:: Accueil du site > [ Divers -X ] > Hallowen, L'origine historique

(Informations)

Hallowen, L'origine historique

...on revient vous hanter !

Publié le 13 août 2003 - Modifié le jeudi 28 octobre 2004 :: 5328 visites robots/humains. ( Popularité: 9)

ScientoX

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression syndiquer le forum 0 réaction

300 ans avant J.-C., une société secrète de druides tenait sous son emprise le monde celte de notre vieux continent, et donc les Gaulois. Chaque année le 31 octobre, ceux-ci célébraient en l’honneur de leur divinité païenne Samhain, un festival de la mort. C’était la nuit où Samhain revenait avec les esprits des morts. Ces derniers devaient être apaisés, c’est pourquoi il fallait traiter avec eux, sinon les suivants seraient trompés.

A ce moment-là, les druides exécutaient des rituels dans lesquels un chaudron symbolisait l’abondance de la déesse. Ils avaient alors coutume d’allumer de grands feux dans le but d’éloigner tous les mauvais esprits et apaiser les puissances surnaturelles qui contrôlaient les processus de la nature. Des prêtres se déplaçant de maison en maison distribuaient le "feu sacré" qui assurait la protection du foyer, et réclamaient des offrandes pour leur dieu, exigeant parfois des sacrifices humains. En cas de refus, ils proféraient des malédictions de mort sur cette maison, d’où le "Trick or Treat", "Présent ou malédiction", ou pour être plus clair : "Une offrande, sinon la malédiction."

Une évolution vers la fête actuelle de Halloween

Les Romains, après avoir conquis la Grande-Bretagne, ajoutèrent aux traditions celtes des rites issus d’une de leurs propres fêtes de la moisson, qui avait lieu le 1er novembre en l’honneur de Pomone, déesse étrusque annexée par la religion romaine, nymphe des fruits et des fleurs.
En 308, l’empereur romain Constantin apaisa la population des territoires païens, nouvellement conquis, en leur accordant le droit de conserver leur ancien rite du jour de Samhain. Il changea la date du prédécesseur chrétien d’Halloween, la Toussaint des catholiques romains, qui était célébrée à l’origine en mai et non le 1er novembre. Le panthéon de Rome, un temple construit pour adorer une multitude de dieux, fut converti en église. Pendant que les chrétiens célébraient leurs saints disparus, les païens dédiaient la nuit précédente à leur "seigneur de la mort".
En 840, le pape Grégoire IV instaure la Toussaint, déclarant que ce jour (le 1er novembre) et la veille (le 31 octobre), les morts seraient célébrés. D’où le mot de Halloween ("Allhallowmas" en Celte), contraction de : "All Hallow" (tout ce qui est saint) et de "Even" (la veille). C’est pourquoi on est tenté de l’associer à cette tradition chrétienne. En réalité, les origines de Halloween sont complètement païennes, il s’agit de célébrer les esprits des morts.

Plus récemment, les immigrants européens, et plus particulièrement les Irlandais (qui, poussés par une terrible famine, partirent s’établir en Amérique), introduisent leurs coutumes en Amérique dont la fête des morts avec Samhain. A la fin du 19ème siècle, leurs coutumes étaient devenues célèbres. C’était l’occasion de renverser des cabinets extérieurs, d’infliger des dommages aux propriétés et de se permettre des fourberies qui n’auraient pas été tolérées à d’autres moments de l’année.

Une fête prisée dans les milieux occultes

Aujourd’hui, dans le monde entier, Halloween est la fête la plus importante pour les satanistes. La date du 31 octobre pour fêter Halloween n’est pas une coïncidence. Ce jour est l’un des quatre plus importants sabbats de sorcières, les quatre jours "cross-quarter" du calendrier celtique.

- Le premier, le 2 février, populairement connu comme le jour du "ground-hog" en l’honneur de Brigit, la déesse païenne de la guérison.

- Le deuxième, un jour férié de mai nommé Beltane, signalait le temps des plantations pour les sorcières. Ce jour-là, les druides exécutaient des rites magiques, pour favoriser la croissance des récoltes.

