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L'apocalypse de Saint Jean.

( Histoire humaine ) version originale et intégrale.

Publié le 23 février 2004 - Modifié le dimanche 27 février 2005 :: 6232 visites robots/humains. ( Popularité: 39)

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Il se distingue des Evangiles et des Actes des apôtres par un symbolisme beaucoup plus poussé. Saint Jean y fait des révélations qui lui auraient été faites après la mort du Christ.

Le texte de l’Apocalypse comprend deux parties. La première, assez brève, est une sorte d’introduction intitulée "Lettres aux Eglises d’Asie". Cette partie n’est pas la plus intéressante et n’a pas été très exploitée.

La seconde partie est intitulée "Visions prophétiques". On trouve souvent sur le web des extraits de ce texte sortis de leur contexte dans le but de les interpréter, mais il est plus rare de trouver le texte dans sa version originale et intégrale comme présenté ici.

Le but n’étant pas ici d’en donner une interprétation, mais juste une ressource pour ceux qui auront la curiosité de découvrir ces textes.

Apocalypse de saint Jean

Sommaire : 1. Lettres aux sept Églises

- Vision préparatoire
- L’Église d’Éphèse
- L’Église de Smyrne
- L’Église de Pergame
- L’Église de Thyatire
- L’Église de Sardes
- L’Église de Philadelphie
- L’Église de Laodicée

2. Le trône de Dieu et la cour céleste

3. Les sept sceaux

- Le livre aux sept sceaux
- Les six premiers sceaux
- Le nombre et le sort des élus de Dieu
- Ouverture du septième sceau

4. Les sept trompettes

- Les quatre premières trompettes
- Les trois ’Malheur’ de l’aigle
- La cinquième trompette
- La sixième trompette Le petit livre
- Les deux témoins
- La septième trompette

5.Les sept signes

- La Femme et le Dragon
- La Bête de la mer
- La Bête de la terre
- L’Agneau et les Vierges
- Les trois anges
- Un fils d’homme
- Les sept anges aux sept plaies

6.Les sept coupes

- Vision préparatoire
- Les six premières coupes
- Les grenouilles
- La septième coupe

7.La grande Babylone

- Description
- Explication du mystère de Babylone
- Annonce de la chute de Babylone
- Lamentation des amis de Babylone
- Allégresse du ciel et des saints
- Un ange annonce à nouveau la chute de Babylone
- Cantique de louange sur la ruine de Babylone

8. Triomphe du Christ

- Les noces de l’Agneau
- Le Christ armé pour le combat
- Victoire sur la Bête et sur le Faux prophête Satan enchaîné. Le règne de mille ans
- Satan relâché et définitivement vaincu
- Le jugement dernier
- Le monde nouveau et la Jérusalem nouvelle
- Félicité des élus

Conclusion et épilogue

- Attestation de l’ange
- Proximité de la rétribution
- Attestation de Jésus
- Salutation


Introduction

Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a confiée pour faire découvrir à ses serviteurs les événements qui doivent arriver bientôt ; et qu’il a fait connaître, en l’envoyant par son ange, à Jean, son serviteur, qui a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ en tout ce qu’il a vu.

Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !

1ère partie

Jean aux sept Eglises qui sont en Asie : grâce et paix vous soient données de la part de Celui qui est, qui était et qui vient, et de la part des sept esprits qui sont devant son trône, et de la part de Jésus-Christ ; c’est le Témoin fidèle, le Premier-né d’entre les morts et le Prince des rois de la terre. A celui qui nous a aimé, qui nous a lavé de nos péchés par son sang, et qui nous a faits rois et prêtres de Dieu, son Père, à lui la gloire et la puissance des siècles des siècles ! Amen ! Le voici qui vient sur les nuées.

Tout oeil le verra, et ceux même qui l’ont percé ; et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine en le voyant. Oui. Amen ! "Je suis l’alpha et l’oméga " [le commencement et la fin], dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant.

1. Lettres aux sept Églises

Vision préparatoire

Moi Jean, votre frère, qui participe avec vous, à l’affliction, à la royauté et à la patience en Jésus [-Christ], j’étais dans l’île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus.

10 Je fus ravi en esprit le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, comme une trompette, qui disait :

11 "Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Eglises qui sont en Asie : à Ephèse, à Smyrne, à Pergames, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée."

12 Alors je me retournai pour voir quelle était la voix qui me parlait ; et quand je me fus retourné, je vis sept chandeliers d’or,

13 et, au milieu des chandeliers, quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme ; il était vêtu d’une longue robe, portait à la hauteur des seins une ceinture d’or ;

14 sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige, et ses yeux étaient comme une flamme de feu ;

15 ses pieds étaient semblables à de l’airain qu’on aurait embrasé dans une fournaise, et sa voix était comme la voix des grandes eaux.

16 Il tenait dans sa main droite sept étoiles ; de sa bouche sortait un glaive aigu, à deux tranchants, et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force.

17 Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort ; et il posa sur moi sa main droite, en disant :

18 " Ne crains point ; je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant ; j’ai été mort, et voici que je suis vivant aux siècles des siècles ;

19 je tiens les clefs de la mort et de l’enfer. Ecris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver ensuite,

20 le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et les sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont sept Églises. "

L’Église d’Éphèse

1 Ecris à l’ange de l’Eglise d’Ephèse Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, Celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or

2 Je connais tes oeuvres, ton labeur et ta patience ; je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et que tu les a trouvés menteurs ;

3 que tu as de la patience, que tu as eu à supporter pour mon nom, et que tu ne t’es point lassé.

4 Mais j’ai contre toi que tu t’es relâché de ton premier amour.

5 Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi et reviens à tes premières oeuvres sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.

6 Pourtant tu as en ta faveur que tu hais les oeuvres des Nicolaïtes, oeuvres que moi aussi je hais.

7 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ! A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de [mon] Dieu.

L’Église de Smyrne

8 Ecris encore à l’ange de l’Eglise de Smyrne. Voici ce que dit le Premier et le Dernier, Celui qui était mort et qui a repris vie

9 Je connais ta tribulation et ta pauvreté, - mais tu es riche, - et les Insultes de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas, mais bien une synagogue de Satan. Ne crains rien de ce que tu auras à souffrir.

10 Voici que le diable va jeter quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez mis à l’épreuve, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de la vie.

11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ! Celui qui vaincra ne recevra aucun dommage de la seconde mort.

L’Église de Pergame

12 Ecris encore à l’ange de l’Eglise de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants

13 Je sais où tu habites : là où se trouve le trône de Satan ; mais tu es fermement attaché à mon nom, et tu n’as point renié ta foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite.

14 Mais j’ai contre toi quelques griefs ; c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui conseillait à Balac de mettre devant les fils d’Israël une pierre d’achoppement, pour les amener à manger des viandes immolées aux idoles et à se livrer à l’impudicité.

15 De même toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes.

16 Repens-toi ! sinon, je viendrai à toi promptement, et je leur ferai la guerre avec le glaive de ma bouche.

17 Que celui qui a des oreilles entende ce que dit l’Esprit aux Eglises ! A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée ; et je lui donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit.

L’Église de Thyatire

18 Écris encore à l’ange de l’Église de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, Celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à l’airain.

19 Je connais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ta bienfaisance, ta patience et ces dernieres oeuvres plus nombreuses que les premières.

20 Mais j’ai contre toi quelques griefs : c’est que tu laisses la femme Jézabel, se disant prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et mangent des viandes immonlées aux idoles.

21 Je lui ai donné du temps pour faire pénitence, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité.

22 Voici que je vais la jeter sur un lit, et plonger dans une grande tristesse ses compagnons d’adultère, s’ils ne se repentent des oeuvres qu’elle leur à enseignées.

23 Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les coeurs ; et je rendrai à chacun de vous selon vos oeuvres

24 Mais à vous, aux autres fidèles de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan (comme ils les appellent), je vous dis : Je ne vous imposerai pas d’autre fardeau ;

25 seulement, tenez ferme ce que vous avez, jusqu’à ce que je vienne.

26 Et à celui qui vaincra et qui gardera jusqu’à la fin mes oeuvres, je lui donnerai pouvoir sur les nations ;

27 il les gouvernera avec un sceptre de fer, ainsi que l’on brise les vases d’argile,

28 comme moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père, et je lui donnerai l’étoile du matin.

29 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises !

L’Église de Sardes

3 1 Écris encore à l’ange de l’Église de Sardes : Voici ce que dit Celui qui a les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles. Je connais tes oeuvres : tu as la réputation d’être vivant, mais tu es mort.

2 Sois vigilant, et affermis le reste qui allait mourir ; car je n’ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon Dieu.

3 Souviens-toi donc de l’enseignement que tu as reçu et entendu ; garde-le et repens-toi. Si donc tu ne veilles pas, je viendrai à toi comme un voleur, sans que tu aies su à quelle heure je viendrai à toi.

4 Pourtant tu as à Sardes quelques personnes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ; ceux-là marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu’ils en sont dignes.

5 Celui qui vaincra sera ainsi revêtu de vêtements blancs ; je n’effacerai point son nom du livre de la vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.

6 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Église s !

L’Église de Philadelphie

7 Écris encore à l’ange de l’Église de Philadelphie : Voici ce que dit le saint, le Véritable, Celui qui a la clef de David, Celui qui ouvre et personne ne ferme, qui ferme et personne n’ouvre

8 Je connais tes oeuvres Voici que j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole et que tu n’as point renié mon nom.

9 Voici que je te donne quelques-uns de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs, et ne le sont point, nais ils mentent ; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et ils connaîtront que je t’ai aimé.

