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(100 ans de mensonges)

[ L'après Roswell ] du Col. Philippe Corso Part.01/02

( traduction du livre "The day after" )

Publié le 21 mai 2006 - Modifié le dimanche 21 mai 2006 :: 4684 visites robots/humains. ( Popularité: 29)

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- Est ce que les gouvernements nous mentent ?
-* un ovni s’est écrasé à rosswell en 1947 ?
-* certaines techniques sont issues de cette récupération ?
-* les "puces" et microprocesseurs faisaient partie de cette récupération ? etc.etc
- La réponse est : OUI  ! ...Jusqu’à quand pourront ils maintenir ces mensonges ?

Le texte qui suit est une traduction du livre "The day after" du colonel Corso.

Qui est Philip Corso ?

philip Corso était un officier des Renseignements de l’Armée Américaine. Il a fait partie de l’équipe du Général Mac Arthur en Corée. Plus tard, il a travaillé comme Lieutenant Colonel au Bureau de Sécurité Nationale du Président Dwight. D. Eisenhower.

Pendant les 21 ans de sa carrière militaire, Corso a été décoré plus de 19 fois. Il est parti à la retraite en 1963 et s’est mis au service des Sénateurs James Eastland et Strom Thurmond comme membre d’une équipe spécialisée dans la sécurité Nationale.

Depuis, il a travaillé dans le secteur privé comme consultant. Il est apparu récemment dans une émission comme expert sur les vols de U2 au-dessus de la Russie pendant la Guerre Froide.

Introduction

En 1960 et pendant deux ans, le Lieutenant Colonel Philip Corso a mené une double vie. Il travaillait au Bureau des Technologies Étrangères au Pentagone, service de l’Armée des RD ( Recherche et Développement ). Son travail habituel consistait à enquêter sur les technologies des autres pays, comme par exemple l’hélicoptère développé par l’Armée Française pour les adapter à leurs propres technologies afin de préserver des vies militaires sur le terrain.

Corso lisait des rapports techniques et rencontrait des Ingénieurs de l’Armée afin de budgéter les projets à venir. Il envoyait des rapports à son patron, le Lieutenant Général Arthur Trudeau, chef de la section des RD de l’Armée Américaine. Celui-ci avait la responsabilité de 3000 personnes travaillant sur différents projets plus ou moins avancés.

En apparence, pour les Membres du Congrès qui surveillent le Budget et la finalité de ses dépenses, tout n’est que routine.

Une partie du travail de Corso était celle d’un officier de renseignement et de conseiller pour le Général Trudeau. C’était un travail qu’il connaissait bien pour l’avoir pratiqué pendant la Guerre de Corée. Au Pentagone, il travaillait sur les sujets les plus secrets, il avait accès à tous les documents classifiés et en faisait part au Général Trudeau.

Comme officier de renseignement, il savait que les plus grandes institutions Gouvernementales étaient infiltrées par le KGB et que cette "police étrangère" était directement dirigée par le Kremlin.

Mais en plus de toutes ces tâches, Corso eût la responsabilité du secret le mieux gardé : les Dossiers sur Roswell qui traitent de la récupération de l’épave et des bris d’une soucoupe volante qui s’est crashée à Roswell au Nouveau Mexique, ainsi que de toute la collecte d’informations par l’équipe du 509ème Groupe à Roswell.

Le dossier Roswell constitue tout l’héritage de ce qui s’est passé dans les heures et les jours qui suivirent le crash ainsi que toute la censure (cover-up) mise en place ensuite par le Gouvernement.

Corso n’était pas à Roswell en 1947 et n’en avait même pas entendu parler, à ce moment-là, tellement c’était secret, même au sein de l’Armée !

Les Militaires pensèrent, au début, que l’appareil était une arme secrète Soviétique parce qu’elle avait une certaine ressemblance avec la forme des ailes volantes Horton. Et si les Soviétiques avaient développé leur propre version de cet appareil ?

Les différentes versions de l’histoire de Roswell varient dans les détails. Comme Corso n’était pas là-bas, il a pris connaissance de ces différentes versions de la part de campeurs, d’archéologues ou du fermier Mac Brazel qui trouva l’épave.

Corso lut différents rapports militaires sur différents crashs à différents endroits à proximité de la zone militaire de Roswell, comme San-Augustin ou Corona ainsi que d’un site en ville.

Tous ces rapports étaient classifiés et donc Corso n’en fit aucune copie et ne conserva aucun de ces rapports après son départ de l’Armée.

Quelquefois, les dates du crash varient d’un rapport à l’autre, le 2, 3 ou 4 Juillet 1947.

En 1961, les informations top-secrètes sur Roswell arrivèrent en possession de Corso à son bureau des RD. Le Général Trudeau voulait que celui-ci incorpore la technologie de Roswell dans les développements d’armes en cours. Aujourd’hui, les lasers, les circuits intégrés, la fibre optique, le faisceau à particules accélérées et le Kevlar dans les gilets "pare-balles" en proviennent.

Dans les heures confuses qui suivirent la découverte de l’appareil à Roswell, l’Armée détermina qu’en l’absence de toute autre information, l’objet devait être extraterrestre. De fait, ce vaisseau et d’autres devaient surveiller les installations défensives Américaines. Ces ovnis avaient sans doute des intentions hostiles et pouvaient même avoir interféré dans le déroulement de la Deuxième Guerre Mondiale.

L’Armée estimait qu’à cause de ces événements et en raison des mutilations de bétails, ils constituaient des ennemis potentiels. Dans le même temps, les USA entraient en Guerre Froide avec les Soviétiques et le KGB infiltrait les Agences Américaines.

Les Militaires se trouvaient confrontés à deux lignes de fronts, une guerre contre les Communistes et une guerre contre les Extraterrestres qui pouvaient être un bien plus grand problème que les Communistes. Dès lors, l’Armée utilisa la technologie des Extraterrestres contre eux, en l’adaptant pour créer un système de défense spatial.

Croyez-le, si vous le voulez, voici l’histoire de ce qui s’est passé dans les jours qui ont suivi le crash de Roswell et comment un petit groupe d’Officiers des renseignements ont changé l’histoire de l’Homme.

2 - Le désert de Roswell

Corso eut connaissance de beaucoup de versions différentes de l’accident de Roswell. Beaucoup d’entre elles racontaient en substance ceci ; pendant toute la nuit du 1er Juillet, les radars du 509e Groupe de Roswell, pistèrent d’étranges signaux radar. Les radars étaient proches de White Sands, là où s’effectuaient les essais de lancement de V2 Allemands à la fin de la Guerre, on y effectuait également, dans la région, les essais nucléaires à Alamogordo. Ces bips apparaissaient à un endroit de l’écran et le traversaient à une vitesse incroyable pour disparaître ensuite. Puis ça recommençait. Aucun appareil de fabrication humaine ne pouvait se déplacer aussi vite et changer de direction si rapidement. Ou c’était un appareil ou c’était une anomalie des radars, due à de puissants éclairs d’orage. C’est pourquoi les opérateurs radars re-calibrèrent leurs appareils sans trouver de problèmes particuliers. Les observations furent confirmées par la base de White Sands.

Pendant toute la nuit et la nuit suivante, les Services de Renseignement de l’Armée restèrent en alerte de haut niveau parce que quelque chose d’étrange se passait à l’extérieur. Il fut présumé que ces appareils inconnus étaient hostiles et des éléments des Services de Renseignements furent envoyés à Roswell, au 509e Groupe, là où l’activité semblait se concentrer.

Les observations radars continuèrent la nuit suivante. Pendant ce temps, Dan Wilmot, propriétaire d’un magasin à Roswell, se tenait assis sur son perron, après dîner, pour regarder les éclairs, au loin. Peu après 22h00, les éclairs s’intensifièrent. Dan et sa femme regardaient le spectacle quand ils virent un objet ovale et lumineux passer au-dessus de leur maison et disparaître vers le Nord-Est. Ce même phénomène se produisit aussi au-dessus de Steve Robinson alors qu’il conduisait son camion de lait sur la route au Nord de la ville. Robinson vit un objet ovale lumineux passer à très grande vitesse. Les bips radars continuèrent à s’intensifier jusqu’à ce que cela devienne une violation aérienne continuelle. Dès lors, cela devenait plus sérieux. Il devenait évident aux Autorités de la base qu’ils étaient sous surveillance et pouvaient en déduire qu’il s’agissait d’activité hostile.

Les Officiers de la base pensaient que cela pouvait être des Russes espionnant la base nucléaire et son site de lancement de missiles. Mais maintenant, le service de contre-espionnage le plus secret - CIC, qui opérait en 1947, aussi bien dans le Civil que dans l’Armée envoya du personnel à l’extérieur de Roswell. Le Personnel du CIC arriva de Washington, et se mit en civil pour enquêter sur les activités de l’ennemi dans le secteur. Ces gens rejoignirent les Officiers de renseignement de la base, comme Jesse Marcel ou Steve Arnold.

Dans l’après-midi du 4 Juillet 1947, les opérateurs radars notèrent que les objets sur les écrans semblaient changer de forme. Ils émettaient des impulsions. Ils semblaient devenir plus lumineux et ensuite moins lumineux alors que d’énormes orages éclataient dans le désert.

Steve Arnold qui se trouvait dans la tour de contrôle, vit un objet sur l’écran disparaître quelques instants puis réapparaître et exploser dans une brillante fluorescence blanche et enfin disparaître pour de bon.

L’écran était vide, les bips avaient disparu. Les contrôleurs et les officiers du CIC pensèrent tous la même chose : UN « OBJET » DEVAIT S’ÊTRE ÉCRASÉ. Alors que l’opérateur radar passait l’information au Colonel Blanchard, l’équipe du CIC avait déjà mobilisé une équipe de récupération pour baliser et sécuriser la zone du crash.

Ils pensaient que c’était un appareil ennemi venu prendre des photos de la base. Ils voulaient tenir les civils à l’écart au cas ou une fuite radioactive du système de propulsion de l’appareil se produirait. En fait, personne ne connaissait le système de propulsion de cet appareil.

Blanchard donna l’ordre à l’équipe de récupération d’aller sur les lieux, le plus vite possible et d’emmener avec elle tout l’équipement nocturne possible ainsi que des camions et une grue.

Si c’était un crash, il voulait ranger l’épave dans un hangar avant que les civils ne mettent la main dessus et racontent tout aux Journaux.

Mais les Contrôleurs de la base n’étaient pas les seuls à avoir vu un appareil s’écraser dans le désert. Des fermiers, des familles qui campaient dans le désert et des habitants de la ville avaient vu un appareil exploser dans une lumière intense et tomber vers Corona.

George Wilcox, le Shériff de la ville, commença à recevoir des appels, après minuit, selon lesquels un avion s’était écrasé dans le désert. Wilcox appela les pompiers de Roswell dès qu’il eut connaissance de la localisation approximative du lieu de l’accident.

Trouver le site du crash ne fut pas bien long, un groupe de chasseurs d’antiquités Indiennes, campait dans le désert, au Nord de Roswell, et avait vu aussi la lumière pulsante et entendu un sifflement. Ces chasseurs avaient ressenti l’étrange secousse au moment du crash, à relativement faible distance. Avant d’inspecter l’étrange épave fumante, ils avaient appelé le Shériff Wilcox et lui avaient donné la position de l’accident. Wilcox envoya les pompiers à un point situé à 60 Kms au Nord-Ouest de Roswell.

Vers 04h30 du matin, un convoi de pompiers accompagné par des policiers prit la route de Pine Lodge dans le désert.

Ils ne savaient pas qu’une équipe de Militaires était aussi en route. L’équipe militaire arriva la première. Un Lieutenant, dans la jeep de tête, posta des sentinelles et des lampes tempêtes furent installées tout autour de la zone.

Là, Arnold eut sa première impression de l’épave. Ce n’était pas réellement une épave, en tout cas pas celle d’un avion qu’il ne connaisse. Dans l’obscurité, le vaisseau de couleur foncée, semblait intact et n’avait pas perdu d’éléments importants. La zone était pleine de petits débris mais le vaisseau lui-même ne semblait pas abîmé.

Les militaires installèrent des projecteurs reliés à un générateur autour du site pour compléter l’éclairage des lampes-tempête. Sous cette lumière, Arnold put voir que l’objet avait une forme d’aile delta. Il était en un seul morceau même si l’avant était profondément enfoncé dans le sol et que sa queue pointait en l’air. Avec toute cette lumière, le terrain ressemblait à un terrain de football avant une nocturne.

Pour Arnold, ça ressemblait plutôt à un atterrissage forcé parce que l’appareil était intact même s’il avait une fissure sur toute sa longueur et qu’il faisait un angle de 45° avec le sol. Il ressemblait plus à une aile volante qu’à une soucoupe volante. Il était petit et avait deux ailerons de queue qui pointaient vers le haut et vers le bas.

Dans l’ombre, Arnold vit des créatures, d’une taille de 1,2 mètre environ, étalés sur le sol. "Qui sont ces gens ?" entendit dire Arnold, alors que l’équipe médicale approchait, avec des brancards, près de la lacération, du vaisseau, à travers laquelle les corps avaient, apparemment été, éjectés.

Arnold regarda autour du périmètre de lumière et vit une autre créature immobile et une autre encore appuyée contre un petit monticule de sable. Il y avait cinq créatures à côté de la lacération dans l’appareil. Les techniciens constatèrent l’absence de radiations et les médecins accoururent vers les corps avec leurs brancards.

Arnold regarda à travers la déchirure du vaisseau et leva les yeux. De l’intérieur, c’est comme s’il faisait jour à l’extérieur. Pour être sûr, Arnold jeta un oeil à l’extérieur et il faisait trop sombre pour appeler cela l’aube, mais à travers l’appareil, Arnold pouvait voir de la lumière. Pas celle de l’aube ou celle des projecteurs, mais néanmoins de la lumière. Il n’avait jamais vu ça auparavant et il se demandait si cela pouvait être une arme, que les Russes avaient développée.

Le site du crash était un véritable chaos. Beaucoup de gens étaient présents ; il y avait des techniciens qui exécutaient des tâches spécifiques, des médecins, des opérateurs radio, des sentinelles, et bien d’autres. Tous étaient estomaqués. Ils n’avaient encore jamais vu rien de semblable auparavant.

"Hé ! il y en a un de vivant ! " entendit Arnold, et il se retourna pour voir une des petites créatures se démener sur le sol. Avec le reste des médecins, il courut vers elle et la regarda frémir et pousser un cri qui résonnait non pas dans l’air mais dans son cerveau. Il n’entendit rien avec ses oreilles mais ressentit comme une onde de folie alors que la créature se convulsait par terre en tournant la tête d’un côté à l’autre comme si elle étouffait.

C’est là qu’il entendit le cri d’une sentinelle, " Hé ! Toi !", il se retourna vers le côté opposé du site qui se trouvait dans l’obscurité." Halte ! " hurla la sentinelle à la petite créature qui essayait de grimper désespérément par-dessus la butte." Halte ! " hurla à nouveau la sentinelle tout en brandissant son arme. D’autres soldats coururent vers la colline alors que la créature glissait dans le sable et recommençait à grimper.

" Non ! ". Trop tard un des officiers avait tiré. Arnold ne put voir lequel avait tiré mais il était trop tard. Il y eut une salve de coup de feux provenant des soldats nerveux et la petite créature roula sur le sol, comme une poupée, sous l’impact des balles.

" Merde ! " cracha à nouveau l’officier, " Arnold, vous et vos hommes partez d’ici et allez arrêter les civils qui s’approchent du périmètre."

Il annonça qu’un petit convoi de véhicules approchait. Ensuite, il appela, de loin, " Médecins,par ici ! ".

Les médecins chargèrent la créature sur une civière et Arnold installa du personnel du CIC pour bloquer l’entrée du site. Il entendit l’officier ordonner aux médecins de charger les corps sur des civières puis de les mettre à l’arrière des camions GMC pour les emmener à la base immédiatement.

" Sergent ! ", dit-il, "je veux que vos hommes mettent tout ce qui peut être ramassé dans les camions et embarquez moi ce damné machin.", il indiquait l’objet en forme d’aile Delta, "avec la grue et emmenez-le. Je veux cet endroit reluisant de propreté. Rien ne s’est passé ici, vous comprenez ?". Et les soldats formèrent une ligne pour ramasser tous les débris du site.

Une équipe de M.P. fut envoyée au devant du convoi de civils qui approchait du site. Ils mirent baïonnettes aux canons, chargèrent leurs M1 et les maintinrent tendus, droit devant eux.

Dan Dwyer, un des pompiers du convoi, put voir un oasis de lumière dans l’obscurité. Son petit convoi roulait avec les gyrophares mais sans les sirènes. On lui avait dit que c’était un avion crashé.

Alors qu’il s’approchait de la zone lumineuse, qui ressemblait plus à un parc d’attractions qu’à un crash d’avion, il put voir les soldats en cercle autour de l’objet. En s’approchant encore, il put voir l’objet en forme d’aile Delta.

Trois ou quatre soldats chargeaient l’objet sur un camion et étaient occupés à le fixer avec chaînes et câbles.

Pour quelque chose, tombé du ciel, c’était plutôt indemne. Puis les soldats recouvrirent l’objet avec une bâche et il fut totalement camouflé. Un Capitaine de l’Armée s’approcha et derrière lui se tenait une ligne de soldats armés, baïonnettes au canon, avec des insignes M.P. aux bras.

" Vos gars peuvent repartir " dit le Capitaine à un officier de police de Roswell, " Nous avons sécurisé la zone".

"Et les blessés ?" demanda le policier." Pas de blessés, nous avons tout, sous contrôle. " répondit le Capitaine. Mais Dwyer put voir des petits corps sur les brancards chargés dans les camions. Deux d’entre eux se trouvaient dans des sacs à cadavres, mais un était attaché à son brancard. L’officier de police le vit aussi. Celui-là semblait vivant. "Et à propos d’eux ?" demanda t’il.

" Hé ! chargez tout ça !" dit le Capitaine aux hommes occupés à charger les brancards dans les camions. "Officier, vous n’avez rien vu ce soir ! ".

Dwyer, qui connaissait le personnel de Roswell, reconnut Jesse Marcel. Il vit aussi les débris à l’arrière des camions. Dwyer descendit de son camion et contourna la ligne de soldats dans la zone sombre. Il y avait tellement de remue-ménage que Dwyer se doutait que personne ne ferait attention à lui pendant qu’il jetait un oeil.

Il alla derrière un camion et regarda directement dans les yeux de la Créature attachée sur le brancard. Elle n’était pas plus grande qu’un enfant, pensa t’il, mais ce n’était pas un enfant. Une tête en forme de ballon et disproportionnée. Elle ne ressemblait pas à un humain bien qu’elle ait des caractéristiques humanoïdes. Ses yeux étaient larges, noirs et inclinés. Ses oreilles étaient juste des petites rainures sur les côtés de la tête. Sa bouche et son nez étaient très petits. La couleur de la créature était marron-gris et elle était complètement chauve.

Elle le regarda comme un animal pris au piège qui demande de l’aide. Elle ne produisait aucun son mais Dwyer comprit qu’elle savait qu’elle était en train de mourir.