- Le troisième, un festival des récoltes en août en l’honneur du dieu soleil, commémorait celui qui brille, Lugh. Ces trois premiers jours "cross-quarter" marquaient le passage des saisons, le temps de planter et le temps de récolter, de même que le temps de la mort et de la résurrection de la terre.

- Le dernier, Samhain, marquait l’arrivée de l’hiver. A ce moment-là, les anciens druides exécutaient des rituels dans lesquels un chaudron symbolisait l’abondance de la déesse. On disait que c’était un temps de "betwixt and between", une saison sacrée empreinte de superstition et de conjurations spirites.
Ce jour est aussi le nouvel an du calendrier des sorciers. Le "World Book Encyclopedia" affirme que c’est le commencement de tout ce qui est "Cold, dark and dead" (froid, obscur et mort). Le 31 octobre est devenu un prologue pour amener à accepter l’occulte, Halloween étant en quelque sorte devenu le jour du diable, rituellement reconnu par certains adorateurs de Satan et certains groupes occultes (notamment aux USA, et de plus en plus en Europe). Les satanistes pratiquent des sacrifices humains, cette nuit-là, aux Etats-Unis et en Australie.
Pour les personnes ayant des pouvoirs "psychiques", les voyants et ceux qui se disent visionnaires, la période de Hallowen est la plus occupée de l’année. Les éditeurs de livres sur des sujets classés entre astrologie et sorcellerie indiquent une forte augmentation des ventes. Salem, une ville du Massachusetts, siège de la sorcellerie américaine, célèbre maintenant un "événement hanté", lors d’Halloween, pour prolonger sa saison touristique d’été. Le 31 octobre, c’est le bal de l’horreur et du plaisir : enfants comme adultes craquent tous pour cette vaste fête où tous les excès sont permis. La devise : sexe, gore et rock’n’roll.

L’origine des citrouilles de Halloween

Pour éclairer leur chemin en allant de maison en maison, les prêtres celtes portaient des navets évidés et découpés en forme de visage, où brûlait une bougie faite avec de la graisse humaine de sacrifices précédents. Ces navets représentaient l’esprit qui allait rendre leurs malédictions efficaces.

Au 18ème et 19ème siècle, quand cette coutume est arrivée aux Etats-Unis, les navets ont été remplacés par des citrouilles. Le nom donné à l’esprit qui habitait dans la citrouille était : "Jock" qui est devenu "Jack qui habite dans la lanterne", d’où le nom de "Jack-o-Lantern", tiré d’un conte dans lequel un homme célèbre, nommé Jack, fut chassé à la fois du ciel et de l’enfer. Contraint d’errer sur terre comme un esprit, le diable pour le consoler lui aurait donné un charbon ardent tiré de la fournaise, que Jack mit dans une rave évidée pour éclairer son chemin dans la nuit.
A noter que les couleurs orange et noire rappellent la lumière et les ténèbres, et peuvent être aussi reliées à l’occulte. Elles étaient en rapport avec les messes commémoratives pour les morts, qui avaient lieu en novembre. Les bougies en cire d’abeille, habituellement de couleur écrue, étaient oranges lors de la cérémonie et les cercueils du cérémonial étaient couverts de draps noirs.

Quelques liens entre Halloween et l’occultisme

- Les costumes d’Halloween sont issus de l’idée des druides celtiques qui prétendent que les participants au cérémonial devaient porter des têtes d’animaux et leurs peaux, afin d’acquérir la force de la bête qu’ils représentaient.

- "Trick or treat" est tiré de la tradition irlandaise, selon laquelle un homme conduisait une procession pour prélever des contributions chez les fermiers, de peur que leurs récoltes ne soient endommagées par les démons.

- "Dunking for apples" venait d’une ancienne pratique pour connaître l’avenir, liée à Pomone, nymphe des fruits et des fleurs. Le participant, qui réussissait à attraper entre ses dents une pomme se trouvant dans un tonneau plein d’eau, pouvait espérer une romance, couronnée de succès, avec l’être aimé de son choix.

- Des chats représentaient des humains incarnés, des esprits malveillants ou des "amis intimes" des sorcières.

- Les noisettes étaient utilisées dans la divination romanesque. Une partie de ce qu’on mange, lors de Halloween, contenait des objets, mis à l’intérieur des aliments, comme moyen de dire la bonne aventure.