10 Parce que tu as gardé ma parole sur la patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre.

11 Voici que je viens bientôt : tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne ravisse ta couronne.

12 Celui qui vaincra, j’en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau.

13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises !

L’Église de Laodicée

14 Ecris encore à l’ange de l’Eglise de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu

15 Je connais tes oeuvres : tu n’es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! 16 Aussi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud je vais te vomir de ma bouche.

17 Tu dis : Je suis riche, j’ai acquis de grands biens, je n’ai besoin de rien ; et tu ne sais pas que tu es un malheureux, un misérable, pauvre, aveugle et nu,

18 je te conseille de m’acheter de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche ; des vêtements blancs pour te vêtir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité ; et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime ; aie donc du zèle et repens-toi.

20 Voici que je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez toi, je souperai avec lui et lui avec moi.

21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône comme moi aussi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône

22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises !

2ème partie

2. Le trône de Dieu et la cour céleste

4 1 Après cela, je vis, et voici qu’une porte était ouverte dans le ciel, et la première voix que j’avais entendue, comme le son d’une trompette qui me parlait, dit "Monte ici, et je te montrerai ce qui doit arriver dans la suite. "

2 Aussitôt je fus ravi en esprit ; et voici qu’un trône était dressé dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis.

3 Celui qui était assis avait un aspect semblable à la pierre de jaspe et de sardoine ; et ce trône était entouré d’un arc-en-ciel, d’une apparence semblable à l’émeraude.

4 Autour du trône étaient vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, avec des couronnes d’or sur leurs têtes.

5 Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres ; et sept lampes ardentes brûlent devant le trône : ce sont les sept Esprits de Dieu.

6 En face du trône, il y a comme une mer de verre semblable à du cristal ; et devant le trône et autour du trône, quatre animaux remplis d’yeux devant et derriere.

7 Le premier animal ressemble à un lion, le second à un jeune taureau, le troisième a comme la face d’un homme, et le quatrième ressemble à un aigle qui vole.

8 Ces quatre animaux ont chacun six ailes ; ils sont couverts d’yeux tout à l’entour et au dedans, et ils ne cessent jour et nuit de dire : " Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui vient ! "

9 Quand les animaux rendent gloire, honneur et actions de grâces à Celui qui est assis sur le trône, à Celui qui vit aux siècles des siècles,

10 les vingt-quatre vieillards se prosternent devant Celui qui est assis sur le trône, et adorent Celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant

11 " Vous êtes digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur, et la puissance, car c’est vous qui avez créé toutes choses, et c’est à cause de votre volonté qu’elles ont eu l’existence et qu’elles ont été créées.

3. Les sept sceaux

Le livre aux sept sceaux

5 1 Puis je vis dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, et scellé de sept sceaux.

2 Et je vis un ange puissant qui criait d’une voix forte " Qui est digne d’ouvrir le livre et de rompre les sceaux ? "

3 Et personne ni dans le ciel, ni sur la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder.

4 Et moi je pleurais beaucoup de ce qu’il ne se trouvait personne qui fût digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder.

5 Alors un des vieillards me dit : " Ne pleure point ; voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu, de manière à pouvoir ouvrir le livre et ses sept sceaux. "

6 Et je vis, et voici qu’au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards,

7 un Agneau était debout : il semblait avoir été immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et reçut le livre de la main droite de Celui qui était assis sur le trône.

8 Quand il eut reçu le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.

9 Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : " Vous êtes digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux ; car vous avez été immolé et vous avez racheté pour Dieu, par votre sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ;

10 et vous les avez faits rois et prétres, et ils régneront sur la terre. "

11 Puis je vis, et j’entendis autour du trône, autour des animaux et des vieillards, la voix d’une multitude d’anges, et leur nombre était des myriades et des milliers de milliers.

12 Ils disaient d’une voix forte : " L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction. "

13 Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, et toutes les choses qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient : " A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles ! "

14 Et les quatre animaux disaient : " Amen ! " Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent [Celui qui vit aux siècles des siècles].

Les six premiers sceaux

6 1 Et je vis l’Agneau qui ouvrit le premier des sept sceaux, et j’entendis l’un des quatre animaux qui disait comme d’une voix de tonnerre :

2 " Viens ! " Et je vis paraître un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc ; on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur et pour vaincre.

3 Et quand il eut ouvert le deuxième sceau, j’entendis le second animal qui disait : " Viens ! "

4 Et Il sortit un autre cheval qui était roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d’ôter la paix de la terre, afin que les hommes s’égorgeassent les uns les autres, et on lui donna une grande épée.

5 Et quand il eut ouvert le troisième sceau, j’entendis le troisième animal qui disait : " Viens ! " Et je vis paraître un cheval noir. Celui qui le montait tenait à la main une balance ;

6 et j’entendis au milieu des quatre animaux comme une voix qui disait : " Une mesure de blé pour un denier ! Trois mesures d’orge pour un denier ! " Et : " Ne gâte pas l’huile et le vin ! "

7 Et quand il eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal qui disait : " Viens ! "

8 Et je vis paraître un cheval de couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait. On leur donna pouvoir sur la quatrième partie de la terre, pour faire tuer par l’épée, par la famine, par la mortalité et par les bêtes féroces de la terre.

9 Et quand il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés pour la parole de Dieu et pour le témoignage qu’ils avaient eu à rendre.

10 Et ils crièrent d’une voix forte, en disant : " jusques à quand, ô Maître Saint et Véritable, ne ferez-vous pas justice et ne redemandenez-vous pas notre sang à ceux qui habitent sur la terre ?

11 " Alors un leur donna à chacun une robe blanche, et on leur dit de se tenir en repos encore un peu de temps, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux.

12 Et je vis, quand il eut ouvert le sixième sceau, qu’il se fit un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière parut comme du sang,

13 et les étoiles du ciel tombèrent vers la terre, comme les figues vertes tombent d’un figuier secoué par un gros vent.

14 Et le ciel se retira comme un livre qu’on roule, et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leur place.

15 Et les rois de la terre, et les grands, et les généraux, et les riches, et les puissants, et tout esclave ou homme libre se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes,

16 et ils disaient aux montagnes et aux rochers : " Tombez sur nous et dérobez-nous à la face de Celui qui est assis sur le trône et à la colère de l’Agneau ; 17 car il est venu le grand jour de sa colère, et qui peut subsister ? "

Le nombre et le sort des élus de Dieu

7 1 Après cela, je vis quatre anges qui étaient debout aux quatre coins de la terre ; ils retenaient les quatre vents de la terre, afin qu’aucun vent ne soufflât, ni sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre.

2 Et je vis un autre ange qui montait du côté où le soleil se lève, tenant le sceau du Dieu vivant, et il cria d’une voix forte aux quatre anges à qui il avait été donné de nuire à la terre et à la mer, en ces termes :

3 " Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau, sur le front, les serviteurs de notre Dieu.

4 " Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante quatre mille de toutes les tribus des enfants d’Israël :

5 de la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau ; de la tribu de Ruben, douze mille [marqués] ; de la tribu de (lad, douze mille [marqués] ;

6 de la tribu d’Aser, douze mille [marqués] ; de la tribu de Nephthali, douze mille [marqués] ;

7 de la tribu de Manassé, douze mille [marqués] ; de la tribu de Simon, douze mille [marqués] ; de la tribu de Lévi, douze mille [marqués] ;

8 de la tribu d’Issachar, douze mille [marqués] ; de la tribu de Zabulon, douze mille [marqués] ; de la tribu de Joseph, douze mille [marqués] ; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués du sceau.

9 Après cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches et tenant des palmes à la main.

10 Et ils criaient d’une voix forte, disant : " Le salut vient de notre Dieu qui est assis sur le trône, et a l’Agneau ! "

11 Et tous les anges se tenaient autour du trône, autour des vieillards et des quatre animaux ; et ils se prosternèrent sur leurs faces devant le trône, en disant

12 " Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, l’action de gràces, l’honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! "

13 Alors un des vieillards, prenant la parole me dit : " Ceux que tu vois revêtus de ces robes blanches qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ? "

14 Je lui dis : " Mon Seigneur, vous le savez. " Et il lui dit " Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau.

15 C’est pour cela qu’ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son sanctuaire. Et Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente ; ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif ;

16 l’ardeur du soleil ne les accablera plus, ni aucune chaleur brûlante ;

17 car l’Agneau qui est au milieu du trône sera le pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. "

Ouverture du septième sceau

8 1 Et quand l’Agneau eut ouvert le septième sceau, il se fit dans le ciel un silence d’environ une demi-heure.

2 Puis je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et on leur donna sept trompettes.

3 Puis il vint un autre ange, et il se tint prés de l’autel, un encensoir d’or à la main ; on lui donna beaucoup de parfums pour qu’il fit une offrande des prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône ;

4 et la fumée des parfums, formés des prières des saints, monta de la main de l’ange devant Dieu.

5 Puis l’ange prit l’encensoir, le remplit du feu de l’autel, et le jeta sur la terre ; et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et la terre trembla.

6 Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.

4. Les sept trompettes

Les quatre premières trompettes

7 Et le premier sonna de la trompette et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang, qui tombèrent sur la terre ; et le tiers de la terre fût brûlé, et le tiers des arbres fût brûlé, et toute l’herbe verte fut brûlée.

8 Et le deuxième ange sonna de la trompette, et une sorte de grande montagne tout en feu fût jetée dans la mer ; et le tiers de la mer devint du sang,

9 et le tiers des créatures marines qui ont vie périt, et le tiers des navires fut détruit.

10 Et le troisième ange sonna de la trompette ; et il tomba du ciel une grande étoile, ardente comme une torche, et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux.

