi encourager les équipes qui depuis quelques mois se sont lancées dans le clonage thérapeutique humain, en Grande-Bretagne notamment (lire ci-contre), mais aussi aux Etats-Unis. Deux équipes de l’université de Harvard ont sollicité une autorisation auprès de leur institution pour réaliser des embryons humains clonés à partir d ?ADN de patients atteints de maladies (diabète, Parkinson, Alzheimer..).

Ces avancées rappellent aussi qu’il est plus que jamais nécessaire d’encadrer ces recherches et de bannir le clonage humain reproductif, celui qui vise à recréer un être humain à partir de l’ADN d’une personne existant ou ayant existé. L’Assemblée générale des Nations Unies est de nouveau en plein débat sur cette question. L’issue devrait être connue ce soir.


Clonage humain : le consensus impossible ?

(26/10/2004)

Les Nations Unies cherchent encore à obtenir une convention internationale sur la question du clonage humain.

- Le débat est vif aux Nations Unies. Les membres de l’ONU ont encore une fois tenté d’obtenir un consensus sur le clonage humain, sans succès. Le projet de convention internationale pour interdire cette pratique s’est buté aux divergences des participants, lors des discussions de la Sixième commission de l’Assemblée générale, jeudi et vendredi dernier.

Deux camps s’affrontent. La proposition du Costa Rica souhaite interdire tout clonage humain, que ce soit à des fins reproductives ou thérapeutiques. Environ 60 pays la soutiennent, dont les États-Unis. Pour défendre leur choix, les délégués ont invoqué la peur du trafic d’embryons et de l’exploitation des femmes pour leurs ovules dans les pays plus pauvres, ainsi que des problèmes religieux et moraux. « Le clonage serait un affront à la dignité humaine qui ne peut être toléré » a déclaré la représentante des États-Unis, Susan Moore, lors des débats. Contre la manipulation des embryons, l’Italie préfère soutenir d’autres voies de recherche : « L’utilisation de cellules souches adultes a récemment prouvé leur efficacité dans le combat contre de nombreuses maladies » a insisté son délégué, Marcello Spatafora.

La Belgique et 20 autres nations, dont le Japon et la Suède, veulent autoriser le clonage thérapeutique uniquement - produire des cellules souches à partir d’un embryon afin d’aider la recherche sur des maladies comme le diabète ou la maladie d’Alzheimer, par exemple. À ce niveau, chaque pays serait alors responsable de choisir sa propre législation. « La recherche du savoir doit être aidée, et non pas entravée ou interdite » a affirmé Anders Liden, le représentant de la Suède.

Plusieurs délégations ont par ailleurs regretté l’absence de consensus car les développements dans ce domaine rendent urgente une décision internationale. Des scientifiques de la Corée du Sud ont réussi en début d’année un clonage thérapeutique de cellules humaines, cette pratique est déjà légale en Grande-Bretagne, et des chercheurs de l’Université Harvard, aux États-Unis, viennent de demander des autorisations pour cloner des embryons à des fins thérapeutiques. Beaucoup espèrent que cette question controversée sera remise à l’ordre du jour après les élections américaines du 2 novembre prochain.

A suivre ...

Le gène de la longévité

Une équipe de scientifiques français, sous la direction du Dr François Schachter, a étudié un système tout aussi essentiel : le système immunitaire humain. En comparant méticuleusement l’ADN de centenaires français à un échantillon témoin de la population générale, Schachter a déjà trouvé un gène, appelé « HLA-DR », qui est bien plus répandu dans le groupe des centenaires. Chose assez étonnante, le système immunitaire affiche le taux de mutations le plus élevé de toutes les cellules du corps et fait partie des premiers à décliner avec l’âge, nous laissant à la merci de toutes sortes de maladies. La détérioration combinée du système immunitaire et du cerveau est cruciale pour le processus de vieillissement qui se solde par une mort naturelle.

Pourquoi le système de duplication génétique est-il si imparfait ? Il semblerait que le problème provienne en partie de l’air que nous respirons. Dough Wallace, chef du département de génétique de l’Université d’Emory à Atlanta, aux États-Unis, a passé vingt-cinq ans à étudier minutieusement les minuscules composants cellulaires appelés mitochondries présents dans chaque cellule humaine. Ces mitochondries sont les petites centrales électriques des cellules, et donc du corps, métabolisant l’oxygène (apporté par nos globules rouges) et autres nutriments afin de fournir de l’énergie aux diverses fonctions cellulaires. Wallace, ainsi que de nombreux autres éminents scientifiques, pense qu’un excès de « radicaux libres » a un effet corrosif sur les cellules.