- Les masques ont, traditionnellement, été des moyens animistes pour se protéger d’une manière superstitieuse des esprits mauvais ou pour que celui qui le porte puisse changer de personnalité, afin de communiquer avec le monde des esprits.

- Il faudrait aussi ajouter à cette liste l’opportunité de vivre l’espace d’une folle nuit (dite "bal de l’horreur et du plaisir") toutes les perversions et braver tous les interdits.

Halloween à l’école

- La Bible :
Deutéronome 18.10-13 : Qu’on ne trouve parmi vous personne qui offre son fils ou sa fille en sacrifice, ni personne qui s’adonne à la magie ou à la divination, qui observe les présages ou se livre à la sorcellerie, qui jette des sorts ou qui interroge d’une manière ou d’une autre les esprits des morts. Le Seigneur votre Dieu a en horreur ceux qui agissent ainsi... Pour vous, conduisez-vous de manière irréprochable à l’égard du Seigneur votre Dieu.
Ce qui est choquant pour un chrétien dans la célébration de Halloween, ce n’est pas le fait que les enfants aillent demander des bonbons de maison en maison, mais c’est le fait que l’école, par le biais des jeux, des chants, des activités manuelles, habitue petit à petit l’enfant à l’idée que la magie, la sorcellerie, les contacts avec les fantômes sont des choses drôles et amusantes, alors que la Bible décrit cela comme une abomination devant Dieu. L’école française est pourtant dite laïque, ne devant normalement pas prendre parti pour les choses touchant à la religion et la spiritualité sous toutes leurs formes, y compris bien sûr l’occulte. Est-ce alors normal que l’école perpétue les traditions de Halloweenn, dont le fond et les pratiques sont profondément spirituels et anti-bibliques ?

Le but n’est pas ici de critiquer le travail des enseignants, mais de mener une réflexion de fond sur Halloween et sur les apports réels de cette tradition à l’école. De réelles questions doivent être posées quant aux motivations et aux bienfaits pédagogiques de cette célébration. Cette fête pourrait être un prétexte pour aborder de nombreux domaines avec les enfants sans entrer dans le religieux : par exemple, la saison de la récolte, le mode de vie des premiers colons, la fin de l’été et les moissons, l’automne et les transformations des paysages, etc, et non pas mettre en scène des personnages lugubres, noirs, obscurs et effrayants.

Beaucoup d’enfants ont peur des fantômes, sorcières et monstres, pourquoi leur imposer cet univers qui peuple Halloween ? Des fêtes plus gaies et plus colorées ne seraient-elles pas préférables ?
Bien sûr, de telles associations ne suggèrent toutefois pas qu’un parent autorisant les célébrations d’Halloween collabore avec le diable ! Toutefois, il sera difficile de trouver une vertu positive à Halloween. En effet, son symbolisme inclut les démons, les fantômes, les sorcières, la mort, l’obscurité, les squelettes, la crainte et la terreur.
Quand nous voyons des enfants faire du "Trick or treat" et réclamer des bonbons de maison en maison, cela paraît inoffensif et amusant, mais n’est-ce pas là les associer, sans en être conscients, à un bien sombre rituel ?

Des chrétiens font face à la problématique d’Halloween

Aux USA, certains groupes, luttant contre l’occultisme, ont supprimé avec succès les célébrations d’Halloween dans les écoles publiques. Récemment, un ministre d’Arkansas a intenté un procès fédéral et a demandé que le satanisme, via les pratiques d’Halloween, ne soit pas toléré dans les écoles publiques, vu que la prière y est interdite. Le révérend Ralph Forbes considérait le diable comme l’accusé.
Une mère, qui mena un combat similaire pour retirer Halloween des écoles publiques, a dit qu’elle n’avait rien contre le fait que ce jour soit considéré comme un festival automnal où les enfants se costument en personnages de l’histoire américaine, mais elle s’insurgeait contre le fait qu’on mette l’accent sur le côté obscur de ce jour. Selon ses termes : "Si le principe de l’esprit de secte a retiré les fêtes de Noël des écoles, pourquoi ne retire-t-on pas aussi Halloween ? Si on ne peut pas honorer Dieu, pourquoi honorer le diable ?" (Christian Willi - L’Evènement 11/1998 et VSD 11/1998).
Des opposants à de telles tentatives de censurer Halloween disent que ce n’est pas un célébration religieuse et que les détracteurs d’Halloween sont des rabats-joie dont l’imagination débridée prive les enfants de plaisir.