Dwyer put voir les débris sur le sol qui provenaient de l’appareil. Il pouvait voir ces débris répandus dans le petit cratère et dans l’obscurité derrière les projecteurs. Des soldats marchaient à quatre pattes et ramassaient dans des sacs tout les débris. D’autres, devant eux, marchaient avec des détecteurs de métaux.

Il lui sembla qu’ils nettoyaient la zone. Dwyer ramassa un morceau métallique qui brillait dans le sable. Il le prit dans son poing et le roula en boule. Puis il le relâcha et le morceau reprit sa forme originale, sans aucuns plis. Il mit ce morceau dans sa poche pour le ramener à la caserne afin de le montrer à sa fille.

Un sergent M.P. s’approcha de lui et lui dit," Hé vous ! que faites vous ici ?". "Je fais partie de la compagnie des Pompiers" répondit-il le plus innocemment possible. "Hé bien vous mettez votre cul de civil dans votre camion et vous partez d’ici" ordonna t’il "Avez-vous prit quelque chose ?". " Pas moi, Sergent" dit Dwyer.

Alors le sergent l’agrippa et l’emmena jusqu’au Major qui donnait des ordres à côté du générateur alimentant les projecteurs. Il reconnut Jesse Marcel, un habitant de Roswell.

"J’ai attrapé ce pompier en train de flâner autour des débris, Major " dit le sergent.

Marcel reconnut Dwyer, bien qu’ils ne soient pas amis. Il lui jeta un regard tendu et lui dit "Vous devez partir d’ici et ne dire à personne ou vous étiez ni ce que vous avez vu". Dwyer hocha la tête. Marcel se tourna vers le sergent et dit, "Sergent, conduisez le jusqu’à son camion et faites le partir."

Dwyer remonta dans son camion et dit au chauffeur de revenir à la caserne."Vous avez l’ordre de quitter cet endroit" dit le sergent "tout de suite !".

Le camion transportant l’objet avait déjà traversé la ville de Roswell endormie. L’observation d’un grand objet bâché derrière un camion militaire n’avait rien d’inhabituel. Le soleil commençait à se lever lorsque le camion franchit la porte de la base du 509ème Groupe.

Roy Danzer, plombier, qui avait travaillé toute la nuit sur la tuyauterie de la base, savait que quelque chose se passait à cause du convoi de camions dans l’obscurité. Il se trouvait à l’Hôpital de la base pour fumer une cigarette et pour se faire soigner une coupure faite, quelques jours plus tôt.

C’est pendant cette pause qu’il vit que l’agitation à la porte de la base s’était transformée en un tourbillon de soldats pressés et qu’un groupe de M.P. repoussait la foule afin de se faire un passage. Ensuite cette foule alla directement vers l’Hôpital, tout droit vers l’endroit où se tenait Roy. Personne ne lui dit de se pousser ou de partir. En fait, personne ne lui parla.

Roy en regardant les soldats passer, vit la Créature attachée sur le brancard et portée par deux soldats. Ceux-ci entrèrent directement dans l’Hôpital. Pendant leur passage, Roy regarda la créature, la créature regarda Roy et Roy sut en un instant que ce qu’il regardait n’était pas humain. C’était une créature venant d’ailleurs.

Le regard implorant sur le visage de cette créature et le sentiment de douleur et de souffrance que Roy vit et ressentit dans sa tête, lui fit comprendre que c’était la fin pour elle. Elle ne parlait pas et bougeait à peine. Les deux porteurs jetèrent un regard mauvais à Roy en passant à côté de lui.

"Mais qu’est ce que c’est que ça ?" demanda t’il à personne en particulier. Deux MP l’attrapèrent brutalement et l’emmenèrent jusqu’à un officier, un Capitaine pensa t’il, qui posa le doigt sur le visage de Roy et lui hurla dans les oreilles, "Qui êtes-vous ?". Sans attendre de réponse, les deux autres officiers lui demandèrent avec qu’elle autorisation il se trouvait dans la base.

Ces gars ne plaisantaient pas et Danzer pensa qu’il ne reverrait jamais sa famille. Il était effrayé. Mais un Major s’approcha et brisa la tension." Je connais ce gars", dit-il, "Il travaille ici avec d’autres, il est OK".

"Major" dit le Capitaine mais le Major le prit par le bras et Danzer put les voir discuter un peu plus loin et le regarder. Le visage cramoisi du Capitaine retrouva peu à peu sa couleur normale et les deux hommes retournèrent à l’endroit où les deux MP plaquaient Danzer contre le mur.

"Vous n’avez rien vu, vous comprenez ?" dit le Capitaine à Danzer qui hocha la tête, "Vous ne direz rien, ni à votre famille, ni à vos amis, vous comprenez ?". "Oui, Monsieur" dit Danzer. Il était moins effrayé maintenant.

"Nous saurons quand vous parlerez, nous saurons ce que vous aurez dit et alors tout de vous disparaîtra, tout simplement".

"Capitaine !" le coupa le Major." Monsieur, ce gars n’a rien à faire là et s’il parle, je ne peux rien garantir." répliqua le Capitaine.

"Donc, oubliez tout ce que vous avez vu" dit le Major directement à Danzel. "Oui, Monsieur" répondit-il.

Danzel ne jeta même pas un regard derrière lui pour voir l’équipe de soldats transportant les sacs à cadavres entrer dans l’Hôpital. Les créatures furent préparées pour une autopsie.

Bull Blanchard autorisa la rédaction d’une dépêche sur "La soucoupe volante" qui fut envoyée par le service des relations publiques. Le Général Ramey ordonna à Jesse Marcel de retourner là-bas et de retirer l’histoire de la soucoupe volante. Cette fois, Marcel reçut l’ordre de dire qu’il avait fait une erreur et que les débris étaient ceux d’un ballon météo.

Dans les jours et les semaines qui suivirent le crash et la récupération, les Services de Renseignement militaire et le personnel du CIC allèrent à Roswell et dans les communautés alentours pour supprimer toute information possible ; par la violence, l’intimidation physique et d’après certaines rumeurs, il y eut même un homicide. Les Officiels de l’Armée réduisirent la Communauté au silence.

Mac Brazel qui était le propriétaire de l’endroit où le crash avait eu lieu et qui fut un des tout premiers visiteurs du site fut menacé et soudoyé. Il devint tout à coup silencieux sur ce qu’il avait vu dans le désert. Les officiers du bureau du Shériff Wilcox furent forcés d’admettre que cela était du ressort de la Sécurité Nationale et que ça ne pouvait être discuté ouvertement.

"Ce n’est jamais arrivé " décréta l’Armée.

Quelques-uns des témoins déclarèrent avoir eu des séances d’intimidations par des Militaires de Roswell. Parmi eux, la fille de Dan Dwyer, se rappelle la visite d’un officier avec des lunettes noires, dans sa cuisine, il lui dit que si elle racontait quelque chose, elle et sa famille disparaîtraient dans le désert.

La fille de Roy Danzer, elle aussi fut effrayée par la vue de son père à son retour de la base de Roswell le 5 Juillet 1947. Il ne lui raconta jamais rien mais elle entendit des bribes de conversations dans la chambre de ses parents. Ils parlaient de petites créatures et la phrase : "Ils nous tueront tous !"

Les débris récupérés dans le désert furent envoyés à Fort Bliss, Texas, et sommairement analysés.

Aussitôt arrivés, quelques-uns des débris furent envoyés à la base de Wright Airflied, future Wright Patterson. Le reste fut chargé dans des camions et envoyé à Fort Riley, Kansas.

Jesse Marcel retourna à son travail habituel comme s’il n’avait jamais touché l’épave de l’étrange vaisseau de ses propres mains.

Voici l’histoire telle qu’elle fut racontée à Philip Corso. Il n’était pas à Roswell cette nuit là.

3 - Convoi pour fort Riley

Le 6 Juillet 1947, le Lundi suivant la fête du 4 Juillet, personne ne remarqua les cinq camions entrer dans la base de Fort Riley, cet après-midi la, en provenance de Fort Bliss, Texas, et en partance pour Wright Field, Ohio.

En 1947, Corso se trouvait dans cette base de Riley, à l’école militaire. Il ne se doutait pas à cette époque que ce qui se trouvait dans ces camions atterrirait sur son bureau des années plus tard.

Tout était calme ce soir là, Corso était l’officier responsable de la garde. Alors qu’il s’apprêtait a faire sa ronde, il vit sur l’ordre de mission que Mr Brownie, un de ses amis qui faisait partie de son équipe de bowling et collègue de travail, faisait partie de la garde et que son poste se trouvait devant le vieil immeuble de la clinique vétérinaire.

Corso commença son tour des différents bâtiments afin de voir si tout le monde faisait bien son devoir et se trouvait à son poste. Corso alla à l’immeuble de la clinique où devait se tenir Brownie. Mais quand il arriva Brownie n’était pas là où il était censé être. Quelque chose n’allait pas.

"Major Corso" dit une voix dans la pénombre. La voix était excitée et terrorisée.

"Mais qu’est ce que vous faites la, Brownie ?" demanda Corso à la silhouette qui le regardait de derrière la porte. Brownie était supposé être à l’extérieur de l’immeuble, pas à l’intérieur. C’était un manquement aux règles.

"Vous ne comprenez pas, Major " chuchota t’il à nouveau," Vous devez voir « Ça »".

"Il vaudrait mieux que vous sortiez" dit Corso en s’approchant de l’endroit ou se tenait Brownie et attendit qu’il sorte." Maintenant, vous sortez pour que je puisse vous voir " ordonna t’il. Brownie sortit sa tête de derrière la porte et dit "Vous savez ce qu’il y a ici ?". L’immeuble était interdit d’accès à quiconque. Même les sentinelles devaient rester dehors parce que ce qui était à l’intérieur était classifié "Accès interdit".

"Brownie, vous n’êtes pas supposé être là" dit Corso, "Sortez et dites-moi ce qui se passe". Brownie sortit par la porte et Corso put voir que son visage était pale, comme s’il avait vu un fantôme. "Vous n’allez pas croire ça" dit-il, "Je ne le crois pas moi-même et je viens pourtant de le voir."

"De quoi parlez-vous ?" demanda Corso.

"Les gars qui ont déchargé ces caisses", dit Brownie, "ils nous ont dit qu’ils emmenaient ces caisses de Fort Bliss et que cela provenait d’un accident au Nouveau Mexique."

"Oui et alors ?" demanda Corso avec impatience. "Hé bien, ils nous ont dit que tout cela était Top-Secret mais qu’ils avaient regardé à l’intérieur des caisses. Tout le monde l’a fait pendant le chargement des caisses dans les camions. Les gars qui ont chargé ces caisses ont dit qu’ils ne croyaient pas ce qu’ils avaient vus. Vous avez l’autorisation d’accès, Major, vous pouvez venir."

Corso était l’Officier de la garde, il avait donc accès à tous les endroits de la base pendant la garde. Donc il entra à l’intérieur de la clinique vétérinaire. Il n’y avait personne à part lui et Brownie.

"C’est quoi toutes ces caisses ?" demanda t’il.

"Justement, Major, personne ne le sait" dit Brownie, "les chauffeurs nous ont dit que cela venait d’un avion crashé dans le désert quelque part autour de la base du 509e Groupe. Mais quand ils ont regardé à l’intérieur, ce n’était rien de connu. Rien qui ne soit de cette planète."

C’était la chose la plus stupide que Corso ait entendu. Lui et Brownie marchèrent jusqu’aux caisses. "Vous n’êtes pas supposé être ici" dit Corso, "Vous feriez mieux de partir."

"Je surveille dehors pour vous, Major" répondit Brownie. Corso attendit que Brownie reprenne sa place dehors. Il y avait une trentaine de caisses en bois entassées le long d’un mur. Corso utilisa sa lampe torche et marcha autour jusqu’à ce que sa vue s’habitue à l’obscurité. Corso trouva une caisse sur laquelle le couvercle semblait avoir été ouvert récemment.

Corso posa sa lampe et commença à retirer les clous qui avaient visiblement déjà été retirés. Il fit glisser le couvercle le long de la caisse, reprit sa lampe et jeta un coup d’oeil à l’intérieur.

Son estomac se retourna et Corso se figea. Cette caisse était une sorte de cercueil, mais un cercueil comme il n’en avait jamais vu. L’intérieur était entouré d’une sorte de paroi en verre et était rempli d’un liquide bleu lumineux, un peu comme un gel. La chose flottait et brillait comme la peau d’un poisson.

Au début, Corso pensa que c’était le cadavre d’un enfant qu’ils emmenaient quelque part, mais ce n’était pas un enfant.

Cela avait une forme humaine, de 120 cm de haut, avec des bras, des jambes, des pieds, et une tête énorme. Corso toucha la peau grise, mais cela ressemblait plus à une sorte de vêtement en une seule pièce qu’à de la peau.

Ses yeux avaient dû rouler dans leurs orbites parce qu’il ne put voir de pupilles ou d’iris. Ces yeux étaient démesurés et pointaient vers le bas, de chaque côté du très petit nez. Cela ressemblait à un nez de bébé. La chose n’avait pas d’oreilles, pas de pommettes saillantes, pas de sourcils et aucuns cheveux.

Elle avait une bouche très fine et fermée, ressemblant plus à un pli qu’à un orifice fonctionnel. Le corps n’avait aucun dommage et aucune indication qu’il ait été impliqué dans un accident. Il n’y avait pas de sang, pas de coupures. Dans le conteneur, Corso trouva un document des Services de renseignement militaires qui décrivait la créature comme étant un occupant d’un vaisseau qui s’était écrasé à Roswell, Nouveau Mexique, ce week-end, et envoyé à la base de Wright Field puis à la morgue de Walter Reed. Corso remit le document dans la caisse. À cause du temps perdu à examiner la chose, il avait raté certains points de contrôles de sa garde mais personne, apparemment, ne le remarqua le lendemain.

Corso espérait avoir vu une sorte de mutation humaine due à la radioactivité. Il savait qu’il ne pouvait parler de cela à personne et espérait ne jamais revoir ça. Il tenta d’imaginer l’origine de la ‘chose’ : expérience génétique Nazie, monstre de cirque mort mais il savait que cela ne pouvait être qu’une seule chose : un Extraterrestre.

Corso remit le couvercle sur la caisse et enfonça les clous avec le dos de sa lampe. Il rejoignit Brownie à la porte. "Vous savez que vous n’avez jamais vu ça" dit Corso, "et vous ne direz rien à personne".

"Vu quoi, Major ?" répondit Brownie.

Corso retourna au quartier des Officiers en repensant à l’image de la Créature.

4 - Les objets de Roswell

Corso ne revit jamais le corps de la créature sauf à travers des photos d’autopsies et des rapports médicaux envoyés à son attention en 1961, au Pentagone.

Quand Corso arriva au Pentagone, en 1961, il était Lieutenant Colonel. Il entra dans le bureau du Général Trudeau. "Alors quel est le grand secret, mon Général ?" demanda t-il à son nouveau patron. C’était une façon bizarre de parler à un Général, mais ils étaient devenus amis pendant que Corso travaillait dans l’équipe d’Eisenhower. "Pourquoi pas le bureau d’en face ?" proposa t’il.

"Parce qu’ils vous ont toujours observé, Phil" dit Trudeau. Il marcha avec Corso au travers de bureaux d’archives. "Les choses n’ont pas beaucoup changées depuis votre retour d’Allemagne." Dit il, "Nous savons qui sont nos amis et qui nous pouvons croire.".

Ils étaient en pleine Guerre Froide et il y avait des ennemis partout, alentour : dans les Services de renseignement et même à la Maison Blanche. Ils savaient que la CIA était infiltrée par le KGB.

Trudeau dit à Corso, "J’ai besoin de vous pour couvrir mes arrières, mon Colonel. J’ai besoin de vous, pour voir pour moi, parce qu’avec tout ce que j’ai à faire, je ne peux pas me protéger moi-même."

Corso devint donc l’assistant spécial de Trudeau au département de RD (Recherche et Développement), une des divisions du Pentagone et une des plus sensibles parce qu’elle travaille avec des plans très secrets et par son entremise, la conception des armes du futur devient une réalité.

Le RD était le relais entre la lueur dans l’oeil de quelqu’un et le prototype sortant d’une usine pour démontrer son potentiel. Le travail de Corso était de garder tout cela secret jusqu’à ce qu’il soit développé.

"Mais il y a autre chose que vous allez faire pour moi, Phil" dit Trudeau, "Je vais faire déplacer cette armoire dans votre bureau.". Corso avait son bureau au deuxième étage, juste sous celui de Trudeau. Il pouvait ainsi entrer par la porte de derrière dans le bureau de Trudeau sans que quiconque ne puisse le voir.

"Ce sont des dossiers spéciaux, du matériel de guerre que vous n’avez encore jamais vu. Je veux que vous les preniez sous votre responsabilité au RD" dit Trudeau.

Le rôle de Corso au RD était de lire les rapports des Services de renseignement, de visionner des tests d’armes, de discuter avec Scientifiques et Universitaires pour savoir ce qu’ils savaient du travail de leurs collègues au-delà des mers. Puis il devait écrire des propositions d’armes nouvelles dont l’Armée Américaine aurait sûrement besoin.

L’Armée cataloguait les recherches sur les armes en deux catégories : les domestiques et les étrangères. Corso devait savoir ce que les Français faisaient avec leurs hélicoptères, si les Anglais étaient capables de fabriquer un avion à décollage vertical. Il y avait le V3 Allemand, la petite-fille de la "Grosse Bertha" avec laquelle les Allemands pilonnèrent Paris pendant la Première Guerre Mondiale. Ils découvrirent après l’invasion de Normandie, tout le travail des Nazis effectué sur les avions à réactions et les nouveaux Panzers qui auraient changé le cours de la Guerre s’ils avaient eu un peu plus de temps de les développer.

Le rôle de Corso était de récupérer cette technologie, de reprendre les idées qu’ils n’avaient pas eues eux-mêmes et il devait émettre des recommandations sur la façon d’incorporer tout cela dans les plannings d’armements en cours.

"Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe habituellement dans les mains" dit Trudeau, "Je ne sais pas ce que vous avez eu l’occasion d’apprendre à ce sujet quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d’écrire quoi que ce soit, vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell."

Corso ne fit pas tout de suite, la relation entre le dossier de Roswell et ce qui se trouvait dans le bureau du Général Trudeau. Trudeau appela quatre hommes qui transportèrent l’armoire jusqu’au bureau de Corso au 2ème étage.

Trudeau dit aux hommes, "Ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Ne parlez à personne. Si quelqu’un vous arrête, dites-lui de venir me voir. C’est un ordre."

Trudeau se tourna vers Corso et dit "Pourquoi ne passeriez vous pas un peu de temps avec tout cela ? mais pas trop quand même ! ".

Corso passa quelques temps à réfléchir dans son bureau sur la raison selon laquelle ces dossiers l’attendaient dans le bureau de Trudeau et pourquoi il avait voulu lui en parler directement, seul à seul. Trudeau n’avait rempli aucun bordereau pour le transfert de l’armoire. Donc quoi que ce fût, c’était certainement sérieux et très secret.

