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Conspirations ? Définitions !

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Publié le 6 juin 2004 - Modifié le vendredi 22 décembre 2006 :: 1969 visites robots/humains. ( Popularité: 18)

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I l y a cette vérité : les Grandes Conspirations existent, comme moi vous les connaissez, même les esprits forts se gaussant des esprits faibles qui croient aux Grandes Conspirations... Il y a ceci aussi : qui participe à une Grande Conspiration ne la considère pas telle, mais la nomme de toute autre manière, « la Voie Véritable », « le Progrès », « la Société de l’Avenir », « la Seule Manière Raisonnable d’Envisager les Choses », etc. ; ceux qui participent d’une autre, la considèrent « une erreur », « un complot », « une mauvaise voie », « la régression » (ou au mieux « la stagnation »), « la société du passé », « la Manière la Moins Raisonnable d’Envisager les Choses », etc. Pour voir qu’une conspiration est une conspiration, il faut ne pas en participer ni ne participer à une conspiration concurrente, car dans ce cas, on ne l’interprète pas pour ce qu’elle est en elle même, mais pour ce qu’elle est relativement à sa propre conspiration.

Conspiration... Prenons un cas (hem !) simple : les religions. Il y en a beaucoup. En majorité elles ont une portée limitée et ne concernent qu’une population restreinte, puis il y a celles « universelles » et prosélytes, censées concerner l’Humanité en un sens restreint ou large (tout le monde n’a pas la même notion de « la Vraie Humanité » - demandez à Jean-Marie Le Pen ou Vladimir Poutine...).

Celles-ci sont toutes des Conspirations : leurs adeptes visent explicitement à ce que l’Humanité entière « entre dans la (Vraie) Religion », et pour obtenir la chose emploient tous les moyens envisageables. Et quand je dis tous... Pour l’adepte d’un croyance politique ou religieuse millénariste ou eschatologique, il n’existe pas de « pire moyen », tous sont « bons », puisque tous pour la « bonne » cause et la meilleure des fins.


Qu’est-ce qu’une conspiration ?

Conspiration voir wikipedia

Confrontons ma définition et celle de mon bon vieux Petit Larousse illustré. Selon moi, et en tout cas dans le cadre de ce texte, une conspiration est un projet fondé sur une idée commune aux conspirateurs, dont le but général est de réaliser ce projet par tous les moyens possibles, du meilleur au pire. Un critère secondaire, mais logique, est que les « vraies » conspirations concernent un groupe assez nombreux.

Mon Larousse me dit :

- CONSPIRATION n. f. Action de conspirer ; complot.

- CONSPIRER v. i. (lat. conspirare) 1. S’entendre à plusieurs, se mettre d’accord pour renverser un dirigeant, un régime politique ; organiser une conspiration, un complot. Conspirer contre l’État. 2. Litt. a. Conspirer à : concourir à b. Conspirer pour : s’entendre pour. <> v.t. Litt. Prépare, organiser Conspirer la ruine de qqn.

S’entendre à plusieurs pour renverser une institution, c’est l’idée. Cependant cette définition s’applique plutôt au complot, selon mes catégories. Au passage, comme souvent ces définitions sont tautologiques : une conspiration est « l’action de conspirer, [un] complot » ; conspirer consiste en « organiser une conspiration, un complot ». Il m’est arrivé, pour je ne sais plus quels mots, de tomber sur quelque chose d’aussi brut que : « MANGER v. t. pratiquer la manducation » ; « MANDUCATION n. f. action de manger ».

Voici les quatre critères principaux qui feront la conspiration :

Le projet pour lequel on conspire est clairement défini ; Les conspirateurs ont une claire conscience du projet ; Le projet ne vise pas à la satisfaction des buts personnels de ses membres ; Le but principal est de provoquer un changement significatif dans l’ordre des choses. Les deux premiers points peuvent sembler redondants, ce qui n’est pas : un projet de, disons, complot peut être clairement défini sans que les comploteurs n’en aient une claire conscience - par exemple, les mouvements de résistance où si tous les membres ont un but commun, seuls les dirigeants ont l’idée exacte du projet en cours de réalisation (c’est d’ailleurs la condition de réalisation des complots, où la question du secret joue, que de ne donner à chacun que les informations qui lui sont nécessaires).


Les conspirations menacent le monde

Plus exactement, elles menacent sont équilibre. Dit en termes modernes, les conspirations sont anti-écologiques et perturbent l’environnement. En outre, les conspirations sont fondamentalement « terroristes ». Mon dictionnaire :

TERRORISME n. m. Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire un haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système.