La collègue du Dr François Schachter, Marie-Laure Muiras, fait partie de ces nombreux scientifiques qui cherchent comment réduire les dommages causés par les radicaux libres. Muiras a découvert dans le groupe de centenaires un gène, appelé « PARP », qui serait peut-être déterminant pour le processus de réparation de l’ADN. Si nous parvenions à cerner pleinement ce système génétique, nous pourrions envisager la création de gènes déterminants pour un système d’entretien super-efficace.

Un autre système de défense contre le vieillissement consiste à écarter les radicaux libres avant qu’ils nous fassent du tort. Le professeur Rajinder Sohal a injecté à des drosophiles des gènes qui protègent leurs cellules contre l’attaque des radicaux libres et a déjà réussi à augmenter leur durée de vie d’un tiers. Dough Wallace pense qu’il doit être possible de surmonter l’effet des radicaux libres en mettant au point un cocktail de produits chimiques afin de former une barrière autour des cellules.

De récentes recherches ont commencé à apporter des indices quant au processus exact de vieillissement cellulaire. Des scientifiques de la Geron Corporation, dont le comité consultatif inclut James Watson (du célèbre duo Watson et Crick qui a découvert la structure de la molécule d’ADN), pensent avoir découvert l’horloge biologique, le mécanisme qui contrôle la vie et la mort dans la cellule. On lui donne le nom de « télomère », une séquence d’ADN répétée présente à l’extrémité de chaque chromosome et souvent comparée à l’embout plastique protecteur d’un lacet de chaussure. Chaque fois qu’une cellule se divise et que l’ADN du chromosome se réplique, cet embout raccourcit. Chez un bébé, il fait environ la longueur de 20 000 « lettres », alors que chez un sexagénaire il en fait moins de la moitié. Lorsque le télomère arrive à un certain stade, la cellule cesse de se diviser et entre dans une phase appelée « sénescence ». À ce stade, les cellules et leurs fonctions subissent un nombre croissant de dommages.

Les scientifiques travaillant pour la Geron Corporation sont persuadés qu’il doit être possible d’influencer la longueur d’un télomère. Cela constituerait une avancée spectaculaire, permettant de prévenir la grande majorité des erreurs de duplication génétique survenant en premier lieu ainsi que de redonner la jeunesse à des cellules déjà sénescentes.

Si nous sommes capables d’annihiler l’effet des radicaux libres, d’étendre indéfiniment le nombre de divisions cellulaires et peut-être même de restaurer le potentiel de croissance des neurones du cerveau et de la moelle épinière, quelles limites y aurait-il à la vie humaine ? Même si des accidents devaient nous défigurer, de nouvelles avancées en génie tissulaire pourraient venir réparer et préserver notre corps.

Aux dires du Dr François Schachter, l’un des plus éminents scientifiques en la matière, « rien ne nous empêche de prolonger la durée de vie maximale de l’homme ». On est très près du but et les pièces du puzzle sont en train de se mettre en place10. » Alors que nous sommes sur le point de réaliser une avancée immense dans la science du vieillissement, nous devons nous demander si les dieux Anunnaki, qui nous auraient créés, étaient ici avant nous.

Il existe des preuves que nos gènes, les gènes que nous ont légués des dieux, ont évolué sur une longue période. Cependant, bien que les lois de la sélection naturelle tendraient statistiquement à favoriser le développement des gènes de longévité, il est difficile d’imaginer que les dieux ont acquis de façon naturelle des durées de vie de centaines de milliers d’années. Une solution possible à cette énigme serait qu’ils aient artificiellement fait subir une mutation à leurs gènes, en utilisant une forme de thérapie génique telle que celle étudiée aujourd’hui par nos scientifiques. Nous voici donc arrivés à un point de l’histoire où nous pourrions commencer à prendre au sérieux les preuves textuelles selon lesquelles les dieux semblaient immortels.