11 Le nom de cette étoile est Absinthe ; et le tiers des eaux fût changé en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux, parce qu’elles étaient devenues amères.

12 Et le quatrième ange sonna de la trompette ; et le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, afin que le tiers de ces astres fût obscurci, et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit de même.

Les trois ’Malheur’ de l’aigle

13 Puis je vis, et j’entendis un aigle qui volait par le milieu du ciel, disant d’une voix forte : " Malheur ! Malheur ! Malheur à ceux qui habitent sur la terre, à cause du son des trois autres trompettes dont les trois anges vont sonner ! "

La cinquième trompette

9 1 Et le cinquième ange sonna de la trompette ; et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre, et on lui donna la clef du puits de l’abîme.

2 Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il s’éleva du puits une fumée comme celle d’une grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits.

3 De cette fumée s’échappèrent sur la terre des sauterelles ; et il leur fût donné un pouvoir semblable à celui que possèdent les scorpions de la terre ;

4 et on leur ordonna de ne point nuire à l’herbe de la Terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leur front.

5 Il leur fût donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois ; et le tourment qu’elles causent est semblable à celui d’un homme piqué par le scorpion.

6 En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas ; Ils souhaiteront la mort, et la mort fuira loin d’eux.

7 Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat ; elles avaient sur la tête comme des couronnes d’or ; leurs visages étaient comme des visages d’hommes,

8 leurs cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents comme des dents de lions.

9 Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs chevaux qui courent au combat.

10 Elles ont des queues semblables à des scorpions, et des aiguillons, et c’est dans leurs queues qu’est le pouvoir de faire du mal aux hommes durant cinq mois.

11 Elles ont à leur tête, comme roi, l’ange de l’abîme qui se nomme en hébreu Abaddon, en grec Apollyon.

12 Le premier " malheur " est passé ; voici qu’il en vient encore deux autres dans la suite.

La cinquième trompette (Apo, St jean chap 4.13)

"Et le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la Terre, et on lui donna la clef du puits de l’abîme.

Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il s’éleva du puits une fumée comme celle d’une grande fournaise, et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits.

De cette fumée s’échappèrent sur la terre des sauterelles, et il leur fût donné un pouvoir semblable à celui que possèdent les scorpions de la terre, et on leur ordonna de ne point nuire à l’herbe de la Terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leur front.

Il leur fût donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois, et le tourment qu’elles causent est semblable à celui d’un homme piqué par le scorpion.

En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas, Ils souhaiteront la mort, et la mort fuira loin d’eux.

Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat, elles avaient sur la tête comme des couronnes d’or, leurs visages étaient comme des visages d’hommes, leurs cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents comme des dents de lions.

Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs chevaux qui courent au combat.

Elles ont des queues semblables à des scorpions, et des aiguillons, et c’est dans leurs queues qu’est le pouvoir de faire du mal aux hommes durant cinq mois.

Elles ont à leur tête, comme roi, l’ange de l’abîme qui se nomme en hébreu Abaddon, en grec Apollyon.

Le premier "malheur" est passé, voici qu’il en vient encore deux autres dans la suite."

La sixième trompette

13 Et le sixième ange sonna de la trompette ; et j’entendis une voix sortir des quatre cormes de l’autel d’or qui est devant Dieu ; elle disait au sixième ange qui avait la trompette :

14 "Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve de l’Euphrate."

15 Alors furent déliés les quatre anges, qui se tenaient prêts pour l’heure, le jour, le mois et l’année, afin de tuer la troisième partie des hommes.

16 Et le nombre des troupes de cavalerie avait deux myriades de myriades ; j’en entendis le nombre.

17 Et voici comment les chevaux me parurent dans la vision, ainsi que ceux qui les montaient : ils avaient des cuirasses couleur de feu, d’hyacinthe et de soufre ; les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions, et leur bouche jetait du feu, de la fumée et du soufre.

18 La troisième partie des hommes fût tuée par ces trois fléaux, par le feu, par la fumée et par le soufre qui sortaient de leur bouche.

19 Car le pouvoir de ces chevaux est dans leur bouche et dans leurs queues : car leurs queues, semblables à des serpents, ont des têtes, et c’est avec elles qu’ils blessent.

20 Les autres hommes, qui ne furent pas tués par ces fléaux, ne se repentirent pas non plus des oeuvres de leurs mains, pour ne plus adorer les démons et les idoles d’or, d’argent, d’airain, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher ;

21 et ils ne se repentirent ni de leurs meurtres, ni de leurs enchantements, ni de leur impudicité, ni de leurs vols.

Le petit livre

10 1 Puis je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel, enveloppé d’un nuage, et l’arc-en-ciel au-dessus de la tête ; son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.

2 II tenait à la main un petit livre ouvert ; et ayant posé le pied droit sur la mer et le pied gauche sur la terre,

3 il cria d’une voix forte, comme rugit un lion ; et quand il eut poussé ce cri, les sept tonnerres firent entendre leurs voix.

4 Après que les sept tonnerres eurent parlé, je me disposais à écrire, mais j’entendis du ciel une voix qui disait : " Scelle ce qu’ont dit les sept tonnerres, ne l’écris point. "

5 Alors l’ange que j’avais vu debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel,

6 et jura par Celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, la mer et les choses qui y sont, qu’il n’y aurait plus de temps,

7 mais qu’aux jours où le septième ange ferait entendre sa voix en sonnant de la trompette, le mystère de Dieu serait consommé, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes.

8 Et la voix que j’avais entendue du ciel, me parla de nouveau et dit : " Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. "

9 Et j’allai vers l’ange, et je lui dis de me donner le petit livre. Il me dit : " Prends, et dévore-le ; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. "

10 Je pris alors le petit livre de la main de l’ange et je le dévorai ; et il était dans ma bouche doux comme du miel ; mais quand je l’eus dévoré, il me causa de l’amertume dans les entrailles.

11 Puis on me dit : " II faut encore que tu prophétises sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois. "

Les deux témoins

11 1 Puis on me donna un roseau semblable à un bâton, en disant : " Lèvetoi et mesure le temple de Dieu, l’autel et ceux qui y adorent.

2 Mais le parvis extérieur du temple, laisse-le en dehors et ne le mesure pas, car il a été abandonné aux Nations, et elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante deux mois.

3 Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours.

4 Ceux-ci sont les deux oliviers et les deux candélabres qui sont dressés en présence du Seigneur de la terre.

5 Si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche qui dévore leurs ennemis : c’est ainsi que doit périr quiconque voudra leur nuire.

6 Ils ont la puissance de fermer le ciel pour empêcher la pluie de tomber durant les jours de leur prédication ; et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toutes sortes de plaies, autant de fois qu’ils le vaudront.

7 Et quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera ;

8 et leurs cadavres resteront gisants sur la place de la grande ville, qui est appelée en langage figuré Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié

9 Des hommes des divers peuples, tribus, langues et nations verront leurs cadavres étendus trois jours et demi, sans permettre qu’on leur donne la sépulture.

10 Et les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet ; ils se livreront à l’allégresse et s’enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont fait le tourment des habitants de la terre.

11 Mais après trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu pénétra dans ces cadavres ; ils se dressèrent sur leurs pieds, et une grande crainte s’empara de ceux qui les regardaient.

12 Et l’on entendit une grande voix venant du ciel, qui leur disait " Montez ici. " Et ils montèrent au ciel dans une nuée, à la vue de leurs ennemis.

13 A celte même heure, ii se fit un grand tremblement de terre ; la dixième partie de la ville s’écroula, et sept mille hommes périrent dans ce tremblement de terre ; les autres, saisis d’effroi, rendirent gloire au Dieu du ciel.

14 Le second " malheur " est passé ; voici que le troisième " malheur " vient bientôt.

La septième trompette

15 Et le septième ange sonna de la trompette, et l’on entendit dans le ciel des voix fortes qui disaient : " L’empire du monde a passé à notre Seigneur et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles. "

16 Alors les vingt-quatre vieillards qui sont assis devant Dieu sur leurs trônes, se prosternèrent sur leurs faces et adorèrent Dieu, en disant :

17 " Nous vous rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant, qui êtes et qui étiez, de ce que vous vous êtes revêtu de votre grande puissance et que vous régnez.

18 Les nations se sont irritées, et votre colère est venue, ainsi que le moment de juger les morts, de donner la récompense à vos serviteurs, aux prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent votre nom, petits et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. "

19 Et le sanctuaire de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son sanctuaire. Et il y eut des éclairs, des bruits, des tonnerres, un tremblement de terre et une grosse grêle.

5. Les sept signes, La Femme et le Dragon

12 1 Puis il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.

2 Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l’enfantement.

3 Un autre signe parut encore dans le ciel : tout à coup on vit un grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes ;

4 de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre. Puis le dragon se dressa devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son enfant, dès qu’elle l’aurait mis au monde.

5 Or, elle donna lu jour à un enfant mâle, qui doit gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fût enlevé auprès de Dieu et auprès de son trône,

6 et la femme s’enfuit au désert, où Dieu lui avait préparé une retraite, afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.

7 Et il y eut un combat dans le ciel Michel et ses anges combattaient contre le dragon ; et le dragon et ses anges combattaient ; 8 mais ils ne purent vaincre, et leur place même ne se trouva plus dans le ciel.

9 Et il fût précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fût précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui.

10 Et j’entendis dans le ciel une voix forte Lui disait : " Maintenant le salut, la puissance et l’empire sont à notre Dieu, et l’autorité à son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accuse jour et nuit devant notre Dieu.

11 Eux aussi l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole à laquelle ils ont rendu témoignage, et ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir.

12 C’est pourquoi, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y demeurez ! Malheur à la terre et â la mer ! car le diable est descendu vers vous, avec une grande fureur, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps. "

13 Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle.