Mais ne tarde-t-on pas à réaliser une évaluation plus sérieuse concernant la veille de la Toussaint ? Le refuge pour chats perdus de Chicago rapporte que lors de chaque fête d’Halloween, des recherches au sujet de chats noirs disparus augmentent ! Craignant que les félins aient été utilisés, lors de rituels sanguinaires, par des sorcières improvisées, la société contre la cruauté envers les animaux a déclaré les chats noir indisponibles pour l’adoption durant la saison d’Halloween...

Dans notre monde contemporain, où le mal d’origine satanique est plus que réel, de nombreuses personnes pensent que c’est le moment d’épurer Halloween de ses éléments peu recommandables. Ils ressentent qu’une interdiction des observances officielles de Halloween avertiraient les parents et les enfants et qu’ils comprendraient que la symbolique occulte d’Halloween célèbre des puissances spirituelles obscures et dangereuses.
Les parents pourraient au moins centrer les activités familiales sur des amusements sains. Ils pourraient faire une fête, mais refuser que des costumes soient en rapport avec le mal. Par exemple, quelques églises célèbrent la Toussaint en habillant des enfants à la manière des personnages de la Bible. Pour conclure, rappelons-nous que :
"Les enfants ne sont jamais trop jeunes pour apprendre qu’un jour ne doit pas être dédié au diable."


LA LUNE

Le 20 juillet 1969, en étant les premiers hommes à marcher sur la Lune, Neil Armstrong et Buzz Aldrin participaient à l’événement le plus important de l’histoire du XXe siècle. Outre le fait que beaucoup y ont vu un moment déterminant de la conquête de l’espace et l’apothéose de la révolution scientifique, la science l’emportait enfin sur les superstitions en prouvant que la Lune, ce corps céleste synonyme de mystère et de magie depuis des millénaires, n’était somme toute qu’un énorme caillou dépourvu de vie.

LES MYTHES ANCIENS

C’est dans la culture occidentale, où on associe depuis longtemps la Lune à certains comportements irrationnels, et surtout à la folie, que ces idées sont les plus fortes. Sans prétendre que le "coup de lune" serait une affection infiniment plus sournoise que le classique coup de soleil, l’astre nocturne est néanmoins suspecté d’affecter l’humeur au sens premier du terme. En témoignent, dans la terminologie, le mot anglais lunatic (fou) et son faux-ami français "lunatique" (d’humeur changeante), tous deux issus du latin. Cet aspect instable est renforcé par sa perpétuelle transformation au fil de son cycle mensuel.

Terrain de jeux du rêveur et chasse gardée du romantique, l’astre de Tanit si cher au poète est pourtant privé de lumière propre et n’existe, à nos yeux, que comme le reflet du Soleil. C’est probablement la raison pour laquelle la première expédition sur la Lune fut nommée Apollo, en référence au dieu grec du soleil Apollon. Peut-être aussi fut-ce pour conjurer l’opposition récurrente du rationalisme et de la logique solaire d’une part, à la folie et à l’intuition associées à la Lune d’autres part...

Il est en effet fréquent de mettre en lice ces deux corps célestes en un combat symbolique censés représenter les côtés rationnels et irrationnels de la nature humaine. Étymologiquement, les anciens dissociaient le Soleil et la Lune, attribuant au premier, des caractéristiques masculines et à la seconde, des caractéristiques féminines. Dans le mode de pensées occidentale, l’homme étant toujours dépeint comme rationnel, et la femme comme plus intuitive ou irrationnelle, beaucoup ont vu dans ce lien un prélude à l’association qui est faite aujourd’hui entre la Lune et l’irrationalité.

LA PORTE DE L’ENFER

Outre Lilith, la première femme d’Adam, représentée comme une Lune noire, symbole des territoires de l’occulte et du vide, la Lune est féminisée dans toutes les représentation.