Si les dieux ont effectivement vécu aussi longtemps, quelles preuves s’attendrait-on à trouver ? Des restes fossilisés, s’il y en avait, ne seraient guère parlants. Le code génétique serait également muet à moins que l’on puisse emmener l’un de ces surêtres dans un laboratoire (perspective fort improbable). Les seules preuves d’une telle longévité seraient donc des documents textuels et un impact culturel. C’est exactement ce que nous trouvons.

L’une des caractéristiques étranges qui ressort des textes mésopotamiens antiques traitant des affaires des Anunnaki est leur obstination à procréer avec leur demi-sœur. Selon les règles successorales des dieux, le fruit d’une telle alliance devenait l’héritier légal au détriment du fils premier né. Cette règle apparaît dans la légende du dieu suprême Anu (qui habitait au « Paradis ») et de ses deux fils descendus sur Terre. Le fils premier né, Enki, a été destitué par le fils né en second, Enlil, qui était le fils d’Anu et de sa demi-sœur. Enlil préservait ainsi bien mieux qu’Enki les gènes de son père à travers la lignée mâle. Une telle pratique nous semble étrange parce qu’elle frôle l’inceste. En outre, elle augmente le risque d’hériter de deux copies d’un gène récessif délétère. Pourquoi alors, loin de s’en inquiéter, les dieux préconisaient-ils aussi ouvertement les unions consanguines ?

La seule réponse possible est que les gènes des Anunnaki étaient purs et ne renfermaient pas la moindre imperfection.

Cela pourrait expliquer la signification plutôt étrange du nom du dieu babylonien Marduk (MAR.DUK, « Fils du monticule pur »), faisant peut-être allusion à la pureté génétique de son père Enki. Des preuves textuelles détaillées laissent invariablement penser que les dieux tentaient d’éviter la dilution de leurs gènes de longévité artificiellement améliorés. Néanmoins, quels qu’aient été les progrès génétiques accomplis par les Anunnaki, ces derniers ont pourtant connu un inexorable déclin. Outre les exemples précédemment cités, mes études montrent que les aînés Enlil et Enki sont entrés dans une phase de retraite manifeste au cours de l’histoire plus récente de l’humanité. Si tel était le cas, alors on s’attendrait à trouver des preuves de nouvelles tentatives visant à retarder le processus de vieillissement, des étapes dépassant la création artificielle initiale des gènes et leur préservation ancestrale via l’inceste. Nous évoquons ici un système d’entretien, directement équivalent au combat actuel contre les radicaux libres. Une fois encore, c’est exactement ce que nous pouvons observer.

Il a été longtemps supposé que les représentations égyptiennes de dieux se faisant servir des coupes (au breuvage inconnu) symbolisaient leur immortalité. L’artiste n’aurait sûrement pas pris la peine de commémorer l’événement s’il n’avait pas été significatif. L’importance symbolique de la coupe d’immortalité est également évidente au vu des nombreux tombeaux mésopotamiens où les archéologues ont découvert des morts qui reposaient en portant une coupe à la bouche, comme s’ils étaient sur le point de boire. Ces sépultures renfermaient divers autres objets de la vie quotidienne, impliquant un lien entre la coupe et la vie éternelle dans l’au-delà. La similitude avec la culture égyptienne se passe d’explications.

L’association des dieux et des coupes dans l’Égypte ancienne découle-t-elle de témoignages oculaires où l’on aurait vu les dieux en train de consommer des substances anti-vieillissement ? Il se peut effectivement que de telles scènes aient été observées, pas forcément en Égypte mais en Mésopotamie toute proche, où les rois et les grands prêtres vivaient aux côtés de leurs dieux.

À l’origine de ce savoir ésotérique se trouve peut-être le roi sumérien Gilgamesh. La tablette X de The Epic of Gilgamesh décrit son voyage vers la terre des Anunnaki, où il a rencontré Noé (Ziusudra, ou Utnapishtim). Dans la tablette XI, Noé relate à Gilgamesh l’histoire du Déluge, puis donne au héros sur le départ une plante appelée « le vieil homme rajeunit » : « Gilgamesh, je vais te révéler un secret, plus précisément, je vais te confier un secret des dieux : il existe une plante semblable à l’aubépine... Comme une rose, ses épines te piqueront les mains. Si tu parviens à mettre la main sur cette plante, tu trouveras la vie éternelle. »

- Plus d’infos : [ SUMERIENS ] Les Origines et La douzième planète


- le clonage dans la S.-F.