14 Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme pour s’envoler au désert, en sa retraite, où elle est nourrie un temps, des temps et la moitié d’un temps, hors de la présence du serpent.

15 Alors le serpent lança de sa gueule, après la femme, de l’eau comme un fleuve, afin de la faire entraîner par le fleuve.

16 Mais la terre vint au secours de la femme ; elle ouvrit son sein et engloutit le fleuve que le dragon avait jeté de sa gueule.

17 Et le dragon fût rempli de fureur contre la femme, et il alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus.

18 Et il s’arrêta sur le sable de la mer.

La Bête de la mer

13 1 Puis je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème.

2 La bête que je vis ressemblait à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité.

3 Une de ses têtes paraissait blessée à mort ; mais sa plaie mortelle fût guérie, et toute la terre, saisie d’admiration, suivit la bête,

4 et l’on adora le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête, et l’on adora la bête, en disant : " Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? "

5 Et il lui fut donné une bouche proférant des paroles arrogantes et blasphématoires, et il lui fût donné pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.

6 Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel.

7 Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre ; et il lui fût donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nafion.

8 Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dans le livre de vie de l’Agneau immolé, dès la fondation du monde.

9 Que celui qui a des oreilles entende ! 10 si quelqu’un mène en captivité, il sera mené en captivité ; si quelquun tue par l’épée, il faut qu’il soit tué par l’épée. C’est ici la patience et la foi des saints.

La Bête de la terre

11 Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui portait comme un dragon.

12 Elle exerçait toute la puissance de la première bête en sa présence, et elle amenait la terre et ses habitants à adorer la première bête, dont la plaie mortelle avait été guérie.

13 Elle opérait aussi de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes,

14 et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, persuadant les habitants de la terre de dresser une image à la bête qui porte la blessure de l’épée et qui a repris vie.

15 Et il lui fut donné d’animer l’image de ta bête, de façon à la faire parler et à faire tuer tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête.

16 Elle fit qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front,

17 et que nul ne pût acheter ou vendre, sil n’avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom.

18 C’est ici la sagesse ! Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête ; car c’est un nombre l’homme et ce nombre est six cent soixante-six.

L’Agneau et les Vierges

14 1 Je regardai encore et voici que l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Pére écrits sur le front.

2 Et j’entendis un son qui venait du ciel, pareil au bruit de grandes eaux et à la vois d’un puissant tonnerre ; et le son que j’entendis ressemblait à un concert de harpistes jouant de leurs instruments.

3 Et ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les vieillards ; et nul ne pouvait apprendre ce cantique, si ce n’est les cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre.

4 Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ce sont eux qui accompagnent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau ; 5 et il ne s’est point trouvé de mensonge dans leur bouche, car ils sont irréprochables.

Les trois anges

6 Puis je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, tenant l’Evangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple.

7 Il disait d’une voix forte : " Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; adorez Celui qui a fait le ciel et la terre, la mer et les sources des eaux. "

8 Et un autre ange suivit, en disant : " Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité ! "

9 Et un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : " Si quelqu’un adore la bête et son image, et en prend la marque sur son front ou sur sa main,

10 il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, du vin pur versé dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et dans le soufre, sous les yeux des saints anges et de l’Agneau.

11 Et la fumée de leur supplice s’élèvera aux siècles des siècles, et il n’y aura de repos, ni jour ni nuit, pour ceux qui adorent la bête et son image, ni pour quiconque aura reçu la marque de son nom. "

12 C’est ici que doit se montrer la patience des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

13 Et j’entendis une voix venant du ciel, qui disait : " Ecris : Heureux dés maintenant les morts qui meurent dans le Seigneur ! " " Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent. "

Un fils d’homme

14 Puis je regardai, et voici que parut une nuée blanche, et sur la nuée quelqu’un était assis qui ressemblait a un fils de l’homme ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante.

15 Et un autre ange sortit du sanctuaire, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée " Lance ta faucille et moissonne ; car le moment de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mure. "

16 Alors Celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

17 Un autre ange sortit du sanctuaire qui est dans le ciel, portant, lui aussi, une faucille tranchante.

18 Et un autre ange, celui qui a pouvoir sur le feu, sortit de l’autel, et s’adressa d’une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant : " Lance ta faucille tranchante, et coupe les grappes de la vigne de la terre, car les raisins en sont murs. "

19 Et l’ange jeta sa faucille sur la terre, et vendangea la vigne de la terre, et il en jeta les grappes dans la grande cuve de la colère de Dieu.

20 La cuve fut foulée hors de la ville, et il en sortit du sang jusqu’à la hauteur du mors des chevaux, sur un espace de mille six cents stades.

Les sept anges aux sept plaies

15 1 Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et étonnant : sept anges qui tenaient en main sept plaies, les dernières, car c’est par elles que doit se consommer la colère de Dieu.

2 Et je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et au bord de cette mer étaient debout les vainqueurs de la bête, de son image et du nombre de son nom, tenant les harpes sacrées.

3 Ils chantaient le Cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau disant : " Grandes et admirables sont vos oeuvres Seigneur, Dieu tout-puissant ! Justes et véritables, sont vos voies, ô Roi des siècles !

4 Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait votre nom ? Car vous seul êtes saint. Et toutes les nations viendront se prosterner devant vous, parce que vos jugements ont éclaté. "

6. Les sept coupes

Vision préparatoire

5 Après cela, je vis s’ouvrir dans le ciel le sanctuaire du tabernacle du témoignage.

6 Et les sept anges qui ont en main les sept plaies sortirent du sanctuaire ; ils étaient vêtus d’un lin pur et éclatant, et portaient des ceintures d’or autour de la poitrine.

7 Alors l’un des quatre animaux donna aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la colère de Dieu qui vit aux siècles des siècles.

8 Et le sanctuaire fut rempli de fumée par la gloire de Dieu et par sa puissance, et personne ne pouvait entrer dans le sanctuaire jusqu’à ce que fussent consommées les sept plaies des sept anges.

Les six premières coupes

16 1 Et j’entendis une grande voix qui sortait du sanctuaire, et qui disait aux sept anges : " Allez et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. "

2 Et le premier partit et répandit sa coupe sur la terre ; et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et ceux qui adoraient son image.

3 Puis le second répandit sa coupe dans la mer ; et elle devint comme le sang d’un mort, et tout être vivant qui était dans la mer mourut.

4 Puis le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources d’eau ; et les eaux devinrent du sang.

5 Et j’entendis l’ange des eaux qui disait : " Vous êtes juste, vous qui êtes et qui étiez, vous le Saint, d’avoir exercé ce jugement.

6 Car ils ont versé le sang des justes et des prophètes, et vous leur avez donné du sang à boire : ils en sont dignes ! "

7 Et j’entendis l’autel qui disait : " Oui, Seigneur, Dieu tout-puissant, vos jugements sont vrais et justes. "

8 Puis le quatrième répandit sa coupe sur le soleil, et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ;

9 et les hommes furent brûlés d’une chaleur extrême, et ils blasphémèrent le nom de Dieu qui est le maître de ces plaies, et ils ne se repentirent point pour lui rendre gloire.

10 Puis le Cinquième répandit sa coupe sur le trône de la bête, et son royaume fut plongé dans les ténèbres ; les hommes se mordaient la langue de douleur,

11 et ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent point de leurs oeuvres.

12 Puis le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve de l’Euphrate, et les eaux en furent desséchées, afin de livrer passage aux rois venant de l’Orient.

Les grenouilles

13 Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles.

14 Car ce sont des esprits de démons qui font des prodiges, et ils vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant.

15 Voici que je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et qui garde ses vêtements, pour ne pas aller nu et ne pas laisser voir sa honte ! 16 Et ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Armaguédon.

La septième coupe

17 Puis le septième répandit sa coupe dans l’air ; et il sortit du sanctuaire une grande voix venant du trône, qui disait : " C’en est fait ! "

18 Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement, tel que jamais, depuis que l’homme est sur la terre, il n’y eut tremblement de terre aussi grand.

19 La grande cité fut divisée en trois parties, et les villes des nations s’écroulèrent, et Dieu se souvint de Babylone la grande, pour lui faire boire la coupe du vin de son ardente colère.

20 Toutes les îles s’enfuirent, et l’on ne retrouva plus de montagnes.

21 Et des grêlons énormes, pouvant peser un talent, tombèrent du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était très grand.

7. La grande Babylone

Description

17 1 Puis l’un des sept anges qui portaient les sept coupes vint me parler en ces termes : " Viens, je te montrerai le logement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux,

2 avec laquelle les rois de la terre se sont souillés, et qui a enivré les habitants de la terre du vin de son impudicité. "

3 Et il me transporta ces esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, et ayant sept têtes et dix cornes.

4 Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate ; et richement parée d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe d’or, remplie d’abominations et des souillures de sa prostitution.

5 Sur son front était un nom, nom mystérieux : " Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. " 6 Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus ; et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement.

Explication du mystère de Babylone

7 Et l’ange me dit : " Pourquoi t’étonner ? Moi je vais te dire le mystère de la femme et de la bête qui la porte, et qui a les sept têtes et les dix cornes.

8 La bête que tu as vue était et n’est plus ; elle doit remonter de l’abîme, puis s’en aller à la perdition. Et les habitants de la terre, dont le nom n’est pas écrit dès la fondation du monde dans le livre de la vie, seront étonnés en voyant la bête, parce qu’elle était, qu’elle n’est plus, et qu’elle reparaîtra.

9 C’est ici qu’il faut un esprit doué de sagesse. - Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois :

10 Les cinq premiers sont tombés, l’un subsiste, l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit demeurer peu de temps.