Prenons le cas de deux - parmi bien d’autres - conspirations dont on nous rebat les oreilles ces temps-ci, celles de « Oussama ben Laden » et de « George W. Bush », ou celle de « el Qaida » et celle de « l’Amérique » (entendu comme : les États-Unis d’Amérique, et précisément le gouvernement et l’adminstration « républicains » desdits USA). Petite précision, j’ai mis ces termes entre guillemets car ils ne correspondent pas à la réalité, MM. ben Laden et Bush sont les figures représentatives de deux projets, mais ils n’en sont pas les auteurs ou principaux concepteurs ; de même pour la mouvance dite el Qaida et pour les États-Unis, qui ne sont que les têtes de ponts de mouvements plus larges - en gros, ce qu’on appelle actuellement « islamisme », qui a autant à voir avec l’islam que le communisme léniniste avait à voir avec le marxisme, soit, à-peu-près rien, est l’aspect le plus moderne du totalitarisme, et ce qu’on appelle « libéralisme » est le nom en trompe-l’œil du bon vieux capitalisme impérialiste.

Cela dit, le totalitarisme est fondamentalement impérialiste, et l’impérialisme, à y réfléchir, totalitariste, en ce sens que le premier veut s’imposer partout et pour tous, le second désire contrôler le fonctionnement de l’ensemble de la sphère sociale. Pour ce qui me concerne, je trouve aussi déplorables impérialisme et totalitarisme, et trouve d’ailleurs déplorables toutes les conspirations.

Le fait de ne pas adhérer à ces deux systèmes, ni à aucun autre, me fait voir à quel point ils sont semblables, simplement, ce qui apparaît un fin pour l’un est un moyen pour l’autre, ou quelque chose de cet ordre. Mais que je prenne Pierre pour assommer Paul ou Paul pour assommer Pierre, le résultat sera le même, Pierre et Paul se battront.

Parmi les idéologies « globalisantes », il y a deux grandes orientations, l’une que l’on dira « totalisante », l’autre « universalisante » ou, pour plus de modestie, « mondialisante » ; le dogme de base sera, comme dit ci-dessus, pour les totalisateurs, que leur théorie politique, ou philosophie, ou théologie, doit s’appliquer partout et pour tous, pour les mondialisateurs, qu’elle doit « naturellement » s’imposer partout et pour tous. Ceci présente d’ailleurs un trait différenciateur pertinent : les théories mondialisantes sont tendanciellement naturalistes, et le dogme veut généralement que, soit la théorie relate un état ancien et « naturel » de la société, soit qu’il représente son « évolution naturelle » ; au contraire, les théories totalisantes supposent un travail culturel, un effort de transformation de la société. Ça ne signifie pas pour cela qu’une théorie mondialisante, comme le libéralisme par exemple, n’argumentera pas sur l’aspect culturellement supérieur de son dogme, ni qu’une autre totalisante, comme les divers fascismes européens de la première moitié du XX° siècle, n’étaiera pas son dogme sur une « supériorité naturelle » de ses tenants ; la différence ne se fait pas au plan idéologique « mainstream », où finalement le stock d’idées est limité et commun - vers 1930, toutes les idéologies avaient un fond eugéniste, parce que la société avait une philosophie générale eugéniste ; en 2003, toutes les idéologies se disent démocratiques, parce que « démocratie » est le mot clé censé provoquer l’adhésion -, mais sur la manière dont on envisage d’arriver à une « globalisation de la théorie », i.e. la manière dont on compte convaincre les non-adeptes d’adhérer au dogme : les « totalisants » partent du principe que leur idéologie requiert un apprentissage, ergo, pour parvenir à l’imposer, il leur faut contrôler toute la société à tous les niveaux, de manière à s’assurer que tous ont bien appris leur leçon ; pour les « mondialisants », leur idéologie est donc essentiellement « naturelle », et si tous les humains n’y adhèrent pas à l’heure actuelle, c’est que la loi, les préjugés, les divers contrôles sociaux les empêchent d’aller vers leur nature, ergo, pour qu’elle s’impose, il faut réduire le plus possible les contrôles sociaux. Dit ainsi, on croirait que totalisants et mondialisants s’opposent radicalement. Il y a le dogme, et il y a la réalité... La réalité est que le contrôle total, ça n’est pas possible ; la réalité est qu’une idéologie naturelle, ça n’existe pas. Du fait, les totalisants devront mettre de l’eau dans leur dogme, les mondialisants devant quant à eux... légiférer, et contrôler la société, pour que leur idéologie « naturelle » s’impose d’une manière toute culturelle.

Du fait de la difficile application des idéologies globalisantes, celles-ci sont une menace pour les sociétés : elles en perturbent le fonctionnement harmonieux, puisqu’il s’agira, dans un sens totalisant ou mondialisant, d’amener tous leurs membres à adhérer à quelque chose qui ne leur convient pas toujours. Pour ce faire, les tenants de ces idéologies mettront en œuvre des conspirations, dont les ressorts sont toujours les mêmes : propagande, terrorisme, manipulations, complots. Les tenants de ces idéologies croient ou prétendent croire que ces ressorts sont des moyens pour parvenir à leur fin, convaincre par la pratique le corps social de la validité de leurs dogmes. Il se trouve qu’aucune idéologie formelle n’est de bonne application réelle : ça peut fonctionner un certain temps, mais ça va contre le mouvement normal de toute société, d’être diverse et mouvante, d’évoluer ; si même telle idéologie se révèle opérante un certain temps, après quelques lustres, décennies ou siècles, la situation ayant changé, elle aura perdu de sa pertinence ; le christianisme, le capitalisme ou le marxisme-léninisme en sont de bons exemples : dans un certain état de la société, et dans certains contextes, ce furent des idéologies bien adaptées aux sociétés où elles s’implantèrent, génératrices de progrès et d’amélioration matérielle et morale pour les membres de ces sociétés ; leur réussite même fit qu’après un temps, elles devinrent des freins au libre épanouissement des personnes qui leur étaient assujetties.