Corso se rappela ce 6 Juillet 1947, au Kansas, où il avait vu la « Chose » dans la caisse, à Fort Riley et espérait que ce qui se trouvait dans l’armoire n’ait pas de lien avec tout ça.

Corso ouvrit l’armoire et immédiatement eut la chair de poule. Il savait déjà en regardant les boîtes à chaussures pleines de circuits et de fils enchevêtrés, l’étrange morceau de tissu de la visière nocturne et bien d’autres choses qui y étaient mêlées que sa vie allait radicalement changer.

C’était donc ça : du matériel récupéré à Roswell. Corso entendit des pas et Trudeau, passa la tête par la porte, "Vous avez regardé à l’intérieur ?" demanda-t-il.

"Qu’êtes vous en train de me faire, mon Général ?" répondit Corso, "Je pensais que nous étions amis ?!"

"C’est justement pour cela que je vous ai donné tout ça." dit Trudeau. "vous savez combien tout cela est précieux ? vous savez ce que feraient toutes les autres Agences pour l’avoir en mains ?"

"Ils me liquideraient" dit Corso. "Ils voudraient vous éliminer, de toute façon " répondit Trudeau, "L’Air Force le voudrait parce qu’elle pense que c’est à elle. La Navy le voudrait également parce qu’elle veut tout ce qu’a l’Air Force. La CIA le voudrait aussi pour pouvoir le donner aux Russes."

"Que voulez vous que je fasse, mon Général ?", demanda Corso.

"J’ai besoin d’un plan, Phil, pas seulement de savoir à qui sont, ces éléments mais surtout ce que nous pouvons en faire."

Cela ressemblait tout simplement à un complot. "Regardez ; quel est notre plus grand problème ?" demanda Corso.

"Les mêmes que ceux qui ont contribué à nous faire perdre la Guerre de Corée et que vous avez combattu à la Maison Blanche." dit Trudeau, "vous savez exactement ce que je veux dire. Cela ne doit pas tomber dans de mauvaises mains sinon aussi sûr que nous sommes dans le Pentagone, cela ira directement au Kremlin."

"Nous devons d’abord savoir ce que nous avons. C’est donc votre travail. Avons-nous quelque chose d’utilisable ?"

"Est ce que quelqu’un sait déjà ce que j’ai ?" demanda Corso.

"Ils vous épient comme ils m’épient moi-même " répondit Trudeau.

D’abord, il y avait un filament clair et flexible composé de fils, ressemblant à du verre, entortillés dans une espèce de gaine grise comme s’ils c’étaient des câbles de jonction.

C’étaient des filaments étroits, plus fins que des fils de cuivre. Quand Corso tenait la gaine à la lumière du bureau, il pouvait voir une lueur passer au travers comme s’ils la transportaient et la cassaient en différentes couleurs.

Quand le personnel trouva ceci à côté de l’épave, ils ont dû penser que c’était un relais électrique.

Ensuite, il y avait le mince morceau gris mat, en forme d’ouvre huître de 5 cm de diamètre qui ressemblait à du plastique mais qui révélait de minuscules empreintes de fils électriques, à peine en relief à la manière d’un réseau routier sur sa surface.

Ces traces avaient la taille d’une pièce de 25 cents, mais la gravure qui en résultait rappelait à Corso celle de corps d’insectes plaqués/écrasés à sa surface, en raison des centaines de pattes étalées qui en partaient à angle droit. Quelques unes de ces formes étaient arrondies et d’autres elliptiques. C’était un circuit, comme il était possible de le constater à travers une loupe, mais un circuit inconnu de Corso. C’était un morceau de circuit qui provenait d’un grand tableau de bord du vaisseau.

Corso était aussi intéressé par un dossier descriptif qui accompagnait deux pièces d’une sorte de peau noire. Comme une lentille d’œil, de forme elliptique.

Les médecins pathologistes de Walter Reed prétendaient que ces lentilles adhéraient aux yeux des Créatures extraterrestres et semblaient réfléchir la lumière existante. Même s’il faisait sombre, cela illuminait et intensifiait les images afin de permettre aux porteurs de voir les objets. Les rapports disaient que les médecins pathologistes de l’Hôpital de Walter Reed qui avaient pratiqué l’autopsie d’une de ces créatures, avaient essayé de regarder au travers en pleine nuit pour voir les sentinelles et les aides médicales marcher dans un corridor adjacent au laboratoire.

Les silhouettes étaient illuminées d’une lueur orange, selon la façon de tenir ces lentilles. Les médecins pathologistes ne pouvaient voir que les silhouettes mais avec les lentilles, ils pouvaient voir les rangées de fournitures accrochées aux murs et les objets sur les bureaux.

Corso pensa que peut-être les soldats pourraient porter une lunette de vision qui intensifierait les images afin de permettre la navigation dans l’obscurité. Ces choses ne transformaient pas la nuit en jour, elles illuminaient seulement les silhouettes des objets.

Il y avait une feuille argentée, terne, que l’on pouvait tordre, plier, comprimer et qui reprenait sa forme originale, sans aucuns plis. C’était une fibre métallique qui avait les caractéristiques de ce qui s’appellerait plus tard, "Super Résistant ". Quand Corso essayait de couper la feuille avec des ciseaux, les lames glissaient dessus. Les fibres semblaient aller dans une même direction.

Pour Corso, c’était un vêtement avec des fibres métalliques, qui avait la douceur et la malléabilité d’un tissu et la force et la résistance d’un métal.

Il y avait une description et un croquis d’un autre objet. Comme une sorte de lampe torche avec sa propre source d’énergie qui n’était pas une pile.

Les Scientifiques à Wright Field qui l’avaient examiné disaient qu’ils ne pouvaient pas voir le rayon de lumière sortir de l’objet mais que lorsqu’ils le tenaient face à un mur, ils pouvaient voir un petit rond rouge de lumière sur celui-ci. Quand ils faisaient passer un objet entre le mur et la lampe, le rayon était si intense que l’objet commençait à fumer. Ils jouèrent longtemps avec avant de comprendre que c’était un couteau extraterrestre.

Lorsque de la fumée passait dans le rayon, celui-ci devenait tout à coup visible.

Pourquoi les occupants du vaisseau avaient un couteau de cette sorte ? C’est plus tard que Corso, en lisant des rapports militaires sur les mutilations de bétail durant lesquelles des organes étaient retirés sans traumatisme des tissus, réalisa que le rayon de lumière était un scalpel qui avait été utilisé par les Extraterrestres lors d’expériences médicales sur les troupeaux.

Il y avait un objet étrange, une sorte de bandana qui avait des connexions électriques sur une face. Peut-être récupérait-il les ondes cérébrales comme un encéphalogramme. Mais aucune expérience ne prouva qu’il faisait quelque chose d’équivalent. Les Scientifiques ne savaient pas comment l’utiliser et ne savaient pas qu’elle en était la source d’énergie.

5 - À l’intérieur du Pentagone, au bureau des RD

Le Pentagone ne dort jamais, il y a toujours quelqu’un qui y travaille.

Corso passait plus de temps dans son bureau que chez lui. Soirée, week-end, tôt le matin avant l’aube, Corso réfléchissait sur la stratégie à recommander à son patron.

Tout le monde pense que le Pentagone est une énorme entité avec un seul esprit et avec un seul but. Tout le monde pense aussi que l’Armée Américaine n’a qu’un seul but que tout le monde fonctionne ensemble.

C’est totalement faux.

L’Armée Américaine et le Pentagone sont comme n’importe quelle grosse entreprise avec des centaines de bureaux différents. Beaucoup de buts différents et des ordres du jour très différents.

Comme la Navy, l’Air Force avait des partisans différents avec des buts différents. Chacun jouait avec l’autre dans un seul but : avoir la plus grosse part du budget militaire. Et au centre de tout cela, le service où serait dépensé tout cet argent par les gens qui développeraient des armes dans leur branche militaire respective.

Donc avec toutes ces tensions entre les bureaux du Pentagone, Corso ne mit pas longtemps à comprendre la politique à suivre pour son nouveau travail. Avec les rapports de terrain, les analyses scientifiques, les autopsies médicales et les débris technologiques du crash de Roswell, il devait tout laisser sous clefs.

Quand les gens pensent que vous n’êtes pas là, ils parlent. Et c’est à ce moment-là que vous apprenez des choses. Durant les deux premières semaines de son travail, Corso entendit beaucoup de choses, notamment sur la politique utilisée pour la découverte de Roswell durant les 40 ans séparant le crash et les intenses discussions à la Maison Blanche après qu’Eisenhower soit devenu Président.

Chaque branche de l’Armée avait protégé ses propres dossiers sur Roswell et avait essayé de récupérer le plus possible de matériel de Roswell. Il est à peu près sûr que tous les services avaient leurs propres rapports des Examinateurs de Walter Reed et Bethesda en ce qui concernait la physiologie des Extraterrestres.

Il était clair, pour Corso, que vu la façon dont l’Air Force et la Navy formulaient leurs plans de développements d’armes avancées, quelques pièces de même nature que celles de Corso se trouvaient dans ces autres services.

Personne ne disait rien mais tout le monde voulait savoir ce que possédait l’autre. Malgré tout, il y avait de réelles histoires qui circulaient. Par exemple, Corso entendit une rumeur selon laquelle l’Air Force gardait l’ovni à la base d’Edwards, en Californie et qu’elle étudiait la technologie du vaisseau et plus particulièrement le système de propulsion par ondes magnétiques.

D’autres rumeurs circulaient autour de l’Air force à propos de l’implication de Roswell dans le design des bombardiers en formes d’ailes. L’Armée avait développé des avions en formes d’ailes après la Première Guerre Mondiale et un an après le crash de Roswell, la compagnie Northrops commençait les essais de leur aile volante, YB49 : un bombardier.

Le YB49 avec ses 4 queues verticales était si ressemblant à la forme de l’appareil de Roswell qu’il était difficile de ne pas faire le lien.

Mais le développement des ailes volantes commença 10 ans avant l’arrivée de Corso aux RD donc il n’avait pas de preuves sur ce lien entre le bombardier et le vaisseau extraterrestre.

Le Général Trudeau avait raison lorsqu’il disait que tout le monde au Pentagone épiait le bureau des RD parce qu’ils pensaient que les RD avaient quelque chose en leur possession. Les gens voulaient savoir sur quoi les RD travaillaient, juste pour être sûr que ce n’était pas sur la même chose que la leur et que les RD ne gaspillaient pas le budget.

En plus des attentions des autres services, Corso et Trudeau devaient faire face aux analystes de la CIA. La CIA collectait le maximum de pouvoir possible. L’information c’est le pouvoir, et plus la CIA essayait de se renseigner sur les programmes de développements en cours, plus les RD étaient nerveux.

"Vous m’avez mis sur un siège brûlant, mon Général" dit Corso, "Comment la CIA sait-elle ce que nous avons ?"

"Ils ne font que des suppositions, je pense" répondit-il, "Ils doivent procéder par élimination. Regardez, tout le monde suspecte, ce que possède l’Air Force".

Trudeau avait raison. Tout le monde au Pentagone pensait que l’Air Force possédait le "SaintGraal", un vaisseau spatial et même un extraterrestre vivant.

Personne n’en était certain mais tout le monde savait qu’après la séparation de l’Air Force d’avec le reste de l’Armée, en 1948, celle-ci avait envoyé du matériel de Roswell à Wright Field, Ohio, base de l’Air Force.

La Navy avec sa technologie sous-marine et ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires luttait avec son propre problème : Les UUO ou USO - Unidentified Submerged Objets ( objets sous-marins non identifiés ) -.

La Navy cherchait où Ils avaient construit leurs bases sous-marines, bien plus en profondeur que les capacités de leurs meilleurs sous-marins. La Navy était toute pré-occupée à faire sa propre guerre contre les vaisseaux extraterrestres en l’air et sous la mer.

Les RD devaient développer un système de camouflage sur la technologie de Roswell. Ils opéraient avec le budget normal pour l’analyse des nouvelles armes.

Ils avaient des contrats avec les plus grandes entreprises nationales. Les buts des recherches étaient d’améliorer les armes actuelles avec les renseignements collectés dans les autres pays. Les Français, les Italiens, les Allemands avaient leurs propres systèmes d’armements et leurs propres développements en cours qui semblaient exotiques pour les standards Américains mais qui pouvaient avoir certains avantages.

Ce que l’Armée avait récupéré à Roswell était probablement le secret le mieux gardé. Jusqu’en 1961, l’Armée n’avait pas eu de plan particulier pour utiliser cette technologie sans en révéler sa nature.

En 1961, Trudeau lança le développement. D’abord, il fallait savoir comment les informations - rapports sur le terrain, autopsies, descriptions d’objets et les objets eux-mêmes étaient arrivés au bureau des RD. La recherche de Corso ne concernait pas le crash lui-même.

Le jour suivant le crash, Bill Blanchard du 509e Groupe, envoya les débris extraterrestres à Fort Bliss, où l’équipe du Général Roger Ramey détermina sa position finale en même temps que la censure du Gouvernement commençait à être mise en place.

Dans les heures qui ont suivi l’arrivée de Corso au Texas, il y a eut tellement de confusion sur ce qui avait été trouvé que les Officiers militaires, qui avaient la responsabilité de la découverte, créèrent rapidement une histoire de remplacement et un plan de mise au silence des témoins militaires et civils fut lancé.

L’histoire de substitution était facile, le Général Ramey ordonna au Major Jesse Marcel de se rétracter sur son histoire de soucoupe volante et de poser pour de nouvelles photos avec des débris de ballon météo, qu’il décrivit comme les restes découverts à Roswell.

Marcel suivit les ordres et la soucoupe volante devint officiellement un ballon météo.

Le silence des témoins militaires fut facile grâce à l’ordre du Général Ramey, au personnel du 509e Groupe et de Fort Bliss, de nier qu’ils faisaient partie d’une opération de récupération différente de celle d’un ballon météo. Une fois que le matériel arriva à Wright Field, sous la responsabilité du Lieutenant Général Nathan. P. Twining, Ramey nia tout de l’histoire et que ce n’était plus sous sa responsabilité.

Le Général Ramey traita l’accident comme relevant de la "Sécurité Nationale". Il déploya le Personnel des Renseignements du 509e Groupe et lui ordonna d’aller en ville pour étouffer l’histoire du crash et de sa récupération.

Aucune info ne devait filtrer, aucune spéculation n’était tolérée. L’histoire circulant sur une soucoupe volante devait cesser d’exister.

Le 8 Juillet, la suppression de l’histoire du crash était en cours. L’Armée avait fourni une nouvelle histoire pour la Presse. Les officiers du CIC soudoyaient ou menaçaient les témoins, les forçant à se rétracter sur leurs témoignages.

Mac Brazel, le fermier qui fut le premier sur le site lors de la récupération, disparut pendant deux jours puis réapparut en ville avec un pick-up neuf. Il nia n’avoir jamais vu quoique ce soit.

Les Officiers du CIC rencontrèrent les habitants de la ville et parlèrent avec les parents à propos de ce que leurs enfants entendaient dire. Quoi que les gens puissent penser sur ce qui s’était passé, l’Armée prétendait que c’était faux et que cela devait le rester.

Le travail de mise au silence fonctionna si bien que pendant les 30 années suivantes, l’histoire resta étouffée. Nathan Twining est devenu important aux yeux des ufologues à cause de son implication dans des réunions top-secrètes à la Maison Blanche. Elles avaient pour but de découvrir l’implication des ovnis dans la Sécurité Nationale.

Il intéressait aussi les ufologues en raison de ses relations avec Robert Cutler, l’assistant spécial de la Sécurité Nationale qui était le lien entre la NSC et le Président Eisenhower.

Corso était au sein de la NSC, dans les années 50.

Le Général Twining était celui qui avait fait la première étude et qui avait disséminé le matériel de Roswell. En partie à cause des ses capacités à gérer l’AMC, il devint membre d’un groupe de Militaires et de Civils rassemblés par le Président Truman afin de l’aviser sur la découverte de Roswell et des ses implications dans la Sécurité Nationale.

Le Général Twining se rendit jusqu’à la base d’Alamogordo, Nouveau Mexique et y resta jusqu’au 10 Juillet.

La base d’Alamogordo n’était pas seulement importante en raison de son site d’essais nucléaires, entre 1940 et 1950, mais aussi parce que s’y trouvait le bureau de l’AMC. Là-bas, se trouvaient les spécialistes des fusées, comme Werhner von Braun et bien d’autres. Il y avait des installations sensibles, spécialement durant l’activité ufologique de ce week-end et il est parfaitement sensé de penser qu’immédiatement après la découverte de l’ovni, le Général, qui en était responsable, ait voulu gérer cette découverte directement sur les lieux avec ses meilleurs spécialistes.

Corso n’a jamais eu connaissance du mémo du Général Twining au Président Truman, à propos de son voyage au Nouveau Mexique. Il eut vent d’histoires comme quoi Truman aurait directement contacté Twining au Nouveau Mexique et lui aurait donné l’ordre d’enquêter sur le crash et de lui rapporter directement, à la Maison Blanche, ce qu’il avait trouvé.

Corso pense que le rapport du Général Twining au Président confirmait que l’Armée avait récupéré quelque chose dans le désert et que cela suggérait la création d’un groupe pour définir la politique à adopter sur cette découverte. Dans les 48 heures après le crash, personne ne savait ce qu’était l’objet.

Pendant que les débris étaient transportés de Fort Bliss à Wright Field, le Général Twining se rendait à Wright Field pour voir les analyses et l’évaluation du trésor de Roswell.

Twining revint rapidement à son bureau. Les corps des Extraterrestres furent autopsiés dans le secret et le vaisseau et son contenu, analysés, catalogués, et préparés pour être disséminés dans différentes installations militaires. Tout ce qui avait un rapport avec le crash était classifié au plus haut niveau.

La censure officielle était très importante en 1947 et toujours aussi importante en 1961. Elle était importante parce que l’Armée était impliquée, en 1947, dans une guerre, une Guerre Froide mais une guerre quand même. Donc, l’Armée traita le matériel de Roswell comme si c’était une opération dans des conditions de combat pour que les Soviétiques ne mettent pas la main dessus.

Le Général Twining vit lui-même le matériel et avant son départ de Wright Field, il discuta avec les spécialistes des fusées qui faisaient partie de son équipe à Alamogordo. Ensuite, il compila un rapport qu’il donna au Président Truman. Il recommandait la création d’un groupe de Militaires et de Civils qui deviendrait, plus tard, le groupe responsable de ce qui pourrait devenir un futur contact avec des Extraterrestres.

Comme des histoires de crashs d’ovnis et d’observations d’ovnis apparaissaient sans cesse, le Général Twining eut besoin d’établir un chaînon de sécurité inférieur afin qu’il puisse échanger des informations avec d’autres Commandants qui n’avaient pas accès aux niveaux supérieurs. Le Général Twining avait besoin de maintenir une censure à l’intérieur même de l’Armée.