Ainsi, dans la tradition grecque, plusieurs déesses avaient un aspect lunaire. Hécate, sans doute la divinité la plus sinistre du panthéon grec, symbole du côté sombre de la Lune, était associée au sang, à la sorcellerie et aux enfers. Une autre déesse grecque associée à la Lune, moins angoissante mais non moins meurtrière, était Artémis. Baptisée Diane chez les romains, cette déesse de la chasse et des animaux sauvages s’intéressait surtout au bien être des jeunes filles. Hécate et Artémis sont encore vénérées aujourd’hui en Occident comme des aspects de la "Grande déesse", surtout par ceux qui se font appeler les Wiccas (voir l’article). Ils affirment être les héritiers d’une ancienne religion primitive que les Chrétiens considéraient comme de la sorcellerie. Dans le calendrier et la cosmologie Wiccas, la Lune occupe toujours une place prépondérante.

Certains penseurs Wiccas insistent sur le lien qu’il existe entre le cycle lunaire (la pleine Lune apparaît tous les 29,53 jours) et le cycle menstruel (environ 28 jours) pour justifier de la prédominance des déesses dans le culte de cette croyance païenne moderne, que certains qualifie de délibérément féministe.

De tendance New Age, le mouvement Wicca insiste sur les aspects positifs de la déesse Artémis, tout en glissant sur ces caractéristiques plus sinistres : toute féminine qu’elle ait été, Artémis n’en fut pas moins une chasseresse sanguinaire sas pitié pour ses proies. De la même façon, Hécate, personnification de la sagesse féminine, réclamait des sacrifices sanglants. Aussi, malgré les louables efforts des Wiccas, le côté enchanteur et mystérieux de la Lune reste indissociable de sa face ténébreuse.

La nuit de pleine Lune qui suit l’équinoxe d’automne est encore considérée dans de nombreuses traditions nordiques comme la nuit du chasseur.

A cette époque de l’année, la Lune irradie et éclaire la Terre d’une lumière particulière. C’était, pour nos ancêtres, le signal d’une nouvelle période de chasse. Certains auteurs s’étant efforcés d’imaginer le style de vie des premiers hommes, ont établi des liens intrinsèques entre la fécondité, la soif de sang et les cycles lunaire (voir l’analyse). Pourtant, quelques zoologues invitent à la prudence de jugement en rappelant que les femelles chimpanzés, grands mammifères qui partagent 99% de leurs gènes avec l’espèce humaine, ont un cycle de 32 jours...

Mais l’association la plus connue entre soif de sang et cycle lunaires parvenue jusqu’à nous est la légende du loup garou. Notons que, si la conception de la transformation de l’homme en loup sanguinaire remonte à la nuit des temps, l’idée que la métamorphose soit provoquée par la pleine Lune est une invention récente.

Répondant à l’attente du public américain pour des films d’angoisse, les Studios Universal sortirent avec succès Dracula en 1931 (voir l’article), puis The Mummy (La Momie). Bien inspirée, c’est au même cinéaste, Tod Browing, que la production confia la réalisation du film The Wolf Man (Le Loup garou) qui, en 1941, a mondialement popularisé la mutation de l’homme en loup durant la pleine Lune.

C’est également grâce (ou à cause) de ce film que le loup-garou s’est vu affublé de la capacité à transmettre sa maladie par morsure et qu’il fut associé à la symbolique magique du pentagramme.

LÉGENDE DE LA LUNE

On peut s’interroger sur le fait que l’association entre loup-garou et la Lune (symbole de chasse et du mystère) ne soit pas plus ancienne. Mais, au XVIIe siècle, lorsque l’on prétendait que les loups-garous envahissaient l’Europe, on préféra certainement croire qu’ils étaient les signataires de pactes avec Satan et le fruit d’obscures incantations de magie noire plutôt que les victimes involontaires de cycle lunaire.

Aujourd’hui, les loups-garous ont bien entendu rejoint le peuple des lutins dans les contes et légendes mais il faut croire que le mythe est tenace dans l’inconscient collectif puisque l’on croit encore que la pleine Lune modifie le comportement humain.

Cette conviction s’est révélée suffisamment forte pour pousser certains chercheurs à tenter de trouver une corrélation entre les cycles lunaires et les suicides, les meurtres ou les dépressions nerveuses. Certains intellectuels fantastiques ont même été jusqu’à nommer ce phénomène "l’effet Transylvanie".