11 Et la bête qui était et qui n’est plus, en est elle même un huitième et elle est des sept,

12 et elle s’en va à la perdition. Et les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n’ont pas encore reçu la royauté, mais qui recevront un pouvoir de roi pour une heure avec la bête.

13 Ceux-ci ont un seul et même dessein, et ils mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité.

14 Ils feront la guerre à l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra, parce qu’il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui l’accompagnent sont les appelés, les élus et les fidèles. "

15 Et il me dit : " Les eaux que tu as vues, au lieu où la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.

16 Et les dix cornes que tu as vues sur la bête haïront elles mêmes la prostituée ; elles la rendront désolée et nue ; elles mangeront ses chairs et la consumeront par le feu.

17 Car Dieu leur a mis au coeur d’exécuter son dessein, et de donner leur royauté à la bête, jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies.

18 Et la femme que tu as vue, c’est la grande cité qui a la royauté sur les rois de la terre.

Annonce de la chute de Babylone

18 1 Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande puissance ; et la terre fut illuminée de sa gloire. Il cria d’une voix forte, disant :

2 " Elle est tombée, elle est tombée, Badylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un séjour de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau immonde et odieux,

3 parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, que les rois de la terre se sont souillés avec elle, et que les marchands de la terre se sont enrichis par l’excès de son luxe. "

4 Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : " Sortez du milieu d’elle, ô mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés, et de n’avoir point part à ses calamités ;

5 car ses péchés se s’ont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités.

6 Payez-la comme elle-même a payé, et rendez-lui au double selon ses oeuvres ; dans la coupe où elle a versé à boire, versez-lui le double ;

7 autant elle s’est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu’elle dit en son coeur : Je trône en reine ; je ne suis point veuve et ne connaitrai point le deuil !

8 à cause de cela, en un même jour, les calamités fondront sur elle, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consummée par le feu ; Car il est puissant le [Seigneur] Dieu qui l’a jugée. "

Lamentation des amis de Babylone

9 Les rois de la terre qui se sont livrés avec elle à l’impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront sur sort sort, quand ils verront la fumée de son embrasement.

10 Se tenant à distance, par crainte de ses tourments, ils diront " Malheur ! Malheur ! O grande ville, Babylone, ô puissante cité, en une heure est venu ton jugement ! "

11 Et les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à son sujet, parce que personne n’achète plus leur cargaison :

12 cargaison d’or, d’argent, de pierres précieuses, de perles, de lin fin, de pourpre, de soie et d’écarlate, et le bois de senteur de toute espèce, et toute sorte d’objets d’ivoire, et toute sorte d’objets de bois très précieux, d’airain, de fer et de marbre,

13 et la cannelle, les parfums, la myrrhe, l’encens, le vin, l’huile, la fleur de farine, le blé, les bestiaux, les brebis, et des chevaux, et des chars, et des corps et des âmes d’hommes.

14 Les fruits dont tu faisais tes délices s’en sont allés loin de toi ; toutes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi, et tu ne les retrouveras plus.

15 Les marchands de ces produits, qui se sont enrichis avec elle, se tiendront à distance par crainte de ses tourments ; ils pleureront et se désoleront, disant :

16 " Malheur ! Malheur ! O grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d’écarlate, et qui était richement parée d’or, de pierres précieuses et de perles, en une heure ont été dévastées tant de richesses ! "

17 Et tous les pilotes, et tous ceux qui naviguent vers la ville, les matelots et tous ceux qui exploitent la mer, se tenaient à distance,

18 et ils s’écriaient en voyant la fumée de son embrasement " Que pouvait-on comparer à cette grande ville ? "

19 Et ils jetaient de la poussière sur leur tête, et ils criaient en pleurant et en se désolant : " Malheur ! Malheur ! La grande ville dont l’opulence a enrichi tous ceux qui avaient des vaisseaux sur la mer, en une heure elle a été réduite en désert ! "

Allégresse du ciel et des saints

20 Réjouis-toi sur elle, ô ciel, et vous aussi, les saints, les apôtres et tes prophètes ; car, en la jugeant, Dieu vous a fait justice.

Un ange annonce à nouveau la chute de Babylone

21 Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et la lança dans la mer, en disant : " Ainsi sera soudain précipitée Babylone, la grande ville, et on ne la retrouvera plus. 22 En toi au n’entendra plus les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette ; en toi on ne trouvera plus d’artisan d’aucun métier, et le bruit de la meule ne s’v fera plus entendre ; 23 ou n’y verra plus briller la lumière de la lampe ; on n’y entendra plus la voix de l’époux et de l’épouse parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été égarées par tes enchantements. 24 Et c’est dans cette ville qu’on a trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été égorgés sur ta terre. "

Cantique de louange sur la ruine de Babylone

19 1 Après cela, j’entendis dans le ciel comme une grande voix d’une foule immense qui disait ; " Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance appartiennent à notre Dieu,

2 parce que ses jugements sont vrais et justes. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son impudicité, il a vengé le sang de ses serviteurs répandu par ses mains. "

3 Et ils dirent une seconde fois : " Alléluia ! Et la fumée de son embrasement monte aux siècles des siècles. "

4 Et les vingt-quatre vieillards et les quatre animaux se prosternèrent et adorèrent Dieu assissurletrône, en disant " Amen ! Alléluia ! "

5 Et il sortit du trône une voix qui disait : "Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, et vous qui le craignez, petits et grands ! "

8. Triomphe du Christ

Les noces de l’Agneau

6 Et j’entendis comme la voix d’une foule immense, comme le bruit des grandes eaux, comme le fracas de puissants tonnerres, disant : "Alléluia ! car il règne, le Seigneur notre Dieu, le Tout-Puissant !

7 Réjouissons-nous, tressaillons d’allégresse et rendons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée,

8 et il lui a été donné de se vêtir de lin fin, éclatant et pur. " - Ce fin lin, ce sont les vertus des saints.

9 Et l’ange me dit : " Ecris : Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau ! " Et il ajouta : " Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. "

10 Je tombai alors à ses pieds pour l’adorer ; mais il me dit : "Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu." Car le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie.

Le Christ armé pour le combat

11 Puis je vis le ciel ouvert, et il parut un cheval blanc ; celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable ; il juge et combat avec justice.

12 Ses yeux étaient comme une flamme ardente ; Il avait sur la tête plusieurs diadèmes, et portait un nom écrit que nul ne connait que lui-même ;

13 il était revêtu d’un vêtement teint de sang : son nom est le Verbe de Dieu.

14 Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vétues de fin lin, blanc et pur.

15 De sa bouche sortait un glaive affilé [à deux tranchants], pour en frapper les nations ; c’est lui qui les gouvernera avec un sceptre de fer, et c’est lui qui foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant.

16 Sur son vêtement et sur sa cuisse, il portait écrit ce nom : Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Victoire sur la Bête et sur le Faux prophête

17 Et je vis un ange debout dans le soleil ; et il cria d’une voix forte à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel : " Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu,

18 pour manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des soldats vaillants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands. "

19 Et je vis la bête et les rois de la terre avec leurs armées, rassemblés pour faire la guerre à Celui ont était monté sur le cheval et à son année.

20 Et la bête fut prise, et avec elle le faux-prophète qui, par les prodiges faits devant elle, avait séduit ceux qui avaient la marque de la bête et ceux qui adoraient son image. Tous les deux furent jetés vivants dans l’étang de feu où brûle le soufre ;

21 le reste fut tué par le glaive qui sortait de la bouche de Celui qui était monté sur le cheval ; et tous les oiseaux se rassasièrent de leurs chairs.

Satan enchaîné. Le règne de mille ans

20 1 Et je vis descendre du ciel un ange qui tenait dans sa main la clef de l’abîme et une grande chaîne ;

2 il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il l’enchaîna pour mille ans.

3 et il le jeta dans l’abîme, qu’il ferma à clef et scella sur lui, afin qu’il ne séduisit plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent écoulés. Après cela, il doit être délié pour un peu de temps.

4 Puis je vis, des trônes, où s’assirent des personnes à qui le pouvoir de juger fut donné, et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et ceux qui n’avaient point adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu sa marque sur leur front et sur leur main. Ils eurent la vie, et régnerent avec le Christ pendant [les] mille ans.

5 Mais les autres morts n’eurent point la vie, jusqu’à ce que les mille ans fussent écoulés. - C’est la première résurrection ! -

6 Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection ! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux ; ils seront prêtres de Dieu et du Christ. et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Satan relâché et définitivement vaincu

7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. et il en sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre extrémités de la terre, Gog et Magog afin de les rassembler pour le combat : leur nombre est connue le sable de la mer.

8 Elles montèrent sur la surface de la terre, et elles cernèrent le camp des saints et la ville bien-aimée ;

9 mais Dieu fit tomber un feu du ciel qui les dévora. Et le diable, leur séducteur, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète,

10 et ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles.

Le jugement dernier

11 Puis je vis un grand trône éclatant de lumière et Celui qui était assis dessus ; devant sa face la terre et le ciel s’enfuirent et il ne fut plus trouvé de place pour eux.

12 Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts ; on ouvrit encore un autre livre, qui est le livre de la vie ; et les morts furent jugés, d’après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs oeuvres.

13 La mer rendit ses morts ; la Mort et l’Enfer rendirent les leurs ; et ils furent jugés chacun selon ses oeuvres.

14 Puis la Mort et l’Enfer furent jetés dans l’étang de feu : - c’est la seconde mort, l’étang de feu.

15 Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de la vie fut jeté dans l’étang de feu.

Le monde nouveau et la Jérusalem nouvelle

21 1 Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu,

2 et il n’y avait plus de mer. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, une Jérusalem nouvelle, vêtue comme une nouvelle mariée parée pour son époux.