Le premier des rapports de Twining au commandant de l’Air Force à Washington datait du 23 Septembre 1947. Il était écrit à l’intention du Général George Shulgen. Ce rapport faisait état, en termes très généraux de la prise en considération, par le Service des Renseignements de l’Air Force, des ovnis. Twining écrivit un certain nombre de conclusions basées sur ses propres informations de première main, comme par exemple le matériel en possession de l’Armée.

"Les soucoupes volantes ne sont pas des illusions", disait Twining, "elles sont quelque chose de réel et pas une vision."

"Bien que certaines observations aient été dues à des météorites ou à d’autres causes naturelles" écrit-il "Ces rapports sont basés sur des observations de vrais objets".

"Approximativement de la forme d’un disque avec une taille appréciable pouvant être de fabrication humaine."

Comme le rapport n’était pas destiné au Public, Twining s’émerveilla sur les caractéristiques de ces appareils. Il écrivit que leur extrême manoeuvrabilité et leurs actions évasives pour éviter tout contact devaient être le résultat d’intentions hostiles.

Les Officiers estimaient que ces objets ainsi que leurs occupants constituaient une menace militaire.

Il décrivit le vaisseau de la même façon que les témoignages, "Réflexion lumineuse ou surface métallique. Absence de queue, excepté dans les conditions de très hautes performances. Forme circulaire ou elliptique. Plat sur le dessous et bombé sur le dessus. Vols en formation de 3 à 9 objets. Pas de sons exceptés dans quelques cas ou un grondement était entendu. Ces objets se déplacent trop vite pour être des avions de cette époque".

Pour que les USA puissent développer un tel appareil, le coût et la charge de travail nécessiteraient que le projet soit indépendant et extérieur aux développements normaux.

En fait, Twining, suggérait au commandant de l’Air Force, qui deviendrait une branche à part dans l’Armée l’année suivante, d’exploiter la technologie récupérée séparément et indépendamment des programmes de développements normaux.

La description des projets Top-secrets de la base de Nellis ou de l’Area 51, au Nevada, semblait avoir le profil des recommandations de Twining.

Il ne fut pas révélé au commandant de l’Air Force que Twining lui-même avait visité des bases au Nouveau Mexique dans les heures qui avaient suivi le crash. Le Général disait à ses patrons que les Militaires devaient traiter les soucoupes volantes comme étant de chez eux, "Les produits d’un projet de haute-sécurité", développé par les USA en dehors des circuits normaux ou développé par une puissance étrangère.

Quand Twining suggérait aux officiers de l’A.F. que toutes les branches de l’Armée devaient participer à cette information, la dispersion du matériel de Roswell était déjà en route. Et c’est pourquoi cette technologie est arrivée en possession des RD.

Trois jours après ce mémo, le 26 Septembre 1947, Twining donna son rapport sur le crash de Roswell et son implication pour les USA au Président TRUMAN et il fournit aussi une petite liste d’Officiels qu’il rassemblerait pour commencer à gérer le sujet. Ce groupe était composé de :

- Roscoe H.Hillenkoetter
- Dr Vannevar Bush
- Secrétaire James Forrestal
- Général Hoyt Vandenberg
- Dr Detlev Bronk
- Dr Jerome Hunsaker
- Sidney W.Souers
- Gordon Gray
- Dr Donald Menzel
- Général Robert M.Montague
- Dr Lloyd V.Berkner
- Général Nathan Twining

Ce groupe, à la Maison blanche, était appelé, "Le Groupe". Il était aussi connu sous le nom "MAJESTIC 12".

Mais le plan ne s’arrêtait pas à la création de ce groupe de travail. En fait, l’opération se développa rapidement en quelque chose de plus sophistiqué parce que les soucoupes volantes de Twining ne s’en iraient pas.

De plus en plus d’informations arrivaient : des Officiers de la Police tapaient des rapports sur des civils effrayés, des pilotes de lignes étaient suivis par d’étranges objets... etc.

Le groupe réalisa qu’il devait définir une politique pour bien appréhender quelque chose qui prenait les proportions d’un phénomène de masse. Ils avaient besoin d’un dispositif pour gérer les centaines de rapports d’ovnis. Le groupe devait aussi estimer la menace de l’Union Soviétique et d’autres Pays, en présumant, bien sûr, que les soucoupes volantes ne se contentaient pas de survoler les USA.

Ce groupe devait aussi chercher à utiliser la technologie de Roswell. Il créa donc des petits comités et des sous-groupes, quelquefois des organisations complètes, comme le projet BLUE BOOK, sans qu’il n’y ait aucune fuite. Tout était dirigé par le Groupe principal.

Les plans à long terme sur la technologie de Roswell pouvaient commencer. Mais comment faire ? Où mettre le matériel ? Et comment camoufler ce que les militaires faisaient ? Twining avait un plan.

Dans le rapport 100-203-79 de 1948, intitulé, "Analyses des accidents de soucoupes volantes aux USA", les ovnis ne sont pas présentés comme des Extraterrestres mais comme des éléments de "Technologie étrangère".

Ce rapport inoffensif pour la plupart des gens parce qu’il ne disait pas que les soucoupes volantes viennent de l’Espace est un des premiers qui montre comment le plan de camouflage était supposé fonctionner pour les années à suivre.

Les auteurs de ce rapport localisèrent dans l’Administration Militaire, le seul endroit où toutes les recherches pourraient se faire : Le bureau de Recherche et Développement des technologies étrangères. Ici, le matériel pourrait être en sécurité jusqu’à ce que l’Armée décide de quoi en faire.

Il ne fallait pas appeler cela extraterrestre mais "Technologie Étrangère".

Et c’est pourquoi, 12 ans plus tard, la technologie de Roswell qui se trouvait dans une vieille armoire se retrouva dans le bureau de Corso.

6 - La Censure ou « cover-up ».

Corso entendit cette histoire racontée par l’équipe de la Sécurité Nationale d’Eisenhower, six ans plus tôt.

Pendant que le Général Twining se rendait du Nouveau Mexique vers l’Ohio, à Moscou, Joseph Staline était furieux. Il tenait une copie du "Roswell Daily Record" daté du 8 Juillet 1947.

Il n’avait pas besoin d’un journal Américain pour lui dire ce que ses gens du NKVD lui avaient rapporté une semaine avant : qu’une équipe de récupération militaire avait obtenu un vaisseau extraterrestre crashé dans le désert du Nouveau-Mexique et qu’elle était en train d’évaluer la technologie découverte.

Au début, les Renseignements Soviétiques prirent tout ça avec scepticisme. Ils pensaient que c’était une histoire fausse pour tromper leurs Espions suspectés d’avoir infiltré les bases secrètes Américaines. Ainsi, si les Soviétiques réagissaient à l’histoire, les Américains pourraient localiser ces espions. Mais quand les journaux parlèrent du crash puis du ballon météo, les Soviétiques comprirent que c’était bel et bien réel.

Lors d’une réunion avec des Scientifiques Soviétiques, Staline leur demanda ce que les USA pouvaient en faire. Dans ce groupe se trouvait le chef du programme, embryonnaire, sur les missiles à carburant liquide.

Lui et d’autres avaient les dossiers des armes secrètes Allemandes, de la fin de la guerre, et savaient exactement où en étaient les Américains avec leur programme de missiles guidés. Toutes les informations nécessaires étaient données par les agents sur le terrain. Mais ils n’avaient jamais entendu parler du crash.

Les programmes de missiles Américains étaient entièrement basés sur les recherches Allemandes récupérées avant la fin de la guerre. Ce fut le projet "PAPERCLIP" qui débuta en 1944. Les concepteurs du V2 comme Wernher von Braun, Willy Ley et d’autres furent envoyés aux USA. L’Armée Américaine s’était appropriée, avec succès, leur technologie et commençait ses essais au Nouveau Mexique.

Les Soviétiques avaient eux aussi leur propre technologie Allemande récupérée par les Services de Renseignement et par les partis Communistes locaux dans les pays occupés. Les Allemands avaient développé un Jet en forme d’aile volante, un Messerschmitt et des sous-marins U-Boat lanceurs de V1 et de V2.

Tout ce dont ils avaient besoin, était d’un peu de temps pour déployer une petite flottille de UBoat prés des côtes Américaines afin de bombarder le pays. C’était leur stratégie à la fin de l’année 1944.

Avec leurs armes nouvelles, ils pouvaient battre les Alliés. Les Américains et les Soviétiques voulaient posséder les armes Allemandes et en particulier les V2.

Après la Guerre, les deux camps étaient à égalité dans la récupération des armes Allemandes, mais le crash du vaisseau, c’était une autre affaire. Les Américains pouvaient prendre un énorme avantage sur les Soviétiques. C’est pourquoi ceux-ci cherchèrent ce que les Américains avaient bien pu récupérer du crash.

Les agents Soviétiques rapportèrent que la petite ville de Roswell parlait de petites créatures sur le site du crash et d’un vaisseau que l’Armée avait emmené dans un camion. Mais ces histoires avaient été rapidement mises sous silence grâce au Service de Renseignement militaire Américain.

Les Américains n’étaient pas les plus efficaces pour capturer des espions mais les Renseignements étaient en alerte bien avant que les Russes ne sachent qu’une soucoupe volante avait été récupérée.

Pendant l’été 1947, et à partir de la base du Nouveau Mexique, les agents du CIC questionnèrent quiconque semblait intéressé par ce qui s’était passé à Roswell. Si vous posiez des questions, un couple d’agents frappait à votre porte et fouillait vos affaires sans mandat de perquisition.

Début Août, cette méthode commença à porter ses fruits. Pendant que le Général Twining écrivait son rapport au Commandant de l’Air Force à Washington, les Commandants de la Navy et des Renseignements de la Navy savaient que les Soviétiques avaient une opération de haute priorité sur place, dans les bases militaires, autour de la région. Les agents Soviétiques étaient partout.

Roscoe Hillenkoetter, membre du Groupe sur les ovnis, du Président Truman et directeur du Service Central des Renseignements, informait le Président.

Une opération de renseignement fut immédiatement mise en place.

Il y avait beaucoup de questions : est-ce que cette soucoupe volante était un prélude à quelque chose de plus grand ? Est-ce qu’ils communiquaient avec les Soviétiques ? Étaient-ils alliés avec les Soviétiques ? Est-ce qu’ils sondaient les défenses militaires pour une invasion planétaire ?

Les Militaires avaient toujours estimé que les intentions de ces vaisseaux étaient hostiles, mais que voulaient-ils ?

Un secret si grand, à propos des soucoupes volantes, révélé au public, causerait une panique dans la population civile. C’est pourquoi un plan de camouflage élaboré fut établi. De plus, jusqu’à ce qu’ils sachent ce qu’ils possédaient, les Américains devaient tenir à l’écart les Soviétiques.

Certains disent que ce fut l’idée du Secrétaire à la Défense James Forrestal, d’autres que l’idée vint de Hillenkoetter. Corso ne le sut pas, car pendant la mise en route du plan, il se trouvait à Fort Riley, essayant d’oublier l’image de la Créature flottant dans la caisse.

Peut-être était-ce Forrestal, après tout. Il était la seule personne du cabinet qui pouvait parler au Président. Truman savait comment une histoire pouvait se transformer. C’était pareil pour le Général Twining qui s’était trouvé, lui-même, sur le site du crash. Si Truman voulait des réponses, il devait passer par quelqu’un qui s’était trouvé directement sur les lieux.

"Savons-nous à quoi s’intéressent ces emmerdeurs ?" demanda Truman à propos des Extraterrestres trouvés dans la soucoupe volante.

"C’est une question que nous devons résoudre" répondirent Forrestal et Hillenkoetter.

"Comment allez vous procéder pour cela ?" demanda Truman.

Forrester et Hillenkoetter expliquèrent qu’ils voulaient que le Président écoute ce que le Général Twining avait à dire et ensuite qu’il devait convoquer un groupe de Militaires, de Civils et de Personnels des Renseignements. Dans cette logique, quoi qu’ils décident de faire, cela ne devait pas être rendu public, pour éviter le risque de fuite auprès des Soviétiques.

"Nous ne voulons pas que les journaux et les radios aient quoi que ce soit en mains" dirent ils au Président.

"Winchell voudra me crucifier s’il découvre ce que nous allons faire." dit, apparemment, Truman lors de cette réunion. Personne n’aimait beaucoup le Président Truman et il en avait conscience.

"C’est comme le projet Manhattan, Mr le Président" lui rappela Hillenkoetter, "c’était la guerre, nous ne devions rien dire à personne. C’est à nouveau la guerre : c’est la même chose."

Ensuite, ils expliquèrent qu’après avoir convenu d’un Groupe de travail, ils voulaient créer un détachement spécial pour la recherche extérieure sur la technologie alors que la machine à espionner Soviétique était en route.

"Nous le cacherons au Gouvernement lui-même" expliqua le Secrétaire.

"Créez un nouveau niveau de sécurité juste pour ça" dit le Directeur du Centre des Renseignements. "Toutes les informations que nous déciderons de diffuser, même en interne, devront descendre à un niveau inférieur empêchant, ainsi, ceux qui auront cette information de remonter plus haut. La seule façon de cacher ça aux Soviétiques, c’est de la cacher à nous-mêmes."

Le Président réfléchissait sur la difficulté à cacher un sujet qui était devenu très chaud. Qu’était-il supposé dire quand les gens questionneraient le Gouvernement sur les soucoupes volantes ?

Comment faire des recherches sur ces étranges Créatures sans que les journaux ne mettent la main dessus ?

Comment étudier les propriétés physiques du matériel décrit par Hillenkoetter sans impliquer des gens externes au Gouvernement ?

Truman ne voyait pas comment un Gouvernement dans un Gouvernement pourrait travailler sans perdre le contrôle. Malgré les assurances de Forrestal, le Président restait sceptique.

"Et il y a un point final" dit Truman, "Devons-nous dire au peuple Américain ce qui s’est réellement passé ?".

Il y eut un silence.

"Hé bien" dit Truman, "Le faisons nous ?".

C’était une question simple avec une réponse simple, "Oui ou non". Forrestal et Hillenkoetter répondirent par réflexe, "NON". Forrestal vit cependant que ce ne serait pas aussi facile. Comme Administrateurs en temps de guerre, leur première réponse était naturellement de garder tout secret. Ce que le peuple ne sait pas, il n’avait pas besoin de le savoir. Mais le Président Truman, qui n’avait pas de passé militaire, avait vu autre chose que ni Forrestal ni Hillenkoetter n’avaient expérimenté. Si ces vaisseaux pouvaient échapper aux radars et pouvaient atterrir n’importe où, qu’est ce qui pouvait les empêcher d’atterrir devant la Maison Blanche où devant le Kremlin ? Certainement pas l’Armée Américaine.

"Alors que dirons-nous lorsqu’ils atterriront" continua Truman, "pour ne pas créer plus de panique dans la rue que si nous avions révélé d’emblée ce que nous pensons savoir maintenant. ?"

"Mais nous ne savons concrètement rien" répondit le Directeur des Renseignements. "Rien jusqu’à ce que nous analysions ce que nous avons récupéré".

Le Secrétaire à la Défense et le Directeur des Renseignements étaient d’accord avec le Président Truman sur le fait qu’il soit sceptique et plus spécialement sur ce point final de la révélation publique.

"Donc nous ne pouvons tirer aucune conclusion tant que vous n’aurez pas rencontré le Général Twining" dit Hillenkoetter. "Je pense qu’il fournira quelques réponses à nos questions."

Pendant que Hillenkoetter et Forrestal étaient en discussions avec le Président Truman à propos du groupe de travail, le Général Twining terminait ses premières analyses des rapports et du matériel envoyé à Whrigt Field. Il envoya immédiatement les restes des Extraterrestres à l’Hôpital Naval de Bethesda et à l’Hôpital militaire de Walter Reed pour différentes analyses. Le vaisseau lui-même fut envoyé à Whight Field, mais comme Twining l’avait promis dans son mémo, il se préparait à distribuer le matériel de l’épave à travers les différents bureaux militaires et civiles pour des évaluations complémentaires.

Il avait eu l’assurance de l’Amiral Hillenkoetter qu’une nouvelle classification de sécurité serait mise en place pour Roswell. Personne dans l’Armée, autres que les noms qu’il avait reçu du Président lui-même, ne possédait le niveau de sécurité suffisant pour prendre connaissance de l’histoire de Roswell que Twining devait fournir au Président et au Groupe de travail.

Trois mois après sa visite au Nouveau Mexique afin d’en savoir plus sur ce qui s’était passé à Roswell, le Général Twining rencontrait le Président Truman comme Hillenkoetter et Forrestal l’avaient suggéré. Il expliqua très clairement ce qu’il pensait de l’objet récupéré dans le désert par l’Armée. C’était en dehors de toute compréhension, décrivit-il au Président, rien qui ne pouvait venir de notre Terre. Si les Soviétiques travaillaient sur quelque chose comme ça, c’était si secret qu’aucun Commandant n’en avait entendu parler.

Pour Twining, ce qu’ils avaient trouvé n’était pas "de cette Terre". Après que le Président Truman l’ait entendu, il appela Forrestal, pendant que Twining retournait dans l’Ohio.

Il en était convaincu. C’était plus gros que le projet Manhattan et nécessitait d’être géré à une plus grande échelle et manifestement pour une longue période. Le groupe proposé par Forrestal et Hillenkoetter devait prendre en considération ce qu’ils devraient réellement gérer et pour combien de temps.

Ils devaient essayer de garder le secret du vaisseau extraterrestre crashé à Roswell. Ils devaient le cacher dans ce qui deviendrait plus tard, le plus grand programme de recherche parallèle de l’histoire, la gestion de ce qui pouvait devenir une relation entre l’Amérique et les Extraterrestres.

Le Général Twining montrait clairement dans ses analyses préliminaires qu’ils enquêteraient sur le phénomène des disques volants, Roswell inclus. Ces entités étaient hostiles, disait le Général. Si elles étaient en mission pacifique, elles n’utiliseraient pas des manoeuvres d’esquives pour éviter tout contact, même lorsqu’elles pénétraient dans l’espace aérien Américain au-dessus des installations les plus secrètes.

Elles avaient une technologie bien supérieure à la notre. Ils devaient l’étudier et l’exploiter au cas où ces Entités deviendraient plus agressives. S’ils étaient obligés de se battre dans une guerre spatiale, ils devaient comprendre mieux la nature de leurs ennemis et plus spécialement s’ils devaient préparer le peuple Américain à faire face à un ennemi.

Ça, Truman le comprenait. Il comprenait que Twining lui décrivait les étrangetés d’un vaisseau spatial qui semblait n’avoir ni moteur, ni carburant, ni aucun système de propulsion apparent, bien qu’il dépasse en vitesse nos plus rapides chasseurs. Il décrivait les curieuses créatures à l’air d’enfant, qui étaient à l’intérieur de l’appareil et dont une avait été tuée par balle.

Il décrivait le fait que l’on pouvait voir l’aube de l’intérieur du vaisseau, même si le soleil n’était pas encore levé. Il décrivait également, les débris métalliques qu’ils ne pouvaient pas brûler ou fondre, un rayon de lumière que vous ne pouviez pas voir jusqu’à ce qu’il touche un objet et le brûle,.. etc...