DU PSYCHOLOGIQUE AU PHYSIQUE

Mais les résultats de ces études, certes passionnantes, ont été jusqu’à présent peu convaincants. En 1978, un article paru dans The Journal of Clinical Psychiatry (Le Journal de la Psychiatrie clinique) intitulé Agressivité chez l’homme et cycle lunaire synodique a provoqué une volée de réactions en affirmant que "Statistiquement, il y a une augmentation des cas d’homicides et d’agressions au moment de la pleine Lune... On soupçonne l’existence d’un rythme biologique de l’agressivité humaine en résonance avec le cycle lunaire".

Pour les scientifiques américains James Rotton, Roger Culver et Ivan Kelly, une simple "méta-analyse" de la littérature parue sur le sujet les a amené à démentire cette idée toute faite. En 1996, ils ont publié un article dans la revue canadienne Skeptical Inquirer, titré The Moon Was Full and Nothing Happened (La Lune était pleine et il ne s’est rien passé). Selon les auteurs : "Les phases de la Lune ne représenteraient pas plus de trois centièmes de 1 % de la variabilité des comportements qualifiés de "folie", un chiffre trop minime pour être d’une valeur ou d’une signification réelles."

Une réserve confirmée par le spécialiste français en chronobiologie (science de l’étude des rythmes biologiques touchant les processus vitaux d’un organisme vivant), Marc Schwob. Pour l’auteur de l’ouvrage Être au top à chaque heure (Éditions Hachette, 1998), aucune enquête n’a pu clairement confirmer un effet de la Lune et les recherches les plus sérieuses rendent des résultats contradictoires. Il rapporte ainsi les résultats d’une étude américaine paris en 1967 : le suivi des maternités de New York entre 1948 et 1957 a démontré une recrudescence des naissances dans les jours précédents et suivants la pleine Lune. Uns seconde étude menée par le même auteur sur autant de nouveau-nées entre 1961 et 1963 montra une diminution des naissances durant la période de pleine Lune ! Bref, rien de bien concluant.

Concernant le nombre de crimes et le taux de suicides imputables à la pleine Lune, "il y a, selon Marc Schwob, une évidente contradiction entre les statistiques et ce qui est constaté chaque mois à cette période par les professionnels, notamment les policiers et les infirmières d’asiles psychiatriques".

Mais si les nuits de pleines Lune sont redoutées dans les urgences et chez les personnels en charge de psychotiques, comment peut-on expliquer un décalage entre l’observation empirique et les données statistiques officielles ?

Pour la plupart des médecins, les statistiques sont menées sur des périodes trop courtes et sur des éventails de populations insuffisants. Ils assurent qu’il est inconcevable qu’un astre si proche ayant une incidence directe sur les marées ne puisse pas avoir d’influence sur la physiologie de l’être humain.

Quoi qu’il en soit, depuis des temps immémoriaux, en admirant cette splendeur d’argent par une nuit sans nuages, le cartésien même le plus ardent devra reconnaître que la Lune semble nourrir de sombres mystères qui ne se dissiperont peut-être pas au grand jour.

Profitons d’elle car la Lune réclame son indépendance. Des mesures effectuées au laser sur la distance Terre-Lune révèlent que le satellite s’éloigne progressivement de notre planète à raison de 3,8cm par an (soit un éloignement de 10 % de sa distance actuelle au bout d’un milliard d’années). Se sentirait-elle mal-aimée de la Terre ? Certainement pas puisque des milliers d’yeux se sont tournés vers elle lorsque, le 11 août 1999, elle s’est placée dans l’alignement du Soleil pour l’éclipser. La lumière était lunaire et il faisait froid. Effrayante Lune, non ?


Principales sources :
- "Satanism - The Seduction of America’s Youth" de Bob Larson. Traduction : C. Voumard et P.-A. Perrin
- Article "Halloween", CD Rom, Microsoft Encarta, 94
- Revue "La classe Maternelle" n° 62, octobre 97
- Article "Pomone", dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse 91
- Revue "Réponse à Tout" par Magali Pacary, octobre 99
- Magazine chrétien "Shadrack"
- Article de Christian Willi - L’Evènement 11/1998 et VSD 11/1998



Publicité :

Répondre à cet article

[ Forum ] de l'article