3 Et j’entendis une voix forte qui disait : " Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes : il habitera avec eux, et ils seront son peuple ; et lui-même il sera le Dieu avec eux, il sera leur Dieu.

4 Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. "

5 Et Celui qui était assis sur le trône, dit :"Voici que je fais toutes choses nouvelles. " Et il ajouta : " Ecris, car ces paroles sont sûres et véritables. "

6 Puis il me dit : " C’est fait ! Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source de l’eau de la vie.

7 Celui qui vaincra possédera ces choses ; je serai son Dieu et il sera mon fils.

8 Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables les meurtriers, les impudiques, les magiciens, les idolâtres et tous les menteurs, leur part est dans l’étang ardent de feu et de soufre : c’est la seconde mort. "

9 Alors l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept dernières plaies, vint me parler et me dit : " Viens, je te montrerai la nouvelle mariée, l’Epouse de l’Agneau. "

10 Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu,

11 brillante de la gloire de Dieu, et l’astre qui l’éclaire est semblable à une pierre très précieuse, à une pierre de jaspe transparente comme le cristal.

12 Elle a une grande et haute muraille, avec douze portes ; à ces portes sont douze anges, et des noms inscrits, ceux des douze tribus des fils d’Israël.

13 II y a trois portes à l’orient, trois portes au nord, trois portes au midi et trois portes à l’occident.

14 La muraille de la ville a douze pierres fondamentales sur lesquelles sont douze noms, ceux des douze apôtres de l’Agneau.

15 Et celui qui me parlait tenait une mesure, un roseau d’or, pour mesurer la ville, ses portes et sa muraille.

16 La ville est quadrangulaire, et sa longueur est égale à sa largeur. Il mesura la ville avec son roseau, jusqu’à douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur en sont égales.

17 Il en mesura aussi la muraille, de cent quarante-quatre coudées, mesure d’homme, qui est aussi mesure d’ange.

18 La muraille de la ville est construite en jaspe, et la ville est d’un or pur, semblable à un pur cristal.

19 Les pierres fondamentales du mur de la ville sont ornées de toutes sortes de pierres précieuses ; la première base est du jaspe ; la deuxième, du saphir, la troisième, de la calcédoine ; la quatrième, de l’émeraude ;

20 la cinquième, du sardonyx ; la sixième, de la sardoine ; la septième, de la chrysolithe ; la huitième, du béryl ; la neuvième, de la topaze ; la dixième, de la chrysoprase ; la onzième, de l’hyacinthe ;

21 la douzième, de l’améthyste. Les douze portes sont douze perles ; chaque porte est d’une seule perle ; la rue de la ville est d’un or pur, comme du verre transparent.

22 Je n’y vis point de temple, car le Seigneur Dieu tout-puissant en est le temple, ainsi que l’Agneau.

23 La ville n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine, et l’Agneau est son flambeau.

24 Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur magnificence.

25 Ses portes ne seront point fermées chaque jour, car il n’y aura point de nuit.

26 On y apportera ce que les nations ont de plus magnifique et de plus précieux ;

27 et Il n’y entrera rien de souillé, aucun artisan d’abomination et de mensonge, mais ceux-là seulement qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau.

Félicité des élus

22 1 Puis il me montra un fleuve d’eau de la vie, clair comme du cristal, jaillissant du trône de Dieu et de l’Agneau, au milieu de la rue de la ville ;

2 et de part et d’autre du fleuve, des arbres de vie qui donnent douze fois leurs fruits, les rendant une fois par mois, et dont les feuilles servent à la guérison des nations.

3 Il n’y aura plus aucun anathème ; le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront,

4 et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts.

5 Il n’y aura plus de nuit, et ils n’auront besoin ni de la lumière de la lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; et ils régneront aux siècles des siècles.

Conclusion et épilogue

Attestation de l’ange

6 Et l’ange me dit : "Ces paroles sont certaines et véritables ; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt.

7 - Voici que je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre ! "

8-9 C’est moi, Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Et après les avoir entendues et vues, je tombai aux pieds de l’ange qui me les montrait pour l’adorer. Mais il me dit : " Garde-toi de le faire ! Je suis serviteur au même titre que toi, que tes frères, les prophètes, et que ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu. "

Proximité de la rétribution

10 Et il me dit : " Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre ; car le moment est proche.

11 Que celui qui est injuste fasse encore le mal ; que l’impur se souille encore ; que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore.

12 Et voici que je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon son oeuvre.

13 Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.

14 Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de la vie, et afin d’entrer dans la ville par les portes !

15 Dehors les chiens, les magiciens, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime le mensonge et s’y adonne !

Attestation de Jésus

16 C’est moi, Jésus, qui ai envoyé mon ange vous attester ces choses, pour les Eglises. C’est moi qui suis le rejeton et le fils de David, l’étoile brillante du matin. "

17 Et l’Esprit et l’Epouse disent : " Venez ! " Que celui qui entend dise aussi Venez ! Que celui qui a soif, vienne ! Que celui qui le désire, prenne de l’eau de la vie gratuitement !

18 Je déclare aussi à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre que, si quelqu’un y ajoute, Dieu le frappera des fléaux décrits dam ce livre ;

19 et que, si quelqu’un retranche des paroles de ce livre prophétique, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, qui sont décrits dans ce livre.

20 Celui qui atteste ces choses, dit : " Oui, je viens bientôt. " Amen ! Venez, Seigneur Jésus !

Salutation

21 Que la grâce du Seigneur Jésus [Christ] soit avec [vous] tous ! [Amen !]


L’Apocalypse de saint Jean dans la pensée spirituelle médiévale et dans l’Art Roman

On l’a souvent signalé, pour comprendre l’Apocalypse il faut toujours garder à l’esprit qu’il s’agit, stricto sensu, d’une Révélation et non d’une divination. Pourtant, on doit affiner cette définition, car le mot français Apocalypse est un simple décalque du mot grec apokalupsis, qui n’était pas utilisé en grec naturel. C’est du grec de traduction. Le substantif apokalupsis, est formé à partir du verbe grec Apokaluptô, dévoiler, révéler, notamment lorsqu’il est utilisé par Platon, Hérodote, et Aristote. Pour les chrétiens en général, le livre de l’Apocalypse rapporte ce qui a été donné d’entendre et de voir à l’apôtre Jean, le disciple particulièrement aimé du Christ, celui qui en était le confident et qui fut chargé de recueillir sa sainte mère lorsqu’il disparut.

Rappelons que dans la réalité Jean, ou plus justement Iohannan, était un prêtre de Jérusalem, qui fut Grand Prêtre (kohen gadôl) pendant les années 37/39, et qui aurait annoncé dès les années 55 la prochaine destruction de Jérusalem. Elle eut effectivement lieu en 70. La Révélation de Jean fut composé dans un langage codé car la communauté juive et chrétienne vivait alors dans la terreur de la persécution des gouverneurs romains et des prêtres du Grand Temple qui étaient leurs alliés. La presque totalité des images qu’il utilise se réfèrent aux textes prophétiques d’Ezéchiel, Amos et Daniel, au rouleau d’Esther et au Cantique des Cantiques, alors très connus de la communauté biblique de cette époque. Rappelons qu’aujourd’hui ces livres sacrés sont contenus dans ce que nous nommons globalement l’Ancien Testament. En son temps, Jean annonçait un événement très localisé et concernant un nombre limité d’êtres humains répartis autour de la méditerranée, mais surtout en Grèce, d’où l’emploi parfois fautif ou maladroit de cette langue. Malgré cela, le génie prophétique, et aussi, pour une bonne part, poétique, de Jean, réside dans le fait que non seulement ce qu’il décrivait en 50 se réalisa exactement vingt ans plus tard, mais encore que par delà les siècles c’est aussi le terme de toutes les civilisations, peut-être de tous les individus qui est ainsi illustré dans cette grande fresque voilée par des images que nous ne comprenons plus et qui n’appartiennent plus à notre temps.

A l’image de son prédécesseur et maître spirituel Daniel, qui faisait a-t-on dit l’histoire de l’histoire, Jean révèle en un seul texte la fin de tous les mondes, passés, présents et à venir, le terme de tous les cycles de vie et de conscience, aussi bien ceux des individus que ceux des royaumes et des empires, des religions et de toutes les sociétés humaines. C’est ce qui lui assurera l’immortalité.

Nous verrons plus loin que c’est bien ce que, consciemment ou intuitivement, les imagiers et les chrétiens du Moyen Age ont retenu.

L’apôtre Jean serait mort assassiné en 55 à Jérusalem après quoi son corps aurait été transporté à Éphèse où on l’enterra. C’est à peu près tout ce que l’on connaît de cet homme qui, quelle que soit la manière dont on l’aborde, fut un être exemplaire, dans sa vie et dans son œuvre. Pour la compréhension de son texte, rappelons ces mots prononcés par Denys, évêque d’Alexandrie, à la fin du IIIème siècle. Il assurait que "ceux qui vivaient avant lui avaient rejeté l’Apocalypse parce qu’ils estimaient que ce livre est incompréhensible, qu’il n’est pas une révélation et qu’il est recouvert d’un voile épais qui en rend le contenu inintelligible."

Sur le plan purement figuratif, on imagine la gymnastique intellectuelle ou la naïveté qu’il fallait pour illustrer un texte reflétant ces révélations parfaitement étrangères à la culture de l’ouest de l’Europe. Pourtant, pour chacun, Jean et l’Apocalypse, souvent accompagnés de l’archange saint Michel, montraient la porte de l’espoir mieux que les onze autres apôtres, tous morts dans d’affreux supplices.