Plus de questions que de réponses, disait Twining. C’était hors des capacités Militaires de faire quoi que ce soit de tout ça. Ça consommerait beaucoup d’énergie humaine, disait le Général, et tout le travail à venir devrait rester secret.

Le Général Twining montra des photos de ces Créatures humanoïdes et des rapports d’autopsies qui suggéraient qu’elles étaient très humaines. Elles devaient avoir eu des rapports avec notre espèce à un moment donné. Elles étaient intelligentes et capables de communiquer. Des témoins, sur les lieux de l’accident, avaient constaté une sorte de télépathie. Ils ne savaient pas si elles venaient d’une autre planète comme Mars, dans notre système solaire ou d’une autre galaxie.

Mais elles possédaient une technologie militaire qui, apparemment, était compréhensible et exploitable même si c’était seulement pour se défendre contre les Soviétiques. Mais en étudiant ce que possédaient ces Extraterrestres, les Américains seraient capables de fabriquer un système de défense valable aussi contre Eux.

A la fin, Twining disait que comme le vaisseau extraterrestre était très ressemblant avec les ailes volantes Allemandes Horten, appareils vus par les aviateurs Américains à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, il suspectait les Allemands d’avoir trouvé quelque chose qu’e nous ne connaissions pas.

La conversation de Twining avec Werher von Braun et Willy Ley, à Alamogordo, dans les jours suivants le crash, le lui avait confirmé. Ils pensaient qu’il y avait une autre histoire à propos de ce que construisaient les Allemands. Les similitudes entre les ailes Horten et le vaisseau récupéré n’étaient pas un accident. Les Américains avaient toujours été émerveillés par la technologie avancée utilisée dans les développements d’armes Allemandes dans un temps si court et pendant la grande dépression. Avaient-ils eu de l’aide ? Peut-être les Américains seraient ils aussi en veine de chance que les Allemands et peut-être allaient-ils récupérer une partie de cette technologie pour eux-mêmes.

Avec des telles capacités de manoeuvres et d’accélérations, ce vaisseau occuperait les ingénieurs Américains pendant des années rien que pour pouvoir en intègrer le concept.

Tout ça était trop gros à cacher pendant tout ce temps alors que les journalistes tournaient comme des chiens autour d’un os. Donc, mettre tout cela sur le plus haut degré de classification n’était pas suffisant. On ne pourrait prévenir les fuites, elles pouvaient venir de partout. Le Général y pensait avant que le groupe ne prenne sa décision finale. Le Président aviserait.

Mi-septembre, tout ça était évident pour chaque membre du Groupe de travail du Président Truman. Le Groupe était constitué de :

- Roscoe Hillenkoetter : Directeur du Bureau Central des Renseignements.
- James Forrestal : Secrétaire à la Défense.
- Le Général Nathan Twining : Commandant de l’AAF puis de l’USAF.
- Donald Menzel : Astronome et expert sur les renseignements cryptographiques de la Navy.
- Vannevar Bush : Président du "Joint Research and Developpement Board".
- Detlev Bronk : Président du "National Research Council" et biologiste qui sera nommé au "National Committee on Aeronautics".
- Le Général Robert Montague : Camarade de classe du Général Twining à West Point. Commandant à Fort Bliss, avec un niveau de commandement supérieur au Commandement de White Sands.
- Gordon Gray : Secrétaire du Président Truman et Président du "CIA’s Psychological Strategy Board".
- Sidney Souers : Directeur du "National Security Council (NSC)".
- Le Général Hoyt Vandenberg : Directeur du "Centre Intelligence Groupe" puis chef de l’équipe de l’USAF en 1948.
- Jérome Hunsaker : Ingénieur en aéronautique et Directeur du "National Advisory Committee on Aeronautics".
- Llyod Berkner : Membre du "Joint Research and Development Board".

À moins que ce groupe n’établisse un plan à long terme pour protéger et développer le projet Roswell, le secret serait bientôt divulgué.

Corso pensait que c’est le Général Twining qui fit la remarque selon laquelle l’histoire était déjà éventée. Elle était sortie, dit-il, quelques heures après le crash puis s’était effacée. En fait, la population du Nouveau Mexique parlait, mais après l’histoire du ballon météo de l’Armée, les journaux Nationaux traitaient les rapports sur les soucoupes volantes comme une vision de gens qui avaient trop regardé de films de Buck Rogers. La presse Nationale avait déjà fait le travail du Groupe. Ce qui était réellement nécessaire, suggéra Twining, c’était une méthode pour rassembler l’information à propos des activités continuelles des ovnis, spécialement les crashs, les observations très probantes des pilotes ou des militaires, ou les rencontres physiques individuelles, et furtives, il fallait faire filtrer cette information par le Groupe pour que l’explication devienne un phénomène complètement identifiable et explicable.

Sous la couverture des explications des soucoupes volantes, les agences appropriées, représentées par des membres du Groupe, pouvaient enquêter librement sur le vrai phénomène ovni. Mais par-dessus tout, dit Twining, il fallait nier complètement et durablement le phénomène des ovnis jusqu’à ce que le public soit préparé à une révélation graduelle, de manière à réduire le potentiel de peur d’une confrontation avec une entité biologique plus puissante venant d’un monde différent. Cela devait être, suggéra Twining, la plus grande Censure et le plus grand programme de relations publiques jamais effectué.

Le groupe fut d’accord. Il ne formait, en fait, rien de plus qu’un gouvernement dans le gouvernement.

"Ce sera" dit le Général Twining, "Un cas où la censure est une révélation et la révélation une censure. Nier tout, mais laisser le sentiment du public faire son chemin ; rester sceptique jusqu’à ce que la vérité devienne plus acceptable".

Le groupe fut d’accord pour établir un projet d’information et de collecte. Il fut nommé BLUE BOOK, et il fut géré par l’Air Force. Pendant que les Officiels du projet BLUE BOOK donnaient des explications sur les observations, le projet entier, en fait, était une machine de collecte des enregistrements photographiques sur l’activité des soucoupes volantes pour l’évaluation et la recherche.

Les observations les plus intrigantes et ayant les plus grandes chances d’être véridiques étaient envoyées au Groupe de travail pour ensuite être envoyées aux différentes Agences de recherches.

Quand Corso entra au Pentagone, la section traitant de la recherche et de l’évaluation des soucoupes volantes s’appelait simplement "Technologie étrangère".

7 - La stratégie

Il y a une vieille histoire qu’entendit une fois Corso à propos des secrets.

Un groupe d’hommes essayaient de cacher les plus importants secrets du reste du monde. Ils prirent leurs secrets et les rangèrent dans une cabane dont la localisation était secrète. Mais la localisation secrète fut bientôt trouvée et dedans furent découverts les secrets que le groupe cachait. Mais avant que les secrets ne soient révélés, les hommes construisirent, rapidement, une autre cabane où ils rangèrent les secrets qu’ils essayaient de garder pour eux. Bientôt, la deuxième cabane fut découverte et le groupe réalisa qu’il devrait donner quelques secrets pour protéger le reste. Donc, ils construisirent une troisième cabane pour protéger tous les secrets possibles. Le processus se répéta de lui-même jusqu’à ce que quiconque voulant trouver les secrets de la première cabane poursuive sa route de cabane en cabane jusqu’à ce qu’il arrive à un cul-de-sac parce qu’il ne connaissait pas la localisation de la cabane suivante.

Pendant 50 ans, ce fut comme ça que les secrets de Roswell furent maintenus secrets et ça continue encore aujourd’hui. Ceux qui cherchent des documents Gouvernementaux déclassés afin de trouver les secrets de Roswell et les contacts que maintiennent les USA avec ceux qui les visitent, trouveront des projets, nom de code après nom de code, chacun avec ses propres dossiers, son propre système de classification, sa propre administration militaire ou gouvernementale, son propre budget et même ses propres rapports sur des documents hautement classifiés. Tous ces projets avaient la même fonction. Gérer la relation en cours avec les visiteurs extraterrestres découverts à Roswell. Ainsi, à chaque niveau, une fois la sécurité violée, pour n’importe qu’elle raison, une partie du secret était révélée à travers la dé-classification, pendant que le reste était emmené dans un nouveau projet classifié ou déplacé dans un projet déjà existant.

Pour ceux qui travaillent dans la logique militaire et gouvernementale, le gouvernement est dynamique, très réactif. Pendant toutes les années après Roswell, ils n’ont pas été seulement une poignée à vouloir savoir ce qui s’était réellement passé, ils étaient des centaines voire même bien plus. En fait, ils n’ont jamais caché la vérité, elle a toujours été là, les gens ne savaient pas ce qu’ils regardaient et ne reconnaissaient donc pas ce qu’ils voyaient.

Le projet BLUE BOOK fut créé pour calmer le Public et le satisfaire d’avoir un organisme qui permette de rapporter les observations. Les projets "GRUDGE" et "SIGN" étaient classés au plus haut niveau de sécurité afin de permettre aux Militaires d’enquêter sur les observations qui n’étaient pas explicables par des ballons, des oies, ou la planète Vénus. BLUE FLY et TWINKLE avaient d’autres buts, comme par exemple camoufler d’autres projets comme HORIZON, HARP, RAINBOW et même la SDI (Space Defense Initiative). Tous avaient en commun la technologie extraterrestre. Mais personne n’en a rien su.

Quand des journalistes, aujourd’hui, décrivent des rencontres extraterrestres, ils se tordent de rire ou vendent l’histoire aux tabloïds, lesquels impriment un dessin d’Extraterrestre avec une grosse tête, des yeux en amande, et six doigts. À nouveau tout le monde rigole, mais c’est ce à quoi ces Choses ressemblent réellement parce que Corso en a vu une en partance pour Wright Field.

Les soucoupes volantes ont vraiment volé au-dessus de Washington en 1952 et il y a plein de photos et de rapports de radars pour le confirmer. Mais ils nièrent tout et ils encouragèrent les écrivains de Science-fiction à faire des films comme "THE MAN FROM PLANET X" pour dégonfler la pression à propos de la vérité sur les soucoupes volantes. C’était appelé camouflage avec révélation limitée et ça marchait plutôt bien. Si le Public pouvait s’en amuser voire même s’en effrayer, en suivant des voies pourvues de leurres placés à cet effet par le Groupe de travail, il serait moins à même de tomber sur ce que nous faisons réellement. Mais que se passait-il réellement ?

Comme l’avait suggéré le Général Twining, dans son rapport, la "Technologie étrangère" était la section pour effectuer des recherches sur les objets extraterrestres de Roswell. "Technologie étrangère" était un terme qui englobait beaucoup : De l’hélicoptère Français, au Mig Russe capturé.

Et si quelques débris technologiques d’un étrange vaisseau en forme d’aile arrivaient dans les bureaux des RD ?

Toute cette recherche était classifiée parce qu’il s’agissait de mises au point d’armes contre les Russes et les journalistes le savaient. Donc les RD n’avaient rien à dire. Les RD étaient la couverture parfaite. Tout ce qu’avait à faire Corso, c’était de chercher quoi faire avec les objets qu’il possédait.

"Venez Phil, allons-y" dit le Général Trudeau à Corso par l’intercom de son bureau.

Corso rejoignit Trudeau dans son bureau. C’était une routine répétée 3 ou 4 fois par jour. Trudeau voulait être mis au courant en personne parce que les murs avaient des oreilles au Pentagone. Leurs discussions étaient toujours privées.

"Donc maintenant, vous savez comment le paquet est arrivé ?" demanda Trudeau. Sur une feuille, Corso avait tracé le chemin de l’information de Roswell du 509e Groupe jusqu’à Fort Bliss, puis de là, à Wright Field, le point de dissémination.

"Je me doutais que cela n’était pas arrivé par la Poste" dit-il, "Je ne pense pas qu’Elle avait un camion assez gros."

"Est-ce que cela peut nous aider à trouver ce que nous devons faire ?" demanda t’il.

Même s’il avait été négligé pendant des années, il était clair que le bureau des RD était la destination voulue de ce paquet. Le Général Twining, plus que quiconque, savait combien le budget des RD était protégé pendant les années de Guerre Froide.

Corso comprenait désormais comment la censure s’était mise en place et il voyait maintenant combien le plan du Général était brillant. À moins qu’ils ne fassent partie du groupe de travail d’Eisenhower, même les membres de la Sécurité Nationale de la Maison Blanche ne savaient pas que les RD servaient de dépôt pour les objets de Roswell. Corso en faisait partie. En fait, c’est jusqu’à ce qu’il voie les dossiers par lui-même que Corso réalisa ce que Twining et son groupe de travail avaient accompli. Au moment où Corso était à la Maison Blanche, tout était, apparemment, de l’histoire ancienne. Les gens étaient plus inquiets à propos des informations sur les observations qui inondaient chaque jour le projet BLUE BOOK que par l’histoire oubliée de Roswell.

Trudeau voulait savoir ce que les recherches de Corso avaient données et ce qu’il savait sur Roswell pendant ses années à la Maison Blanche et ce qu’il avait vu.

"Phil, nous savons tous les deux que le paquet que vous possédez n’est pas une surprise." dit Trudeau.

Corso ne répondit pas car en répondant à cela, il brisait la confidentialité auquel il était assigné par l’équipe de N.S.C. à la Maison Blanche.

"Vous n’avez rien à dire officiellement" continua t’il, "et je ne vous en veux pas. Mais vous pouvez me donner vos impressions sur la façon de parler des gens qui travaillaient pour le Groupe."

"Je n’ai pas travaillé pour le Groupe, mon Général" dit Corso, "Et quoi que j’ai pu voir ou entendre, est dû au fait que c’est passé à côté de moi. Pas parce que j’étais supposé travailler dessus."

Mais Trudeau poussa Corso à se rappeler comment la N.S.C. avait traité avec le Groupe et combien l’équipe du Centre des Renseignements, à la Maison Blanche, pressait pour avoir toute l’information possible sur ce que faisait le Groupe.

Bien sûr, Corso se rappelait de ce qui avait pu se passer à Roswell, à propos de ce qui se cachait derrière le projet BLUE BOOK et aussi à propos de ces lumières survolant Washington en 1952. En 1961, avec les informations que Corso venait de recueillir, il pouvait voir clairement ce qu’il n’avait pas compris en 1955. Il ne comprenait pas pourquoi la CIA était si agressive à propos des observations répétées d’ovnis et pourquoi elle cherchait toutes les informations possibles sur la technologie de Roswell.

Trudeau voulait savoir comment travaillait la bureaucratie, combien d’activités différentes gérait lui-même le Groupe. Le Général W. B. Smith avait remplacé Forrestal après son « suicide » durant la deuxième année de l’Administration Truman. À travers les questions du Général Trudeau, Corso se rendit compte que non seulement il connaissait déjà parfaitement l’histoire mais qu’en plus il savait quels types de problèmes rencontreraient les RD et comment les résoudre.

Ce Groupe était au-dessus du Top-secret et officiellement, n’avait pas le droit d’exister.

Des sous-groupes furent formés pour enquêter sur des zones spécifiques de la Recherche. Ces groupes avaient des niveaux de classifications inférieurs. Le groupe devait déterminer ce qui pouvait être diffusé au public et ce qui devait rester secret, coûte que coûte.

Comme dans l’histoire des cabanes, les membres du groupe créèrent de nouvelles structures de protection pour l’information qu’ils devaient préserver.

Le camouflage officiel pliait sous le poids de l’information que le Groupe devait étudier. La structure du groupe a changé depuis sa formation à la fin des années 40. Ce qui avait commencé comme un groupe de vieux amis était devenu un désordre incontrôlable dans les cinq années à suivre.

Beaucoup de morceaux du gâteau s’échappaient alentour et chaque branche militaire voulait une part du "budget noir". Il était donc nécessaire d’avoir une Administration entière juste pour gérer les gestionnaires de la censure. Ainsi, à un certain moment, en cours d’Administration Eisenhower, le grand camouflage semblait craquer. Personne ne savait ce que faisaient les autres.

Dans les années 50, une cascade d’effets se développa. Ce qui avait commencé par une simple opération de camouflage s’était fragmenté en plusieurs petites unités. Les fonctions de contrôle et de commandement commençaient à faiblir et comme un sous-marin faisant surface, des morceaux d’information émergeaient. Le CIC de l’Armée, une des forces les plus efficaces pour préserver le secret de Roswell, avait faibli à cause de la CIA et du FBI qui poussaient derrière.

À la fin des années 50, le schéma original pour perpétrer le camouflage était défectueux. Les fonctions étaient maintenant gérées par une série de groupes individuels dans les agences militaires et civiles, chacun avait accès à une information limitée, et chacun poursuivait ses propres recherches et enquêtes et chacun se comportait comme si le Super Groupe du renseignement était aux commandes.

Mais comme le Magicien d’Oz, il n’y avait pas de super groupe du Renseignement. Ses fonctions avaient été absorbées par les différents groupes, mais personne n’en parlait parce que ce Groupe n’était pas supposé exister officiellement. Et, pendant les quarante années suivantes, chaque agence crût être gérée par des gens hauts placés.

Rappelez-vous les files d’attente de voitures pendant la crise pétrolière de 1973. Quand un conducteur, pensant qu’une station d’essence était ouverte, attendait à la pompe, 50 minutes après, d’autres voitures attendaient derrière lui. De grandes files de voitures attendaient derrière des pompes qui n’ouvraient jamais parce qu’elles n’avaient pas d’essence.

C’était ce à quoi ressemblait le grand camouflage pendant l’ère Kennedy.

"Il n’y a personne à la maison" dit Trudeau en lisant les notes de Corso, "personne excepté nous. Nous devons faire notre propre politique."

Trudeau était Général, le produit d’un procédé politique et de l’approbation du Congrès. Les Généraux sont faits par le Gouvernement, pas par l’Armée. Ils se trouvent entre le Gouvernement et la vaste machine militaire. Les Généraux sont là pour créer la conduite à suivre afin que la politique militaire fonctionne telle qu’elle est censée le faire.

Trudeau s’apprêtait à appliquer une politique là où 10 ans de groupes de travails secrets avaient échoué : exploiter la technologie de Roswell.

"J’ai besoin de vous pour me dire ce que vous avez trouvé et aussi pour trouver le chemin à suivre en dehors du bureau" dit Trudeau. "Il y a sûrement quelques pièces technologiques dans vos dossiers qui pourraient faire des armes que nous pourrions utiliser pour un de nos hélicoptères. Qu’avons nous à disposition ?" dit-il "Nous devons faire quelque chose sinon personne ne le fera."

Cinq ou six personnes, à la Navy, à l’Air Force et à l’armée savaient ce que possédaient les RD et ils ne diraient rien à quiconque dans leurs branches respectives et rien à la CIA. Donc, dans le cas où ça devrait se passer dans la bureaucratie militaire, la censure deviendrait la censure de la censure, laissant chacun d’entre eux libre de faire ce qu’il veut.

Les Renseignements Militaires disaient que les Soviétiques étaient si infiltrés dans les secrets Américains qu’au Kremlin ils savaient des choses avant que les Militaires Américains soient mis au courant par le Congrès.