  • « Le Singe » de Maurice RENARD et Albert-Jean [1925] Un jeune scientifique sème le trouble en apparaissant au même moment dans des endroits différents. Il a en réalité trouver le moyen de se répliquer à l’identique.
  • « Le Monde des A » d’Alfred VAN VOGT [1949] Le fameux héros du cycle vogtien, Gilbert GOSSEYN, se reproduit à volonté.
  • « Dune » de Frank HERBERT [1965] L’Empereur-Dieu de Dune possède un ami-conseiller nommé Duncan Idahao qu’il assassine et ressuscite à volonté sous la forme de Ghola.
  • « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous HUXLEY [1932] Bébés fabriqués en laboratoire, adolescents conditionnés à leur rôle social, adultes drogués pour croire au bonheur. De la naissance à la mort, un univers carcéral où le mot liberté n’a plus de sens. Un classique absolu de la dystopie.
  • « La Planète Shayol » de Cordwainer SMITH [1965] Les condamnés réduit à l’état de porteurs de greffons monstrueux.
  • « Ces garçons qui venaient du Brésil » d’Ira LEVIN [1976] Exilés dans la forêt amazonienne, des scientifiques cherchent à créer des clones de HITLER.
  • « Hier, les oiseaux » de Kate WILHELM [1976] Les survivants d’un cataclysme planétaire, devenus stériles, se clonent pour perpétuer l’humanité.
  • « La jeune fille et les clones » de David BRIN [1993] Une société aristocratique d’amazones clonées exploitent un troupeau d’hommes-esclaves.
  • « Abzalon » de Pierre BORDAGE ...où une secte religieuse prône l’avénement de clones humains, les "moncles"...


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2 Messages de forum

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    > Clônage humain

    11 janvier 2004 00:39, par ScientoX

    LE MONDE | 04.06.01 | 13h19 | analyse

    Les apprentis-sorciers sortent de l’éprouvette, par Jacques Testart

    CERTAINS, dont je suis, prétendent que le diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI), réalisé sur les embryons humains avant leur transfert dans l’utérus, est le moyen grâce auquel l’eugénisme pourra accéder à ses fins après quelques millénaires d’essais douloureux et inopérants.

    Cette conviction, fondée aussi bien sur les traces historiques de la recherche de "pureté" que sur l’actualité de la technoscience, est largement réfutée par le monde biomédical. Celui-ci se veut rassurant en arguant que l’exemple du diagnostic prénatal (DPN) montre que l’éthique professionnelle résiste aux pulsions eugéniques. Bien sûr, ce raisonnement ignore que la disposition de nombreux embryons hors du corps féminin modifie radicalement le champ d’action eugénique.

    Un pas important vient d’être franchi pour la reconnaissance de cette situation. Il s’agit d’un article publié par deux acteurs d’un laboratoire américain en vue, souvent présenté comme pilote des innovations biologiques en procréation humaine. Le responsable de cette structure, Jacques Cohen, décrit l’avenir merveilleux que va permettre le tri des embryons, dont il est l’un des praticiens actifs : "Dans les dix ans ou vingt prochaines années, nous serons capables de passer au crible chaque embryon humain pour toutes les anomalies chromosomiques numériques aussi bien que pour de nombreuses affections génétiques. L’analyse réalisée avec des biopuces permettra d’identifier de multiples allèles variétés de gènes pour les maladies monogéniques et polygéniques, dont le diabète, l’hypertension et la schizophrénie. Dans un futur proche, il sera possible d’établir les prédispositions individuelles pour les maladies cardiovasculaires, tous les types de cancers et les maladies infectieuses. Dans un futur différé, on devrait pouvoir identifier divers traits génétiques comme la stature, la calvitie, l’obésité, la couleur des cheveux et de la peau, et même le QI..."

    En quelques phrases est dévoilée non seulement la mystique génétique, qui attribue tout pouvoir au génome (jusqu’à contrôler l’intelligence), mais aussi le but ultime du DPI, qui pourrait être de "normaliser" l’espèce. Bien sûr, concèdent les auteurs, "la plupart des centres de fécondation in vitro FIV ne semblent pas souhaiter de telles technologies, mais cela ne va pas durer...". Alors, ajoutent-ils, "un couple pourra sélectionner un embryon à partir d’un assortiment de caractères génétiques et phénotypiques".