Le concept de bonne ou de mauvaise mort, de juste et de méchant, était partout présent au Moyen Age, et il influença grandement les imagiers et les enlumineurs.

On doit se rappeler que l’Apocalypse étant un texte parfaitement symbolique et ésotérique, les ciseaux des sculpteurs avaient autant de difficultés à traduire dans la pierre ce qu’il annonçait, qu’en avaient les prêtres pour en dévoiler les significations aux fidèles. C’est la raison pour laquelle il n’est resté marqué dans les chapiteaux et les tympans que les images et symboles les plus compréhensibles, et ceux qui pouvaient frapper les esprits d’un public qui n’avait accès ni par la lecture ni par la culture aux écrits hermétiques. On ne doit cependant pas regarder cela comme un procédé démagogique, à la manière où le conçoivent les médias modernes. Ce n’était pas pour ratisser large et gagner des parts d’audimat que l’on pratiquait ainsi. Au contraire, ce procédé permettait aux plus nombreux d’intégrer une partie du message spirituel contenu dans les textes sacrés, et tentait d’élever les esprits vers la spiritualité. Cela n’allait pas de soi, même dans la société chrétienne du Moyen Age.

Au-delà du message spirituel, l’Apocalypse nous entraîne dans un domaine absolument imaginaire dans lequel les animaux fabuleux semblent détenir les clés du destin des hommes, où une bête monstrueuse personnifie le mal tandis qu’un agneau immaculé illumine le monde. C’est un univers, où la connaissance est personnifiée par des vieillards, et où les jalons du chemin initiatique sont balisés par différents sceaux qui sont autant de morts rituelles, de degrés de connaissance et de déflagrations, vécues sur le plan mondial ou intime. Bien que cela ne soit pas d’usage, on peut appeler cela une fantasmagorie illustrant un jeu d’énergie, comme le montrent les cartes de l’ancien Tarot de Marseille. C’est la raison pour laquelle, on peut analogiquement vivre les différentes phases de l’Apocalypse sur le plan individuel tout en les reconnaissant dans les événements collectifs, et dans la société à laquelle on participe. C’est le principe fondamental de tout processus symbolique et prophétique.

Curieusement, et sans sous-estimer l’art et la bonne foi des concepteurs et des artistes du Moyen Age, il est resté de l’Apocalypse dans l’art roman, ce qu’il reste d’un chef-d’œuvre littéraire lorsque les scénaristes s’en emparent pour le transformer en film. Ce qui était de plus universel ou de plus spectaculaire. On ajoutera que demeurent cependant, peut-être même avant toute chose, ce qui préoccupe le plus le commun des mortels, le mystère de la naissance, le pourquoi des différences de destin, le sort réservé aux justes et aux méchants, c’est-à-dire les mystères de la vie et les frayeurs de l’inexorable départ vers l’Autre Monde.

Au-delà des analyses purement religieuses et mystiques, il apparaît que l’Apocalypse est un vade-mecum permettant de se préparer à un irrémédiable bouleversement. En ce sens, cette préparation tient de l’enseignement initiatique et contribue, du vivant des êtres, à leur perfectionnement spirituel. C’est d’ailleurs souvent en ce sens que le Jugement Dernier et la Parousie sont compris de nos jours.

Après ce qui a été dit de l’origine du texte et des motivations principales de l’auteur on peut se demander par quel miracle il est devenu si populaire, pourquoi a-t-il tellement suscité d’intérêt, d’interrogation et d’angoisse ? Curieusement, mais les mythologues ne seront pas étonnés par cette analyse, c’est dans la Légende Dorée de saint Jean, écrite par Jacques de Voragine, bien plus que dans sa mission apostolique, que l’on peut trouver les éléments rendant l’Apocalypse intelligible.

Le premier événement de la Légende Dorée de saint Jean concerne ses démêlés avec l’empereur Domitien qui le fit jeter dans un chaudron d’huile bouillante parce qu’il était furieux de l’influence de l’apôtre sur la population. Jean en sortit naturellement indemne parce qu’il avait, assure Jacques de Voragine, vécu affranchi de la corruption. C’est aussi l’un des points clés de l’Apocalypse, que l’on pourrait aussi appeler l’art de se libérer du monde de la matière, selon les principes spirituels du Bardo Thödol tibétain.

On notera qu’en raison du miracle de l’huile bouillante, le Moyen Age fit de saint Jean le saint patron des fabricants de chandelles. Cela peut faire sourire. Pourtant, au-delà de l’humour populaire, le patronage des chandelles conserve le symbolisme lumineux et le rôle prophétique de l’apôtre. Ajoutons qu’être patron des chandelles était alors un grand honneur car au Moyen Age, et depuis l’antiquité, on plaçait la nuit des bougies dans les dortoirs des moines pour affirmer la permanence de la lumière et au-delà la présence du Christ dans la nuit, mais aussi, par analogie, dans la mort et dans l’Autre Monde. Avec la Légende Dorée de saint Jean, on ne s’éloigne donc pas de l’esprit de l’Apocalypse. Au contraire, on prépare sa compréhension.

Sitôt en mission, Jean ressuscita une certaine Druisiane puis un jeune homme qui, à peine revenu à la vie, raconta qu’il avait contemplé la gloire du paradis et les peines de l’enfer, autre préfiguration des phases dramatiques de l’Apocalypse. Après ces actions spectaculaires, saint Jean demanda au pontife Aristodème ce qui pourrait faire cesser sa haine contre les chrétiens et Aristodème exigea que l’apôtre boive un poison mortel afin de voir un miracle. Sans hésiter, Jean prit la coupe, fit un signe de croix, ingurgita le poison sans en être incommodé et rendit à la vie deux prisonniers qui en étaient morts quelques minutes plus tôt. Aristodème et sa famille crurent dans ce qu’annonçait Jean et il les baptisa, puis ils élevèrent une église en son honneur ce qui est peut-être le véritable miracle de cette légende.

Dans les représentations sculptées de saint Jean, on peut remarquer qu’il tient presque toujours un calice surmonté d’un serpent ou d’une vouivre en mémoire de cet épisode miraculeux. Averti par le Seigneur que son départ était proche et qu’il l’attendait, Jean entra un dimanche, dès le chant des oiseaux, dans l’église édifiée par Aristodème. Il fit creuser une fosse carrée puis il s’y coucha paisiblement et une nuée lumineuse emplit la fosse. Lorsqu’elle se dissipa les témoins virent que la fosse était vide.

Ainsi, se justifient les différents épisodes décrits dans l’Apocalypse, car la légende préfigure parfaitement le grand passage qu’est la fin du monde, individuelle ou collective, avec ses épreuves, ses nécessaires purifications, les violences qui accompagnent la mort, puis le Jugement amenant, si l’on est juste, la transformation lumineuse. Après le Christ et son enseignement, saint Jean est le premier homme mettant en œuvre les exhortations évangéliques, prouvant qu’elles sont réalisables. Ce sont ces thèmes et ces personnages que l’on trouve le plus fréquemment dans l’imagerie médiévale.

En tout premier lieu, ce qui semble avoir le plus inspiré les artistes, c’est donc l’idée philosophique et religieuse que tout le bien et tout le mal sont comptabilisés et pesés par des entités qui un jour prochain interviendront pour rétablir un équilibre compromis par la méchanceté personnifiée par le diable. D’autre part, comme le Jugement Dernier touchera en priorité ceux qui sont déjà partis, on observe que c’est généralement au tympan des églises que sont sculptées les scènes du Jugement Dernier et de la fin du monde car c’est le lieu que touche le soleil à son déclin en fin de journée. C’est ainsi que l’ouest, appelé aussi couchant, le lieu de toute mort mais aussi de toute connaissance, répond au levant, à l’est, lieu de toute naissance et initiation. C’est la raison pour laquelle les églises étaient orientées selon cet axe, chœur à l’est et portail à l’ouest. De même, attendant la parousie libératrice, les gisants sculptés, comme les défunts ensevelis étaient toujours tournés de manière à regarder vers l’est, dans la direction où apparaîtra, comme un nouveau soleil, le Christ victorieux de la mort. Pour ce qui nous occupe, le bien absolu est figuré par Dieu, visible au-dessus d’une nuée ardente, et par le Christ en gloire siégeant sur un trône ou dans une mandorle, entouré des quatre évangélistes, de saint Michel, de séraphins, de vieillards et de bêtes plus ou moins féroces, selon l’imagination des imagiers, l’époque et le lieu où ils ont travaillé. Cependant, tous ces éléments, qui participent soit de la Légende Dorée soit de l’Apocalypse, se trouvent rarement rassemblés, sauf dans la tapisserie d’Angers et quelques cathédrales édifiées entre le onzième et le quatorzième siècle. Ailleurs, ils sont reconnaissables séparément dans la plupart des églises d’Europe.

Ensuite, sont représentées les différentes phases des événements qui annonceront le terme tant attendu de toutes les bonnes âmes. Car la fin du monde, si elle est terrifiante pour l’humanité entière, est toujours porteuse de libération et de résurrection pour ceux qui ont vécu saintement ou souffert injustement. Leur destin est encore plus beau s’ils sont morts pour leur foi ou pour sauver d’autres humains. Tous ceux-là ne craignent ni la fin du monde ni le Jugement Dernier. Chacun espère être reconnu juste dans ces moments préludant à la justice et à la paix.

Pratiquement toutes les œuvres médiévales se référant à l’Apocalypse sont structurées et justifiées par ces idées forces qui s’enrichissent ensuite de détails propres à la vie, au lieu, à la culture voire à l’imaginaire de telle ou telle culture. Ainsi, dans les sculptures comme dans les enluminures des livres d’heures, des missels, des bréviaires et des antiphonaires des moines, c’est non seulement la révélation de saint Jean que l’on découvre, mais aussi le cœur de toute une civilisation aux mythologies encore profondément vivaces.