L’Armée savait que le KGB avait pénétré la CIA et le responsable de la CIA avait fait partie intégrante du Groupe de travail sur les soucoupes volantes depuis les années 50. Donc, quels que soient les secrets que le Groupe possédait, ce n’était certainement pas des secrets pour le KGB. Mais le KGB et la CIA n’étaient pas réellement les adversaires que tout le monde pensait.

Ils s’espionnaient les uns les autres, si bien qu’en fin de compte ils fonctionnaient comme une seule organisation. Ils étaient tous Espions professionnels. L’information est un pouvoir à utiliser. Vous ne la donnez pas simplement à vos responsables politiques, Républicains, Communistes ou autres, juste parce qu’ils vous le demandent. Vous ne pouvez pas croire les Politiciens, mais vous pouvez croire les autres espions. Les espions étaient donc, finalement, fidèles à leurs groupes et tous les groupes jouaient le même jeu. La CIA, le KGB, les Services Secrets Britanniques et d’autres Agences de Renseignement étaient loyaux envers eux-mêmes et leur profession en premier lieu, seulement ensuite vis à vis de leur gouvernement respectif.

Les Militaires savaient que le KGB, pas le Parti Communiste officiel, récupérait le maximum d’information sur le gouvernement Soviétique et la CIA sur le gouvernement Américain. Des organisations professionnelles d’espionnage comme la CIA et le KGB avaient tendance à se préserver eux-mêmes et c’est pourquoi pas plus les Militaires Russes que les Militaires Américains n’avaient confiance en eux.

Si l’on examine la grande guerre de l’espionnage pendant la Guerre Froide, on s’aperçoit que la CIA et le KGB se comportaient comme une seule organisation. Corso pensait qu’il y avait une raison à cela. Il savait qu’Ils pensaient que les Autres étaient trop stupides pour garder le monde en sécurité. Corso le pensait car il a connu des agents du KGB pendant son activité, il a de plus bénéficié de suffisamment d’information pour se faire une image de l’Union Soviétique durant les années 50 et 60 et cette image était très différente de ce que l’on pouvait lire en première page du "New York Times".

Ils savaient que dans les années 50 et 60, la CIA avait été infiltrée par le KGB et que la plupart des gens du Pentagone jouaient à l’espion entre eux. Ils changeaient d’itinéraires pour aller travailler, utilisaient toujours de fausses histoires pour tester les lignes téléphoniques non sûres, exploraient leurs bureaux à la recherche de micros espions, utilisaient toujours un code lorsqu’ils parlaient avec d’autres sur un sujet sensible.

Ils avaient un agent de renseignement qui lui-même avait des amis dans l’armée Russe qui ne croyaient pas plus au KGB qu’à la CIA. Si le nom de Corso était associé à une histoire, cet agent le prévenait, mais il ne prévenait jamais la CIA. Dans la capitale de son propre pays, ce genre d’information permit à Corso de rester en vie.

La CIA a suivi Corso de très prés pendant ses 4 années à la Maison Blanche. Cela le rendit malade. Puis lorsqu’il revint à Washington, en 1961, pour travailler avec le Général Trudeau, la CIA recommença sa surveillance rapprochée. Le jour suivant, après avoir dit à son patron ce qu’il allait faire, Corso alla directement à Langley, Virginie et entra dans le bureau de son vieil adversaire, le directeur des opérations de camouflages, Frank Wiesner, un des meilleurs amis du KGB.

Corso dit à Wiesner qu’hier serait la dernière journée durant laquelle il se promènerait sans arme. Il posa son 45 sur le bureau de Wiesner et lui dit que s’il voyait encore une surveillance rapprochée le lendemain, Wiesner serait retrouvé dans le Potomac avec deux trous à la place des yeux.

Wiesner lui dit, "Vous n’en ferez rien, mon Colonel". Mais Corso lui rappela qu’il savait très précisément où tous les cadavres étaient incinérés. Tous ces gens qu’il avait fait assassiner par son incurie et pire encore lors de sa coopération avec les Russes. Il raconterait tout ce qu’il savait au Congrès.

Wiesner se rétracta. Lors d’un voyage à Londres, Wiesner se suicida, il fut trouvé pendu dans sa chambre d’hôtel.

Corso n’a jamais raconté son histoire. Deux ans plus tard, en 1963, un des amis de Wiesner à l’Agence lui dit que tout était "Pour rire". Ça faisait partie d’un processus pour recruter Corso à la CIA après son départ à la retraite de l’Armée. Mais Corso voulait travailler pour le Sénateur Strom Thurmond, au Comité des Relations Etrangères et pour le Sénateur Richard Russel à la Commission Warren.

Leurs connaissances communes sur la CIA et le KGB faisaient que lorsque Trudeau exigeait que la CIA sorte pendant les délibérations sur le budget, il savait parfaitement que toute la discussion serait passée au KGB dans les 24 heures.

La CIA était l’ennemi. Vous ne deviez croire personne. Donc il fut évident qu’avant 1961, plus personne ne se rappelait ce que l’Armée avait reçu de Roswell. Tout ce qu’avaient à faire Trudeau et Corso, c’était d’élaborer leur propre stratégie sans faire participer la CIA et les Espions du Gouvernement.

Donc quand le Général Trudeau disait qu’ils devaient faire silence radio sur le paquet de Roswell, Corso savait exactement de quoi il parlait. Si personne ne sait ce que vous possédez, ne le divulguez pas. Mais si vous pensez que vous pouvez en tirer quelque chose à l’extérieur, dites-le. Utilisez toutes les ressources à votre disposition mais ne dites pas tout à tout le monde ce que vous faites. Les seules personnes présentes dans la pièce étaient Trudeau et Corso.

Le Général Trudeau promit, "Je ne dirais rien si vous ne dites rien, Phil."

"Il n’y a personne à part nous, mon Général" répondit Corso.

Dés lors ils commencèrent à élaborer une stratégie. "Hypothétiquement" dit Trudeau, "quelle est la meilleure conduite à tenir pour exploiter ce que nous avons sans que quiconque ne devine que nous faisons quelque chose de spécial ?"

"Simple mon Général" dit Corso, "Nous ne faisons rien de spécial"

"Vous avez un plan ?" questionna Trudeau.

"Plus une idée qu’un plan" commença Corso, "Mais elle commence comme ça : c’est ce que vous avez demandé. Si nous ne voulons pas que quelqu’un pense que nous faisons quelque chose sortant de l’ordinaire et bien, nous ne ferons rien qui sorte de l’ordinaire. Quand le Général Twining a fait ses recommandations au Président Truman et à l’Armée, il n’a pas suggéré qu’ils feraient quelque chose de différent avec ce dossier qu’avec les dossiers habituels. Donc travail habituel. C’est comme cela que le groupe opérait. Ce qu’ils ont fait, c’est d’organiser un plan de travail même si ça n’avait jamais été fait auparavant. C’était le camouflage : Ne changez pas les choses mais utilisez vos procédures habituelles pour manipuler cette technologie extraterrestre."

"Donc, quelles sont vos recommandations ? " demanda Trudeau.

"Nous allons suivre le même chemin que ce bureau a toujours utilisé : les rapports." dit Corso, "Je vais écrire des rapports sur la technologie extraterrestre comme tout autre rapport sur une technologie étrangère. Ce que je vois, ce que je pense des potentiels, où nous pouvons les développer, avec quelles entreprises et avec quels styles de contrats."

"Quand commencez-vous ? " demanda le Général.

"Je vais établir une liste du dossier, je vais aller voir les Scientifiques autorisés avec lesquels nous pouvons agir en confiance, comme Oberth et von Braun, pour des conseils."

"Je vois ce que vous voulez dire" dit Trudeau, "bien sûr, nous allons lister tous nos Entrepreneurs dans la Défense, aussi. Pour savoir lesquels ont des contrats de développements en cours qui nous permettraient d’y insérer nos projets directement."

"Exactement, les contrats existants seront la couverture sur ce que nous développerons." dit Corso, "Rien ne sortira de l’ordinaire parce que nous ne commencerons jamais rien qui ne soit déjà commencé dans un contrat précédent."

"C’est juste un grand brassage" dit Trudeau.

"Ce que nous allons seulement faire" dit Corso, "C’est de mélanger la technologie actuelle en cours de développement avec la technologie extraterrestre et nous allons laisser les entreprises déposer leurs propres brevets d’inventions."

"Bien sûr" réalisa Trudeau, "S’ils possèdent leurs propres brevets, nous aurons complètement inversé l’étude de la technologie."

"Exactement, c’est cela. Personne ne le saura jamais. Nous ne dirons jamais aux entreprises d’où vient cette technologie, ainsi le monde connaîtra l’histoire de ces brevets comme faisant partie de l’histoire des inventions."

"C’est une couverture parfaite" dit le Général, "Où allez-vous commencer ?"

"Je vais écrire mes premières analyses et recommandations cette nuit." promit Corso, "Il n’y a pas un moment à perdre."

Corso commença son propre rapport par les rapports d’autopsies dans lequel il indiqua :

"Il faisait état d’un être de 110 cm. Le corps semble décomposé et les photos elles-mêmes ne sont pas très utilisables sauf pour la curiosité. Ce sont les rapports médicaux qui sont intéressants. Les organes, les os, et la peau sont différents des nôtres. Le coeur de la créature et ses poumons sont plus gros que ceux des humains. Les os sont plus fins mais semblent plus solides comme si les atomes étaient alignés pour une plus grande résistance à la tension. La peau démontre aussi un alignement atomique différent avec ce qu’il semble avoir pour finalité de protéger les organes vitaux des rayons cosmiques ou des ondes gravitationnelles que nous ne comprenons pas.

Les rapports médicaux suggèrent que les médecins ont été plus surpris par les similitudes entre l’être trouvé dans le vaisseau et l’être humain que les différences (note : les rapports de la NSC font référence à cette créature comme une entité biologique extraterrestre ou EBE). En particulier le cerveau est plus gros dans l’ EBE mais différent du nôtre."

Corso décrivit tout ça pendant une des nombreuses nuits qu’il allait passer cette année-là, ébauchant des notes qu’il taperait plus tard dans des rapports officiels qui ne seraient vus que par le Général Trudeau et apportant des conclusions qui ressembleraient plus à de la Science-fiction qu’à la réalité.

Corso pensait que ses rapports ne verraient jamais la lumière du jour. Dans la réalité quotidienne du monde, ils semblaient, même maintenant, fantastiques. Est-ce que c’était réellement ce qu’il avait écrit ? ou quelqu’un d’autre ?d’où venaient les idées ?

"Si l’on considère les facteurs biologiques similaires qui affectent l’être humain, comme les coureurs de fonds pour lesquels le coeur et les poumons sont plus gros que la moyenne, les montagnards dont la capacité pulmonaire est plus grande que ceux qui vivent au niveau de la mer et même aux athlètes dont l’alignement musculaire est différent des autres, on peut supposer que les EBE représentent la fin d’un processus génétique pour les adapter aux voyages spatiaux de longues distances, dans un environnement électromagnétique et à des vitesses telles que décrites dans la théorie de la relativité d’Einstein ?

(note : le Dr Herman Oberth suggéra qu’il faudrait considérer l’appareil de Roswell, non pas comme un vaisseau spatial, mais comme une machine temporelle. Son rapport technique sur la propulsion est joint.) ".

8 - L’E.B.E.

Les EBE sont décrites dans les rapports d’autopsies plutôt comme des robots humanoïdes que comme une forme de vie. Vie fabriquée spécialement pour les voyages longue distance dans l’espace et le temps.

En été, Corso fit son premier rapport pour le Général Trudeau. Et quel rapport ! Il donnait le ton pour tous les autres ainsi que les recommandations que ferait Corso pour le Général pendant les deux années suivantes. Ce rapport commença avec la plus grosse trouvaille : les Extraterrestres eux-mêmes.

Les rapports médicaux et les photos, qui se trouvaient devant Corso, lui suggéraient que la Créature était remarquablement adaptée à un long voyage spatial.

Par exemple, le temps biologique.

Les médecins de Walter Reed émettaient l’hypothèse que le temps devait passer très lentement pour cette Entité parce qu’elle possédait un métabolisme très lent, mis en évidence, disaient-ils, par les énormes capacités du coeur et des poumons. La physiologie de cette créature indiquait que ce n’était pas une créature qui avait un corps devant travailler dur pour se sustenter. Un gros coeur impliquait qu’il battait moins vite qu’un coeur humain pour conduire le fluide, comme du fluide lymphatique, à travers un système circulatoire limité, primitif et de capacité réduite.

Le résultat devait être que l’horloge biologique battait moins vite que celle d’un humain et probablement permettait à la créature de voyager sur de grandes distances dans un temps biologique plus court que celui d’un humain.

Le coeur était en état de décomposition avancé au moment où les chercheurs de Walter Reed avaient mis la main dessus. Ils pensaient que l’atmosphère Terrestre était légèrement toxique pour les organes de la Créature. Le personnel médical du 509e Groupe avait rapidement mis dans un gel de préservation une de ces créatures : ce que Corso avait vu des années auparavant.

Les médecins pathologistes de Walter Reed furent incapables de déterminer avec certitude la structure du coeur de la créature excepté qu’il fonctionnait comme une réserve passive de sang ainsi que comme une pompe qui ne travaillait pas de la même façon qu’un coeur humain. Ils disaient que le coeur de l’Extraterrestre semblait avoir un diaphragme musculaire interne qui devait travailler plus dur qu’un coeur humain parce que les créatures devaient survivre dans une zone de gravité réduite, en tout cas, telle que la gravité est comprise actuellement.

Comme les chameaux stockent l’eau, la Créature stockait une atmosphère respirable dans ses poumons de grande capacité. Ces poumons travaillaient comme un réservoir d’essence, envoyant l’atmosphère, très lentement, dans le système de la Créature.

À cause de son gros coeur et de la capacité de ses poumons, les Chercheurs croyaient que ça permettait de réduire le transport d’un volume important d’atmosphère pendant le voyage. Les créatures ne faisaient que 120 cm de haut et les poumons occupaient une grande partie de la cage thoracique. Cela indiquait aussi que peut-être la créature était spécialement conçue pour les voyages de longues distances.

Ils pensaient que le coeur et les poumons étaient "Bio-fabriqués" et donc le squelette aussi.

Bien qu’elle soit en état de décomposition avancée, les os de la Créature ressemblaient à de la fibre. Ils étaient comparables aux os humains tels que : côtes, sternum, clavicules et pelvis. Les pathologistes spéculèrent sur les os qui étaient plus flexibles que ceux d’un humain et plus résistants. Ceci pouvait avoir pour but d’absorber les chocs. Les créatures semblaient bien adaptées, avec ce type de squelette, aux chocs et aux forces extrêmes.

L’équipe de récupération, à Roswell, avait signalé que deux Créatures vivantes après le crash avaient des difficultés pour respirer notre atmosphère. Peut-être était-ce dû au fait qu’elles avaient été éjectées de leur vaisseau, non protégées de notre gravité ou de notre atmosphère. Personne ne le savait. Personne ne savait non plus si la créature morte peu après le crash était morte à causes des blessures causées par les armes des sentinelles ou pour d’autres raisons. Les témoins militaires racontèrent des histoires différentes à propos de la Créature qui survécut et qui essaya de s’échapper.

Certains disaient qu’elle luttait pour respirer, d’autres disaient qu’elle agonisait uniquement après avoir été "flinguée" par les sentinelles. Corso pensa que c’était peut-être la forte gravité de la Terre qui l’avait d’abord fait paniquer. Ça pouvait expliquer sa respiration laborieuse. Puis après avoir été "flinguée", elle avait de la peine à respirer en raison de ses blessures. Le rapport médical ne mentionnait rien à propos de gaz toxique ou d’une atmosphère quelconque que la Créature aurait pu respirer.

Si le vaisseau de Roswell était un appareil de surveillance, comme le pensaient des Chercheurs à Wright Field, alors il est probable que les Créatures n’avaient pas l’intention de quitter ce vaisseau. C’était un vaisseau équipé avec un appareillage capable de percer la nuit en utilisant la différence de température des objets pour créer une image visuelle permettant aux occupants du vaisseau de voir dans l’obscurité. Et parce qu’il pouvait apparaître et disparaître des écrans radars, les chercheurs pensaient que les Créatures restaient simplement à l’intérieur du vaisseau et observaient.

Peut être que d’autres types de vaisseaux de la même culture étaient équipés pour atterrir ou effectuer des missions à l’extérieur ce qui permettaient à l’équipage de sortir sans conséquences aucunes. Les médecins ne spéculèrent pas là-dessus.

Ce qui intrigua ceux qui inspectaient le vaisseau, une fois envoyé à Wright Field, c’était la totale absence de nourriture et de moyens pour la préparer. Il n’y avait aucun garde-manger à bord. À l’époque ou le voyage dans l’Espace était de la science-fiction, les analystes militaires étaient toujours au travail pour formuler des idées sur la façon d’intégrer cette technologie. Ce n’était pas pour voyager vers d’autres planètes mais pour naviguer autour de la Terre. Si vous voulez mettre des hommes en orbite terrestre, comment allez-vous gérer leurs déchets, fournir l’oxygène adéquat et les nourrir pendant des périodes prolongées ?

Après avoir développé un véhicule assez puissant pour mettre un vaisseau en orbite autour de la Terre, le garder assez longtemps pour qu’il puisse effectuer sa mission était le problème suivant.

Le vaisseau de Roswell semblait avoir résolu ce problème, mais il n’y avait aucune indication sur la façon de préparer la nourriture et comment gérer les déchets.

Il y avait beaucoup de spéculations de la part des Chercheurs à propos de la composition de ces créatures et de ce qui pouvait les nourrir. D’abord, les médecins étaient plus intéressés par les similitudes entre les Créatures et les humains que par les différences. Plutôt qu’une apparence hideuse d’insecte ou de reptile mangeur d’homme comme dans "La Guerre des mondes", ces Créatures ressemblaient à de petites versions d’hommes, différentes voilà tout. C’était sinistre.

Bien que les médecins n’aient pas pu définir les fonctions chimiques de leurs corps, ils avaient déterminé qu’elles ne contenaient pas de nouveaux organes. Le rapport que Corso avait en sa possession suggérait une nouvelle organisation des organes qui nécessitait une plus ample évaluation avant de formuler une opinion. Un intérêt spécifique en était le fluide qui servait de sang à la Créature mais qui servait aussi à réguler les sécrétions glandulaires de façon plus marquée que dans un corps humain. Pour ces entités biologiques, les systèmes sanguins et lymphatiques semblaient combinés. Si un échange nutritionnel se produisait entre ces deux systèmes, cet échange pouvait seulement prendre place à travers la peau de la Créature parce qu’elle ne possédait ni organes digestifs ou intestinaux.

Le rapport médical révélait que les créatures étaient recouvertes d’une pellicule protectrice, d’un seul tenant, une autre peau dans laquelle les atomes étaient alignés afin de fournir une meilleure résistance tissulaire et une grande flexibilité. Un examinateur décrivit que ceci lui rappelait une toile d’araignée. Ça semblait très fragile mais était très résistant. La qualité unique de la toile d’araignée provient de l’alignement de ses fibres qui permet de résister à une grande pression.