    Après avoir montré les progrès techniques récents, qui visent à analyser la totalité du génome et de son expression dans une seule cellule embryonnaire, les auteurs concluent : "Quand et comment cela se fera n’est pas prévisible, mais tous ces problèmes seront résolus" Il serait facile de leur rétorquer que l’analyse extensive du génome des quelques embryons obtenus par FIV amènerait à découvrir tant de défauts potentiels que, la plupart du temps, aucun embryon ne serait jugé digne de développement.

    Car nos fervents adorateurs du génome ne font aucune place à des technologies complémentaires, indispensables pour augmenter notablement le nombre des embryons produits, donc pour justifier l’inflation de diagnostics variés. Pour leur part, les chercheurs impliqués dans de nouvelles solutions à cette insuffisance du nombre des ovules (donc des embryons) disponibles chez les mammifères sont absolument étrangers au DPI. S’ils s’efforcent de faire évoluer in vitro les énormes ressources d’ovocytes "jeunes", qui dégénèrent normalement dans l’ovaire, afin de transformer ce potentiel en ovules, c’est tantôt pour la sélection d’animaux de haute qualité génétique, tantôt pour la conservation d’espèces en voie de disparition et, dans l’espèce humaine, pour préserver le potentiel procréatif de jeunes femmes exposées à des traitements affectant leur fertilité (on sait déjà conserver par congélation ces échantillons ovariens).

    Le récent engouement pour le "clonage thérapeutique" devra aussi résoudre le problème de la pénurie des ovules, réceptacles nécessaires pour le génome à reproduire. Ainsi, deux champs technologiques se développent simultanément en ignorant qu’ils vont devenir complémentaires, et que cette complémentarité modifie complètement les enjeux du DPI.

    Il serait temps de se demander ce qui va résulter de la rencontre de la FIV avec la génétique quand la production industrielle d’ovules sera fonctionnelle. En tout cas, ces remarques devraient rendre plus discutable la politique de l’autruche adoptée jusqu’ici par la plupart des praticiens de l’Assistance médicale à la procréation (AMP) et par tous ceux qui attendent que les choses soient réalisées pour admettre qu’elles ne sont pas des fantasmes. Peut-être est-ce cette exigence que la chose soit déjà démontrée pour mériter analyse qui explique que l’article américain que j’ai cité soit jusqu’ici passé inaperçu.

    Quand la même équipe a annoncé ultérieurement avoir réalisé la "première modification génétique de la lignée germinale humaine" (par transfert de mitochondries dans l’ovule), la presse mondiale s’est enflammée à l’énoncé des mots-clés du sensationnalisme génétique. Il s’agit pourtant là d’une expérimentation humaine dont les applications médicales risquent de demeurer aussi limitées, et d’intérêt improbable, que bien d’autres "révolutions" de la FIV (du transfert des gamètes dans la trompe de la patiente à l’association de l’embryon in vitro avec des cellules nourricières, en passant par la fragilisation de l’enveloppe embryonnaire avant transfert).

    Pour la première fois, des praticiens de l’AMP, et non des moindres, annoncent l’avenir : la FIV n’aura bientôt plus pour but d’aider des procréations empêchées, mais de sélectionner l’humanité. Cette version eugénique de la médecine préventive avance furtivement. Pourquoi ne rencontre-t-elle presque aucune résistance ?

    “Jacques testart est directeur de l’unité 355 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).”

    « par Jacques Testart ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 05.06.01 »

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    > Dewey, cerf cloné !

    16 janvier 2004 04:33, par ScientoX

    Après la chèvre, la vache, le cochon et le rat, les chercheurs du Collège de Médecine Vétérinaire de l’Université A&M du Texas viennent de cloner avec succès une cinquième espèce : le cerf. Le nouveau-né, appelé Dewey, a été cloné par transfert nucléaire à partir de fibroblastes conservés dans l’azote liquide.
    Cette nouvelle réussite démontre la facilité croissante avec laquelle les chercheurs parviennent à cloner les mammifères. ...Prochaine étape d’importance : les primates.

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