C’est ce que souligne Emile Male dans son Art Religieux du Moyen Age lorsqu’il montre comment les imagiers du quatorzième siècle représentaient différemment de ceux du treizième les grandes scènes bibliques, simplement parce qu’ils se conformaient aux dispositifs scéniques qu’utilisait alors le théâtre religieux. C’est ainsi que la Vierge Marie et saint Jean, à l’origine agenouillés dans une attitude d’imploration, cessèrent de l’être lorsque ces stations prolongées devinrent trop pénibles aux acteurs. Une représentation durait parfois quatre heures. Ils se tenaient simplement debout dans une attitude recueillie. De même, par souci de simplification, les défunts ne sortaient plus sur scène d’un sépulcre dont ils soulevaient la pierre mais quittaient simplement le sol dans lequel ils étaient ensevelis. C’est ce que montrent la plupart des bas-reliefs du quatorzième siècle. Cette manière de procéder illustre comment imaginaire et représentation physique s’interpénètrent et créent des modèles qui à leur tour interviendront sur les significations symboliques et spirituelles.

C’est assez dire combien la compréhension des mystères comme ceux du Jugement Dernier et de l’Apocalypse est dépendante du siècle et de ses mœurs, de ses angoisses comme de ses espérances. Elle incite aussi à la prudence lorsque l’on tente de découvrir les motivations des artistes et les significations que les fidèles attachaient à ces illustrations.

Un exemple en est donné en Bretagne pour ce qui regarde l’Enfer et le Jugement Dernier. En effet, on rencontre fréquemment dans cette région des inscriptions gravées sur les tombeaux médiévaux faisant allusions aux glaces de l’enfer auxquelles les justes échapperont, à la manière dont les Nordiques imaginaient l’Autre Monde gouverné par la déesse Hel, reine de l’obscur et froid royaume de Niflheim. Rappelons que le Crépuscule des Puissances, la fin du monde Nordique, est une lutte entre les dieux Ases et les géants. Seul, le feu est vainqueur de cette guerre qui détruit tout ce qui existe, et dont Baldr, le dieu aux yeux de soleil, est l’unique survivant. Pourtant,comme dans l’Apocalypse, quelques justes seront préservés et recommenceront le monde à Gimlé, la cité de paix qui leur est réservée.

Au XIV° siècle, les sculpteurs et les illustrateurs utilisèrent plusieurs manuscrits pour figurer l’Apocalypse ou les principales scènes de celui-ci. Une des plus belles œuvres d’art qu’ait inspiré cette révélation au Moyen Age est sans contredit la célèbre série de tapisseries d’Angers qui fut commencée en 1375 par ordre de Louis 1er d’Anjou. Pour en dessiner les motifs, Hennequin de Bruges fit demander au roi de France un manuscrit historié de l’Apocalypse afin de l’utiliser comme modèle. Pourtant, ce n’est sans doute pas le manuscrit anglo-normand de Charles V dont se servit Hennequin de Bruges, mais plutôt un manuscrit dérivé de celui-ci et appelé manuscrit de Cambrai. De là proviennent les différences que l’on remarque entre les représentations plus répandues basées sur le manuscrit anglo-normand et les scènes représentées dans la tapisserie d’Angers.

A tout cela s’ajoute encore la sensibilité particulière que les religieux du Moyen Age avaient pour décrypter les symboles de l’Apocalypse. C’est ainsi que Anselme de Laon, au onzième siècle, traduisait la phrase "Il y avait devant le trône comme une mer semblable à du cristal." (chp.4, v.6) par : "La mer de verre qui ressemble au cristal est le baptême. Car, de même que le cristal est de l’eau durcie, de même le baptême transforme les hommes flottants et sans consistance en chrétiens résistants et solides." C’est la raison pour laquelle le Christ vainqueur est parfois montré tenant une épée ou le livre aux sept sceaux tandis que devant lui, au bord de la mer, l’apôtre Pierre baptise la foule.

L’importance de l’Apocalypse se justifiait aussi dans la pensée médiévale par l’idée de fin du monde qui marquait encore profondément les esprits, malgré les désillusions de l’an Mil qui n’avait pas tenu ses promesses ou plus exactement celles annoncées par les prédicateurs et prophètes itinérants qui affolaient les populations. De nouvelles prophéties circulaient, écrites notamment par l’abbé Joachim et sainte Hildegarde, qui à nouveau annonçaient l’imminence de la fin du monde et du Jugement Dernier. Joachim assurait son arrivée pour l’année 1180 et Hildegarde pour le début de l’année 1200. Cette idée perdura aux siècles suivants. En réalité, il y eut toujours des interprètes pour jouer avec ce type de prophéties applicables à presque toutes les époques.

Pourtant, le fait le plus profond que marquait l’Apocalypse était l’attente du retour du Christ, l’espérance en un véritable matin lumineux, car la civilisation chrétienne européenne du temps était dans une phase clé de son histoire. Les institutions monastiques étaient aux mains de parvenus ou d’affairistes de cour, les épidémies et disettes ravageaient les villes et les campagnes, les mœurs étaient corrompues, l’injustice régnait partout, bref cela montrait la désintégration de la société et l’urgence de son renouvellement. Cela laissait aussi beaucoup de place à l’angoisse qui s’installait partout car on savait que ce nouveau cycle de vie n’amènerait pas que le retour du Seigneur et le sauvetage des justes. Il apporterait aussi la punition de toutes les mauvaises actions, c’est pourquoi bons chrétiens et moins bons redoutaient les événements qui devaient survenir.

Pourtant, même dans les scènes terrifiantes du Jugement Dernier, l’espoir était toujours présent en la personne de l’archange saint-Michel représenté comme un défenseur des pauvres âmes malmenées par le Tentateur. Pas encore revêtu d’une armure, Saint-Michel était souvent le personnage le plus actif des scènes du Jugement Dernier pendant lequel, debout et sûr de lui, il empêchait le diable d’alourdir le plateau de la balance où se tenaient apeurées les âmes des mortels. Bien que l’on puisse y trouver un rappel d’anciennes croyances, ce personnage hautement symbolique n’allait pas à l’encontre des révélations de l’Apocalypse de saint Jean car la lumière salvatrice qu’il manifestait était parfaitement à sa place dans ses scènes fantastiques.

Dans l’ancienne Egypte, la pesée des âmes (la psychostasie) et le jugement des défunts étaient l’apanage de la déesse Mâat, divinité de la Vérité, de la droiture et de la justice. C’est un tel fonctionnement que manifestait dans le monde chrétien médiéval l’archange Saint-Michel, à la fois bras de justice et principe lumineux.

Ces scènes n’étaient pas seulement des réminiscences. Les imagiers s’inspiraient des commentaires qui faisaient partout référence, notamment ceux de maîtres spirituels tels que saint Augustin qui avait décrit la pesée des âmes et expliqué que : "Les bonnes et mauvaises âmes seront suspendues comme dans une balance et si les mauvaises l’emportent, elles seront entraînées en Enfer..." à quoi Saint Chrysostome ajoutait que "pour les âmes, la balance entraînera la suprême sentence".

Avec l’Apocalypse comme avec d’autres fresques bibliques, Création, Tentation, et Déluge, interprétations poétiques, profanes, religieuses et théâtrales ne sont jamais indépendantes ce qui a donné à ces textes et messages spirituels une pérennité qu’ils n’auraient peut-être jamais eue s’ils étaient restés cantonnés dans les cercles ecclésiastiques, prophétiques ou gnostiques.

De nos jours, ils illustrent encore aussi bien l’angoisse que l’espoir, les catastrophes naturelles que les accidents déclenchés par l’homme. Ce fut notamment le cas pour l’explosion de Tchernobyl, dont le nom signifie Absinthe, qui fut un peu vite assimilée à la chute de l’étoile Absinthe annoncée par le troisième ange sonnant de la trompette au chapitre 8 verset 11 de l’Apocalypse. Bien que le rapprochement soit aisé et troublant, on remarquera cependant que saint Jean décrit une étoile ardente, peut-être une météorite, qui tombe sur la terre et empoisonne le tiers de ses eaux, et non une explosion d’une construction humaine. Cela conforte l’idée que l’interprétation d’un texte tel que l’Apocalypse est toujours conditionnée par les cultures et angoisses d’une époque particulière, ou transcendée par la culture et l’expérience, la conscience spirituelle des individus ou des groupes.



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2 Messages de forum

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    L’apocalypse de Saint Jean et son interprétation contemporaine dans le livre de vie de l’Agneau

    12 septembre 2007 11:37, par yan

    Bonjour, tout d’abord félicitation pour la qualité de scientox, votre contenu est superbement étoffé et trés informatif. Je vous laisse ce petit message car je suis étonné (peut être suis je en erreur) de ne pas voir un mot d’écrit sur le livre de vie parue il y a peu.

    Le livre de vie de l’Agneau écrit par le fils de l’homme détaille les écrits de la Bible en passant par la création de la matière, la genèse jusqu’à l’apocalypse. Ce livre totalement incroyable est actuellement en train d’être traduit en plusieurs langues. Il s’annonce comme la nouvelle bible et nous informe du 7ieme jour, le futur monde qui va venir après les temps messianiques dans lesquels nous vivons actuellement.

    Donc si vous ne connaissez pas cet ouvrage complétement halucinant, je vous invite à parcourir ses 460 pages et à vous faire votre avis, je serais curieux de voir un article sur scientox concernant cet ouvrage qui commence à faire grand bruit au quatre coin de la planète. (http://www.lelivredevie.com/)

    bien cordialement

    yan

    http://www.factsonlyagency.com

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