Le vêtement, ou seconde peau, de la créature avait été littéralement tissé autour de son corps, lui fournissant une parfaite peau protectrice. Les médecins n’avaient jamais rien vu de tel.

L’alignement des fibres du vêtement suggérait aux médecins qu’il pouvait aussi protéger le porteur des rayons cosmiques qui bombardent tout vaisseau évoluant dans l’espace. Les organes internes semblaient si fragiles et si grands que les médecins de Walter Reed pensaient que sans ce vêtement, la Créature aurait été trop vulnérable au constant bombardement de particules d’énergie. Tout voyageur de l’espace subirait, sans protection, le même sort : il cuirait comme dans un four à micro-ondes. Le bombardement de particules à l’intérieur du vaisseau serait si intense qu’il accélérerait la structure atomique de la Créature et la chaleur résultante l’aurait littéralement cuit.

Les médecins étaient fascinés aussi par la peau interne de cette Créature. Elle ressemblait à une couche de peau de tissus gras comme ils n’en avaient jamais vu auparavant. Elle était, de plus, complètement perméable comme si elle faisait constamment des échanges chimiques avec les systèmes sanguin et lymphatique. Était-ce la façon dont la Créature se nourrissait et la façon dont les déchets étaient gérés ?

La très petite bouche et l’absence de système digestif, troublèrent les Chercheurs, au début, parce qu’ils ne savaient pas comment ces Créatures se nourrissaient. Mais leurs hypothèses selon lesquelles les processus chimiques de la peau et peut-être même le « gaspillage chimique » lors de la circulation, pouvaient peut-être expliquer l’absence de moyens pour la gestion de nourriture et l’absence de déchets dans le vaisseau.

Corso pensait que ces Créatures n’avaient pas besoin de nourriture ou de toilettes parce qu’elles n’étaient pas des formes de vies, juste une sorte de robot ou d’androïde. Une autre explication suggérée par les ingénieurs de Wright Field était que ce vaisseau devait être juste un petit vaisseau qui ne s’éloignait pas trop d’un plus gros. Le métabolisme démontrait qu’elles pouvaient survivre pendant des périodes prolongées en se nourrissant d’une petite ration alimentaire jusqu’à leur retour à la base. Ni les ingénieurs, ni les médecins n’avaient d’explication sur l’absence de toilettes à bord du vaisseau.

Personne ne concevait le circuit des excréments. Corso pensait que la peau de la créature était plus ressemblante à une écorce de plante qu’à de la peau humaine. Cela pouvait expliquer l’absence de nourriture et de toilettes. Une attention toute particulière fut apportée, lors de l’autopsie, au cerveau de ces Créatures, leurs tailles, nature et anatomie.

Des témoins lors de la récupération du vaisseau, avaient signalé l’impression de recevoir des sensations de la Créature mourante. Sensations de douleurs et de souffrances. Personne n’entendit la Créature produire un son, les sensations pouvaient être de la télépathie. Les témoins avaient déclaré qu’ils n’avaient pas entendu de mots distincts dans leurs cerveaux, juste des sensations, plus simples que des phrases mais aussi plus complexes parce que ces mêmes témoins étaient capables de prendre part, non seulement à la souffrance de cette Créature, mais aussi à son désarroi, comme si elle pleurait les autres qui avaient péri dans le vaisseau.

Les médecins pensaient que le cerveau extraterrestre, disproportionné en relation au cerveau humain et à la taille de cette Créature, était constitué de quatre parties. Les Créatures étaient mortes et leurs cerveaux avaient commencé à se décomposer. Même avec ces Créatures vivantes, la technologie médicale de 1947 n’aurait rien fait de plus, faute des scanners à ultrasons des laboratoires d’aujourd’hui. Les médecins n’avaient pas de moyens pour évaluer la nature des lobes ou des "sphères" comme ils les appelaient dans un rapport. Excepté la grande interrogation sur la nature du cerveau et de son pouvoir psycho-kinétique, les rapports étaient très légers en véritables données.

Une des preuves possibles de la manière de travailler des cerveaux extraterrestres était ce que Corso appelait dans ses rapports : "Le bandana".

Cet objet ressemblait à un bandeau de tête sans aucun ornement ou décoration. Fabriqué dans une sorte de plastique flexible avec des senseurs et des contacts électriques similaires à ceux d’un électroencéphalogramme.

Cet élément était placé autour du crâne de l’Extraterrestre, juste au-dessus des oreilles, à l’endroit où le crâne commençait à s’enfler pour contenir le gros cerveau. En ce temps-là, les rapports de Wright Field indiquaient que les ingénieurs pensaient que ça pouvait être une sorte d’appareil de communication, comme le micro des pilotes pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Inutile de dire que pendant les quelques heures durant lesquelles cet objet s’était trouvé à Walter Reed, plus d’un officier du 509e Groupe l’avait mis autour de la tête pour voir ce que ça produisait. Au début, ça ne faisait rien. Il n’y avait pas de boutons, pas d’interrupteurs, pas de fils électriques, rien qui ne puisse suggérer que c’était un panneau de contrôle.

Personne ne savait comment l’allumer ou l’éteindre. Cette bande n’était pas vraiment ajustable bien qu’elle soit assez élastique pour s’adapter à toutes les têtes. Toutefois, les rapports indiquaient que quelques Officiers qui avaient un tour de tête assez large pour l’avoir en contact avec toute la surface du crane avaient eu le choc de leur vie.

Les Officiers signalèrent comme une sensation de picotement dans le crâne et un impressionnant ballet de couleurs changeantes et qui explosaient sous les paupières alors qu’ils le tournaient autour de la tête et posaient les capteurs à différents endroits du crâne.

Ces rapports de témoins suggéraient à Corso que ces senseurs stimulaient différentes parties du cerveau et en même temps échangeaient des informations avec le cerveau. Cet objet était un système sophistiqué pour traduire les impulsions électriques, du cerveau des Extraterrestres en ordres spécifiques de fonctionnement. Peut-être cela permettait-il de gérer les systèmes de propulsion et de navigation du vaisseau.

C’est seulement lorsqu’ils développèrent le projet de recherche sur les ondes cérébrales que Corso comprit ce qu’ils possédaient et comment il devait être développé. Cela prit très longtemps pour récolter les fruits de cette technologie mais 50 ans après Roswell, des versions de ce système sont devenues un composant du système de navigation de quelques uns des hélicoptères les plus sophistiqués et plus tard une interface électronique pour les jeux sur ordinateurs individuels.

Les ingénieurs du 509e Groupe étaient aussi surpris par l’absence de contrôles traditionnels et de système de propulsion dans le véhicule crashé. D’après ces rapports et les objets, Corso imagina que les clefs pour comprendre ce qui faisait bouger et ce qui dirigeait le vol du vaisseau n’était pas dans le vaisseau lui-même mais dans la relation entre les pilotes et le vaisseau. Avec l’hypothèse d’un système de guidage par ondes cérébrales, cela démontrait un concept de guidage de vol révolutionnaire dans lequel le pilote était le système. Corso pensait que c’était de cette façon que se faisait la navigation du vaisseau, avec une relation directe entre les ondes cérébrales du cerveau des pilotes et les systèmes de contrôles.

Les ondes cérébrales étaient interprétées par le ‘bandana’ qui servait d’interface. Corso ne reçut jamais de copie de l’autopsie de l’extraterrestre que la Navy avait reçu du Général Twining. Il avait seulement lu les rapports militaires. Initialement, les cadavres furent stockés à Wright Field, puis ils furent envoyés dans d’autres services. Quand l’Air Force devint une branche à part de l’Armée, les corps stockés à Wright Field, ainsi que le vaisseau, furent envoyés à la base de Norton, Californie où l’Air Force commença ses expériences pour dupliquer la technologie du véhicule.

L’Air Force étudia les capacités de vol du vaisseau et comment s’en défendre.

Ces expériences eurent lieu à Norton, puis finalement, à Nellis, Nevada, au fameux site de Groom Lake où la technologie Stealth fut développée. L’Armée n’était intéressée que par les systèmes d’armements à bord du vaisseau et leur réutilisation possible dans ses propres installations.

Le vaisseau original de Roswell resta à Norton où l’Air Force et la CIA maintinrent une sorte de musée extraterrestre. Mais les expériences sur la réplique du vaisseau extraterrestre continuèrent pendant les années durant lesquelles les Ingénieurs cherchèrent à adapter les systèmes de navigation et de propulsion à la technologie actuelle et ça continue encore..

Corso n’a jamais vu le vaisseau à Norton mais il vit assez de rapports passer dans son bureau pour savoir quel en était le secret et comment il était mû. Il n’y avait pas de système de propulsion conventionnel pour expliquer le vaisseau de Roswell. Il n’y avait pas de moteur nucléaire, pas de fusées, pas de réacteurs. Certains du RD cherchèrent à adapter le système de guidage du vaisseau à la technologie actuelle. Mais des années 1960 aux années 1970, ils échouèrent pour le rendre opérationnel. Le vaisseau de Roswell était capable de déplacer la gravité à travers la propagation d’ondes magnétiques. Une fois ceci découvert, les Ingénieurs cherchèrent comment le vaisseau pouvait contenir sa capacité électrique et comment les pilotes pouvaient vivre à l’intérieur d’un champ magnétique.

Le résultat ne serait pas seulement une grande découverte, mais aussi des bénéfices chiffrés en milliards de dollars au travers de contrats de développements pour une nouvelle génération d’appareils militaires aériens et de sous-marins.

Les premières révélations sur la nature du vaisseau et son interface avec le pilote arrivèrent très rapidement pendant les premières années de tests à Norton. L’Air Force découvrit que le véhicule entier fonctionnait comme un conducteur géant. Le vaisseau stockait lui-même l’énergie nécessaire pour propager la vague magnétique afin de le soulever afin qu’il puisse atteindre des vitesses supérieures à 7000 km/h.

Les pilotes n’étaient pas affectés par la force G durant l’accélération parce qu’à l’intérieur du vaisseau, tout se passait comme si la gravité était pliée autour de l’onde développée par le vaisseau. C’était peut-être comme voyager à l’intérieur d’un ouragan. Mais comment l’interface travaillait-elle entre les pilotes et l’onde générée ?

Corso écrivit dans son rapport à Trudeau que le secret de ce système pouvait se trouver dans le vêtement que portait les créatures. Ces créatures n’étaient pas simplement les pilotes d’un véhicule, elles étaient partie intégrante du circuit électrique de ce véhicule, le déplaçant de la même façon que l’on bouge un muscle. Le vaisseau était simplement une extension de leurs propres corps parce qu’il était lié à leurs systèmes neurologiques. Donc ces créatures étaient capables de survivre de manière prolongée à l’intérieur d’un haut champ d’énergie en devenant le circuit primaire de contrôle de l’onde.

Elles étaient protégées par leurs vêtements qui les recouvraient de la tête aux pieds. Leurs vêtements les rendaient capables de faire un avec le vaisseau, de faire partie de l’onde. En 1947, c’était une technologie si nouvelle qu’elle était effrayante et frustrante. Si les Américains pouvaient reproduire seulement la source d’énergie de l’appareil, ils obtiendraient une technologie qui dépasserait toutes les formes de propulsions à réactions classiques.

C’est ce qu’ils essayent encore de faire aujourd’hui, 50 ans après le crash de Roswell.

Corso voulait commencer son propre rapport avec les rapports d’autopsies des Extraterrestres et ensuite sur ce qu’ils pouvaient comprendre de la technologie du vaisseau spatial.

Corso entra dans le bureau du Général Trudeau et dit : "Voici le rapport que vous attendez, mon Général".

Ce rapport contenait bien plus que Trudeau ne le pensait parce que le sujet était nouveau et compliqué. Corso savait qu’il traitait de quelque chose qui pouvait changer le monde. Il était dans les RD et avait la responsabilité de ce matériel comme le Général Twining l’avait prédit, 50 ans plus tôt.

Corso avait trouvé des pièces d’un puzzle pour une nouvelle ère de technologie. Pendant des années, les Scientifiques avaient imaginé ce que pourrait être un voyage dans l’espace, spécialement depuis que les Russes avaient lancé Spoutnik. Les plans pour une base militaire lunaire étaient développés par l’Armée dans les années 50 sous la responsabilité du Général Arthur Trudeau mais cela avait été stoppé en raison de la création de la NASA. Ces plans avaient pour but de se confronter avec les problèmes de voyage dans l’Espace. Mais le vaisseau montrait qu’une race extraterrestre s’était adaptée elle-même au voyage dans l’espace, aux différentes gravités, aux rayons cosmiques et aux ondes magnétiques.

Tout ce qu’avaient à faire les RD, c’était utiliser les vastes ressources militaires et industrielles à leur disposition pour récolter les fruits de cette technologie.

9 - Les projets démarrent

« C’est un rapport diabolique », dit le Général Trudeau, en regardant la liasse de papiers que Corso lui avait emmené ce matin-là. Corso avait attendu depuis 6h00 du matin son retour au Pentagone. « Que faites-vous ? Vous avez passé la nuit à écrire ? »

« J’ai fait quelques heures supplémentaires » dit Corso, « je ne veux pas passer trop de temps avec ce dossier dingue quand les gens sont supposés travailler. »

Le Général sourit mais au fond était impressionné.

La Recherche militaire et les Agences de développements étaient mises sous pressions par le Congrès afin d’obtenir des succès. Le projet Horizon dormait dans sa propre armoire et prenait la poussière.

Il y avait un intérêt croissant dans l’Armée sur le fait qu’elle soit impliquée avec les Français en Indochine contre le Vietcong.

C’était une guerre que les Américains ne pouvaient pas gagner mais qui pomperait toutes les ressources de la vraie guerre avec l’Europe de l’Est.

Donc, plutôt que de marquer quelques buts, le Général Trudeau avait besoin de projets pour garder les Agences civiles sous pression et empêcher la fuite de leurs ressources.

Le Général Trudeau poussa pour un plan tactique.

« Nous savons ce que nous voulons faire, mon Général » dit Corso, « et voila comment j’aimerais commencer. »

Corso expliqua qu’il voulait compiler une liste de toutes leurs ressources humaines, comme les scientifiques Allemands sur les fusées qui travaillaient à Alamogordo et White Sand. Corso avait rencontré beaucoup de spécialistes sur les systèmes de guidages de missiles pour le programme de missiles guidés à Red Canyon.

C’étaient ces gens que Corso voulait rassembler dans un ‘Brain Trust’. Des gens avec lesquels il pourrait parler des étranges objets qui n’étaient pas originaires de la Terre.

C’étaient ces Scientifiques qui pourraient lui dire quoi faire de tout cela.

« Et après ce ‘brain trust’ », demanda Trudeau, « Quoi ? »

« Opposez-les à ces technologies » dit Corso. Il savait qu’ils (Trudeau et lui) marchaient en aveugle avec ce matériel. Ils ne pouvaient pas parler de tout ça avec la Communauté scientifique et académique parce qu’ils auraient perdu rapidement le contrôle de leurs secrets.

D’un autre côté, beaucoup de ces secrets concernaient l’armement et il y avait des règles très strictes sur ce qu’ils pouvaient dévoiler ou non sans les autorisations appropriées.

Mais leur ‘brain trust’ était inestimable. Et avec les bonnes orientations et contrôles de sécurité, ils pourraient donner leurs secrets.

« Quels Scientifiques avez-vous en tête ? » demanda Trudeau.

« Je pense à Robert Sarbacher » dit Corso, « Wernher von Braun, bien sûr, Hans Kohler, Hermann Oberth, John von Neumann. »

« Que savent-ils sur Roswell ? » voulut savoir Trudeau. S’ils avaient été consultés en 1947 sur le matériel de Roswell, comme Wernher von Braun l’avait été par le Général Twining, alors ils ne révéleraient aucuns secrets. S’ils ne savaient rien sur le crash, alors ils prendraient des risques en divulguant des informations classées au-dessus du Top-secret.

Trudeau voulait savoir à quel point il était risqué d’impliquer ces Scientifiques. Mais Corso le rassura sur le fait que tous savaient déjà quelque chose sur Roswell en raison de leurs relations avec les RD.

Durant l’Administration Eisenhower, l’information à propos des recherches classifiées sur les Extraterrestres était filtrée par le bureau des RD parce que la tête des RD était une des premières personnes membres du groupe à l’origine.

« J’étais à la Maison Blanche quand Sarbacher était dans le comité, mon Général » dit Corso, « Je suis presque sûr qu’il était dans le secret avec Hermann Oberth. Il m’a toujours dit que les objets que l’on voyait sur les radars à Red Canyon, et qui disparaissaient, étaient probablement du même genre que le vaisseau extraterrestre récupéré à Roswell. Donc il savait, mais je ne sais pas comment. »

« Hé bien ! Ce sont en fait de bonnes nouvelles » dit le Général Trudeau, « Je ne voudrais pas être celui qui autorisera la diffusion d’information classifiée à quelqu’un qui n’en connaissait au préalable, rien et je ne veux pas vous mettre dans la position, d’avoir à expliquer, aux plus hautes autorités, la raison de la diffusion d’informations top-secrètes à des gens sans autorisations, même pour la sécurité du pays. »

Corso apprécia tout cela, mais pour que leur plan réussisse, ils avaient besoin de l’aide d’experts comme von Braun, Oberth et Sarbacher.

« Comment allez vous les approcher ? » demanda Trudeau.

« Nous devons d’abord faire un inventaire de tous les contrats industriels avec la Défense que nous pourrons gérer, mon Général » dit Corso, « Mêler les contrats et les systèmes que nous développons avec le matériel que nous possédons pour voir comment ils l’adapteront. Ensuite nous introduirons les Scientifiques pour consultation afin d’être sûr de ce que nous avons. »

« Voyons une première liste de production potentielle » suggéra le Général, « pour voir où nos contrats nous emmènent et où les Scientifiques peuvent aider. Et vous savez ce qui se passera alors ? » questionna Trudeau.

"Nous allons vous coller dans des vêtements civils et vous envoyer sur la route pour rendre visite à nos amis qui ont des contrats avec la Défense"

"Je ne vais quand même pas y aller avec mes décorations" s’enhardit Corso en plaisantant.

"Je veux que personne ne sache qu’un lieutenant Colonel en bonne place sur la liste de recherche de la CIA, rend visite aux entreprises impliquées dans les différents contrats avec la Défense, qui plus est équipé d’une mystérieuse mallette pleine de trucs que personne ne connaît. On ne va quand même pas vous mettre un écriteau !" Il rigola. Cet après-midi là, Corso retourna à son rapport sur l’EBE et son vaisseau et commença à faire la liste des énigmes qu’il contenait et les opportunités pour de nouvelles productions qu’il représentait.

Quel était le moteur ou l’énergie utilisée par ce vaisseau ? il n’avait pas de propulseurs, pas de réacteurs. Il n’avait pas de système de propulsion comme les V2, il ne contenait aucun carburant. À la base de Norton où le vaisseau fut éventuellement rangé, les ingénieurs étaient émerveillés par le prodigieux amalgame du cuivre le plus raffiné et de l’argent le plus pur encore jamais vu qui recouvrait l’extérieur du vaisseau.