Sur la question des moyens et des fins, on peut constater ceci : si l’on prend la voie de la propagande, de la terreur et de la manipulation, on s’aperçoit que ce que l’on croyait ne devoir être que le moyen de parvenir à s’imposer, on ne peut s’en détacher, une fois qu’on a « réussi », car pour, disons, se maintenir au pouvoir, il faut d’une part continuer à « convaincre » les gens que, même si les apparences sont autres, « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible », de l’autre combattre les idéologies concurrentes, anciennes ou nouvelles. Du fait, pour qui n’est pas adepte de l’idéologie, ce que les tenants présentent comme un moyen apparaît une fin, au moins une finalité :

« FINALITÉ n. f. 1. Caractère de ce qui a un but, une fin. Cour. Cette fin elle-même. 2. Fait d’être organisé selon un plan ou un dessin ».

Avec la propagande, la terreur et le reste, on glisse inévitablement de la première à la troisième acception. Prenez le cas des Églises chrétiennes : au départ, le fait de se former justement en Église a « un but, une fin », faire triompher la Vraie Foi ; en bonne logique, une fois arrivé à cette fin, imposer l’Église comme « œcumène ecclésiale » ou quelque chose du genre, l’Église comme institution, comme instrument de propagation de l’idéologie, devrait disparaître. Vous connaissez des Églises qui le font ? Des Églises ou autres groupes dogmatiques, mais ici on s’intéresse aux chrétiens. Donc, ce qui au départ apparaît un instrument transitoire pour parvenir à une certaine fin se transforme en instrument permanent ayant sa propre finalité, une finalité somme toute assez indépendante de celle officielle, propager ou maintenir la foi, et très dépendante de ce but simple : se perpétuer elle-même. Chaque fois qu’il y a un chisme chez les chrétiens, le nœud du problème est justement celui-là : l’Église comme institution n’a plus qu’un rapport lointain avec l’Église comme projet, et les « rénovateurs » se fixent comme objectifs « rendre l’Église au Peuple des Croyants » ou « revenir à la Vraie Foi », bref, de remiser les moyens devenus fins au placard. Mais, comme l’on dit, aux mêmes causes les mêmes effets, les « refondateurs » du christianisme, quand ils réussissent, reforment une Église institutionnelle, pour la raison évidente qu’ils seront parvenus à leur fin grâce à la propagande, la terreur, etc. Voir la guerre de trente ans, par exemple, où pour le moins les princes et évêques protestants furent assez rudes. C’est une fatalité, car un parti est « organisé selon un plan ou un dessin » ; tous les réformateurs croient que l’état actuel de l’institution censée porter leur dogme est dû à, disons, « la faiblesse des hommes »(1), alors que c’est dû à la faiblesse - ou la force - de leur idéologie : le fait que dans toutes les Églises chrétiennes qui réussissent se reconstitue une hiérarchie, avec un chef, des évêques, des prêtres et la piétaille du peuple des croyants, est inscrite dans le dogme - il n’est que de lire l’Évangile de Jean, et les diverses Épîtres aux premières Églises locales qui concernent l’organisation desdites Églises, pour voir que le modèle organique, le « plan ou dessin » de ces Églises, de cette Église, est fortement hiérarchique et fixiste ; il y a les bondieuseries sur le Peuple des Croyants et l’Égalité de Tous devant le Christ, ou trucs du genre, et toutes les discussions plus techniques sur comment tout cela doit fonctionner, et pour Pierre et Paul dans leurs Épîtres (du moins, celles qu’on leur attribue), tout ça doit marcher à la baguette, scrongneugneu ! Et pas une tête qui dépasse ! Sauf celles des chefs, bien sûr.


Fatalité des conspirations Nous ne sommes pas condamnés fatalement à subir des conspirations, mais certaines idéologies, celles données comme globalisantes, doivent fatalement en passer par un modèle conspirateur de prise de pouvoir. Pour la simple raison que le dogme initial, quel qu’il soit, ne s’imposera pas de lui-même. Les gens sont plutôt raisonnables, ou sinon, plutôt conformistes, ils savent qu’une idéologie en vaut une autre, donc ils ne verront a priori pas d’intérêt particulier de passer de l’idéologie actuelle à une autre, de toute manière elles promettent toutes à-peu-près la même chose et se proposent d’y arriver à-peu-près toutes de la même façon in abstracto, seules les méthodes de facto ont l’apparence de diverger. Mais ce n’est qu’apparence. À y regarder un peu, si les termes diffèrent et si le projet proposé n’est pas le même, les idéologies globalisantes suivent en gros le même modèle, elles ont un but effectif, un but différé


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