Ce métal était remarquable par sa conductivité, comme si le vaisseau en entier était un circuit électrique n’offrant aucune résistance au courant.

C’était quelque chose que les techniciens ne pouvaient dupliquer. Dans les années 50, à la base de Norton, deux prototypes du vaisseau extraterrestre furent fabriqués mais ils n’eurent jamais la puissance du vaisseau qui s’était écrasé.

À la place, on mit des générateurs de fusion nucléaire mais ils étaient inefficaces et dangereux. Même le générateur nucléaire qui fournissait l’énergie pour les satellites Soviétiques et Américains dans les années 60 était inefficace pour les besoins de la réplique du vaisseau spatial.

Donc la question restait entière : quelle était l’énergie du vaisseau spatial ?

Corso fit la liste de toutes ses découvertes :

Le vaisseau en forme de croissant n’a pas de systèmes de contrôles directionnels que nous connaissions. Il n’y a pas de manettes, pas de roues, pas de pédales, pas de câbles, pas de vannes, pas de volets ou gouvernes. Comment ces Créatures contrôlaient ce vaisseau et comment contrôlaient-elles la vitesse, accélérant d’un point stationnaire, comme un hélicoptère, à des vitesses supérieures à 7000 miles/h en quelques secondes ?

Comment ces créatures étaient protégées des forces d’accélération ? les pilotes pendant la Deuxième Guerre mondiale devaient porter une combinaison spéciale pour diffuser l’oxygène et éviter le ‘black out’. Mais rien ne fut trouvé dans les vêtements de ces Créatures qui indique qu’elles devaient faire face au même problème.

Leur vaisseau pouvait manoeuvrer dans des forces d’accélération, 10 fois supérieures à celles de nos pilotes. Comment les géraient-elles ?

Pas de contrôle, pas de protection, pas de source d’énergie, pas de carburant. Ce sont les éléments que Corso lista. À côté de ceci, Corso nota que :

Le vaisseau lui-même était un circuit électrique

Que les vêtements de vols - ‘peaux de vols ’ est une meilleure description- que les Créatures portaient étaient faites d’une substance dans laquelle la structure atomique était allongée, renforcée dans sa longueur, pour fournir un sens directionnel à tout courant qui y était appliqué.

Les Ingénieurs découvrirent que cette peau était un conducteur pur, fonctionnant comme la peau du vaisseau lui-même et qu’elle était destinée à protéger leurs porteurs, tout en conduisant un champ électronique de quelconque nature. Où était la jonction physique entre le pilote et le vaisseau ? Est-ce que c’était le pilote lui-même qui servait de commutateur ?

Corso nota le ‘ bandeau de tête ’ avec ses senseurs qui avait tant intrigué les Officiers à Roswell et qui le fascinait aussi. Si, comme il le supposait, cet objet récupérait les signatures électroniques du cerveau des Créatures, qu’en faisait-il ?

Corso pensait que cet objet transmettait les ondes électroniques du cerveau au système de commande du vaisseau pour contrôler la vitesse, la direction et la hauteur. Peut être que ce ‘bandeau de tête’ devait être ajusté individuellement à chaque pilote ou peut être que le pilote était calibré au ‘bandeau de tête’. De toute façon, ces ‘bandanas’ étaient les interfaces entre le pilote et le vaisseau. Mais cela ne résolvait pas la question de l’absence de câbles, de manettes ou de volants.

Peut être la réponse était non pas dans la forme des contrôles mais dans la façon dont le vêtement, le ‘bandana’, le cerveau de la Créature et le vaisseau en entier travaillaient ensemble. En d’autres termes, quand Corso regardait la fonction entière du système, la synchronisation entre le ‘bandana’, la conductivité du vaisseau et la structure des peaux qui travaillaient aussi comme un circuit, il pouvait concevoir comment les informations de pilotages pouvaient être envoyées du ‘bandana’ par une sorte de courant traversant les peaux et entrant dans une sorte de panneau ou se trouvait des empreintes de mains des Créatures.

Ces empreintes sur les panneaux, comme les décrivent les rapports, ressemblaient aux empreintes de mains laissées au « Grauman’s Chinese theater » à Hollywood.

Les instructions électroniques étaient transmises directement du cerveau de la Créature, puis le long de son corps et ensuite à travers les panneaux dans le vaisseau lui-même. Comme si ce vaisseau n’était qu’une partie du corps de la créature

Toutefois quelque chose manquait encore : Les moteurs.

A nouveau, Corso retombait dans l’idée de fonctions aux delà des structures. Les débris et le vaisseau indiquaient qu’un moteur ne s’était pas détaché au moment du crash. Ce qu’ils ont trouvé c’est que le vaisseau semblait avoir la capacité d’accumuler, comme un condensateur, une grande quantité de courant.

Et si le vaisseau était lui-même le moteur, avec un courant continu provenant d’une autre source, qu’il stockait comme un grand condensateur ? Cela reviendrait à charger des batteries pour une voiture électrique et de la conduire jusqu’à ce que ses batteries soient vides. Ce n’est pas diffèrent d’une voiture que l’on remplit d’essence ou d’un avion plein de carburant volant et atterrissant avant la panne sèche.

Corso suspectait le vaisseau de Roswell de n’être qu’un condensateur qui stockait le courant, qui était dirigé et contrôlé par le pilote et était capable de se recharger d’une façon ou d’une autre.

Mais quels étaient les moyens de propulsion et de direction ? S’il y avait une force qui fonctionnait comme ils le pensaient, cela n’expliquait pas comment elle était créée et dirigée. Début Septembre 1947, les Scientifiques qui étaient allés à Wright Field pour voir les débris, spéculèrent que le potentiel électronique de l’appareil de Roswell rappelait les expériences d’anti-gravité des Allemands et des Anglais de 1920 à 1930.

Le Général Twining fut cité pour avoir mentionné plus d’une fois le nom de l’Ingénieur Électricien Serbe, inventeur du courant alternatif, Nikola Tesla. Son nom revenait souvent dans la conversation parce que les Scientifiques qui avaient examiné le vaisseau endommagé avaient décrit la façon dont il devait convertir un champ électromagnétique en un champ d’anti-gravité.

Et bien sûr le vaisseau rappelait l’avion de combat Allemand qui avait fait son apparition vers la fin de la Deuxième Guerre Mondiale mais qui était en développement depuis les années 30.

Tesla et un certain nombre d’autres Scientifiques Européens avaient été les pionniers dans la conversion restreinte de petites zones d’anti-gravité à partir de champs magnétiques.

Toutefois, l’effort pour développer des avions à anti-gravité ne porta jamais ses fruits parce que l’essence et les réacteurs fournirent une parfaite réponse à la technologie d’armement.

Mais la théorie de l’antigravitation n’était pas inconnue même si elle n’était pas très bien comprise et sans une source d’énergie comme une petite pile nucléaire, rien n’était réalisable.

Et si le vaisseau était capable de porter assez d’énergie et avait une capacité de stockage pour garder son énergie, comme une batterie volante très avancée ? Alors il devait avoir toute l’énergie nécessaire pour propager et générer une vague directionnelle par déplacement de ses pôles magnétiques.

Si la théorie de l’onde magnétique portée, émise par des ingénieurs comme Paul Biefeld et Townsend Brown dans les années 20, à l’Institue de Californie pour les Études Avancées, était fidèlement rapportée, alors la théorie sur le vol par anti-gravité existait avant la Deuxième Guerre Mondiale.

En fait, des prototypes en forme de disques étaient sur les planches à dessins de l’Institute de Californie avant la guerre. Personne n’y prêta attention aux USA. Les Allemands avaient développé et fait voler des soucoupes volantes, même si cela n’a pas eu d’impact dans le déroulement de la guerre, à part stimuler une course entre les USA et la Russie pour récupérer le plus possible de technologie Allemande. Ainsi, même si les ingénieurs avaient tenté de fabriquer des avions en formes d’ailes avec succès, le vaisseau spatial de Roswell avec sa vraie « fonctionnabilité » qui dépassait tout ce qu’ils savaient en la matière de voyage dans l’espace, représentait un challenge technique bien réel pour les scientifiques.

Ils savaient ce que faisaient les EBEs mais ils ne pouvaient pas le dupliquer. Les rapports, de Corso pour les RD, analysaient les types de technologies qu’ils devraient développer pour construire une défense crédible contre ce vaisseau ou pour en construire un, eux-mêmes.

Dans ces notes pour le Général Trudeau, Corso passa en revue toutes les implications technologiques qu’ils pourraient récolter du vaisseau de Roswell.

Il écrivit aussi ce qu’il comprenait de la technologie par champ magnétique et comment des Ingénieurs non conventionnels avaient brouillonné des prototypes ‘anti-gravitationnels’ pendant le siècle.

Corso suggéra que tout ceci pointait dans la même direction : Ils possédaient un vaisseau et pouvaient exploiter industriellement ses composants en incluant cette énergie d’anti-gravité et le contrôle de navigation par ondes cérébrales.

Pour cela, ils devaient avoir le conseil de Scientifiques qui pourraient éventuellement faire partie de leurs ‘brain trust’, des individus en qui ils pourraient faire confiance et mieux élaborer sur les débris de Roswell.

C’étaient ces Scientifiques qui travaillaient habituellement avec les premiers fournisseurs des RD et pourraient leur dire comment les aborder dans leurs branches respectives au RD pour des consultations privées et sécurisées.

Corso espérait que l’évaluation des éléments qu’ils possédaient de l’EBE et de son vaisseau pourrait leur apporter quelques solutions sur les problèmes physiologiques connus des Astronautes durant les vols spatiaux.

Au début des années 60, les Astronautes Américains et Russes avaient fait leurs premiers vols orbitaux et avaient subi les effets négatifs de l’apesanteur pendant leurs missions.

Malgré les déclarations officielles selon lesquelles l’Homme pouvait voyager dans l’espace, les médecins disaient que même de courtes périodes en apesanteur désorientaient extrêmement les Astronautes et que plus le vol était long, plus les symptômes devenaient inconfortables.

La perte de force physique les tracassait, la réduction de la capacité musculaire du coeur et du diaphragme, la réduction de la capacité des poumons et la perte de résistance à la flexibilité des os.

Les Créatures éparpillées sur le sol désertique de Roswell semblaient complètement adaptées au voyage spatial. Le simple fait de pouvoir les examiner était une énorme opportunité.

L’oxygène renouvelable et les provisions de nourriture étaient les directions à prendre et dans les années 60, les Ingénieurs de la NASA étaient prêts à concevoir des façons de recharger l’atmosphère à l’intérieur d’une capsule spatiale et de fournir de la nourriture.

Les RD donnèrent un coup de main. Ils développèrent un processus d’irradiation de la nourriture qui fournit encore aujourd’hui les bases de la nourriture non réfrigérée dans les vaisseaux spatiaux.

Mais la réadaptation du corps humain à la gravité terrestre après un voyage en apesanteur était un autre problème à résoudre.

La physiologie des EBEs fournissait un important indice. Ils devaient examiner la façon d’entraîner les Astronautes physiquement, de façon à ce qu’ils soient plus adaptés aux périodes en apesanteur et à la désorientation spatiale. Dans le même temps, ils devaient développer des rations nutritionnelles qui ne seraient pas exagérées dans un système digestif qui aurait besoin de compenser la perte de la gravité.

Il n’y avait pas de moyens de préparer de la nourriture à bord du vaisseau de Roswell et ils ne savaient pas comment ils stockaient la nourriture ou même la nature de ce qu’ils mangeaient.

S’ils devaient voyager dans l’espace, il était clair avec ce que l’Armée avait trouvé à Roswell, qu’une Culture avait, en fait, développé la technologie pour y arriver, alors les RD devaient trouver un moyen pour nourrir les pilotes dans l’Espace.

Mais avant, ils devaient développer un moyen pour préserver la nourriture qui ne nécessiterait pas une réfrigération ou une consommation excessive d’énergie.

Le problème des voyages spatiaux longue distance n’était pas encore résolu, en partie, parce qu’ils comptaient sur les moyens de propulsions conventionnels qui mettraient les Astronautes dans de grandes périodes de tensions physiques.

Ils n’avaient pas non plus de moyens pour réadapter les Astronautes à la gravité Terrestre après un long voyage dans l’espace comme la station Russe MIR.

Corso suggéra à Trudeau, dans son rapport, que ce n’était pas explicitement la mission des RD. La NASA devrait commencer à préparer les Candidats astronautes dès leur entrée à l’école.

« Si nous entraînons nos Astronautes depuis leur enfance comme nous le faisons pour les athlètes, nous créerons un groupe d’Officiers capables, physiquement, d’entrer dans la nouvelle génération de voyage dans l’Espace. » fit valoir Corso. Il sut que Trudeau avait passé cette recommandation à la NASA parce qu’elle créa un camp d’entraînement pour les futurs Astronautes quelques années à peine après le départ de Corso de ce service.

Derrière l’entraînement des Astronautes pour les voyages spatiaux avec des moyens conventionnels, l’examen de l’EBE et du système de propulsion possible du vaisseau laissait d’autres interrogations.

Et si, en plus d’être bio-fabriqués pour les voyages spatiaux, les EBEs n’étaient pas soumis aux mêmes forces que celles auxquelles les pilotes humains devaient faire face ?

Si les EBEs utilisaient une technologie par propagation d’ondes comme propulsion par anti-gravité, alors ils voyageaient à l’intérieur d’une sorte d’onde électromagnétique ajustable. Corso suggéra à Trudeau d’étudier les effets physiologiques sur les humains après une longue exposition à cette sorte d’énergie générée par la propagation d’une onde électromagnétique. Les biologistes avaient besoin de déterminer comment cette radiation pourrait désorganiser l’activité des cellules dans le corps humain. Peut-être que la peau externe, en un seul morceau, portée par les EBEs, leur offrait une protection contre les effets d’une onde électromagnétique.

Bien que les RD de l’Armée n’entreprirent jamais ces études parce que les problèmes médicaux sur les voyages spatiaux étaient gérés par la NASA à travers des contrats avec les Militaires, des recherches médicales indirectes furent conduites des années plus tard. Les études relatives aux effets physiologiques sur des personnes vivant à côte des lignes à hautes tensions et sur celles utilisant des téléphones portables furent peu concluantes.

Bien que certaines personnes argumentaient qu’il y avait de hautes incidences sur ces groupes de personnes, d’autres argumentaient du contraire.

Derrière tout ça, pour que l’Homme puisse atteindre des destinations au-delà du système solaire, une technologie de propulsion radicalement différente était nécessaire pour atteindre la vitesse de la lumière ou au-delà.

Dans l’esprit de Corso, ce n’était rien de plus qu’une confirmation des recherches sur l’électromagnétisme des années 20, des expériences sur les soucoupes pour les développements d’un vaisseau par les Alliés montraient la voie pour une nouvelle génération d’appareils.

Corso savait que ses rapports étaient lus dans les hautes sphères de l’Armée parce que la recherche top-secrète a continué jusqu’à nos jours sur les concepts et les systèmes de propulsions du Chasseur Furtif ainsi que des prototypes de bombardiers sub-orbitaux, développés à Nellis et Edwards, pouvant voler à des vitesses supérieures à 7000 miles/heure.

Après avoir fini son rapport sur les opportunités qu’ils pouvaient tirer des EBEs et du vaisseau, Corso tourna son attention sur une petite liste des opportunités immédiates qu’ils pouvaient atteindre aux RD avec les éléments récupérés dans le crash.

Il s’agissait de choses spécifiques, pas comme les questions théoriques sur la physiologie des EBEs ou de leur vaisseau. Bien que pour certains, ces objets soient banals, chacun de ces objets, avec intervention directe des RD, engendrerait une industrie technologique complète de laquelle sortirait de nouvelles armes militaires.

Parmi les objets de Roswell, les questions et les problèmes issus du crash et pointés sur la liste préliminaire de Corso, qui nécessitaient un plan de développement ou simplement une étude de la part des Scientifiques militaires, se trouvait ce qui suit :

- Intensificateurs d’images, qui deviendraient plus tard la « vision de nuit »
- Fibre optique
- Fibres « super résistance »
- Lasers
- Alliage métallique avec alignement moléculaire.
- Circuits intégrés et miniaturisation des circuits logiques.
- HARP (High Altitude Research Project)
- Projet Horizon (base lunaire)
- Pile atomique portable (énergie à propulsion ionique)
- Nourriture irradiée
- « Troisième cerveau » système de guidage (bandeau de tête EBE)
- Faisceau à particules (« Star Wars » armes anti-missiles)
- Systèmes de propulsions électromagnétiques.
- Projectiles d’uranium appauvri.

Pour chacun de ces articles dans la liste de Corso, le Général Trudeau chercha dans les fichiers des ressources humaines et trouva les noms de Scientifiques qui travaillaient sur des projets de la Défense ou sur des projets Alliés dans les Universités où Corso pourrait se rendre pour des conseils et des consultations. Corso ne fut pas surpris de voir Von Braun apparaître à chaque problème de propulsion de fusée.

Von Braun avait été enregistré en 1959 lorsqu’il avait annoncé que les Militaires Américains avaient acquis une nouvelle technologie suite à des recherches top-secrètes sur les ovnis.

Corso ne fut pas surprit non plus de voir le nom de John von Neumann à côté de la mention de l’étrange tranche en silicone avec des empreintes argentées. « Si c’est ce à quoi je pense, alors ça devrait être » dit le Général Trudeau, « des circuits imprimés. Il n’y a qu’une seule personne à qui nous pouvons en parler »

Le Dr Robert Sarbacher était une personne importante à contacter dans notre liste parce qu’il avait déjà travaillé au « Research and Development Board » pendant l’Administration Eisenhower.

Non seulement Sarbacher avait été consulté par les membres de l’Amiral Hillenkoeter et par le Groupe de travail sur les ovnis du Général Vandenberg dans les années 50, mais il avait fait partie, aussi, de la décision originale du Général Twining pour envoyer tous les débris de Roswell à Wright Field pour examens préliminaires avant de les envoyer à la Recherche militaire.

En 1950, Sarbacher, commentant la nature des débris, dit qu’il était sûr que la légèreté et la solidité de ces matériaux devraient être très soigneusement étudiées par les laboratoires gouvernementaux qui avaient pris possession des débris après le crash. Parce qu’il était bien informé sur la nature des débris de Roswell, le Dr Sarbacher était un autre candidat pour les RD.

Ils listèrent aussi le Dr Wilbert Smith qui dans un mémo au contrôleur des télécommunications, en Novembre 1950, avait demandé au gouvernement Canadien d’enquêter, avec urgence, sur la nature de la technologie extraterrestre que les USA avaient récupéré de véhicules extraterrestres crashés. Il implora le gouvernement de faire un effort substantiel pour utiliser la technologie extraterrestre.

Le Général Trudeau plaisanta sur le fait que même si le Dr Smith savait qu’ils avaient récupéré de la technologie à Roswell, il ne savait pas réellement ce que c’était. « Je suis impatient de voir sa tête lorsque vous ouvrirez votre serviette devant lui » dit le Général Trudeau.

Chacun de ces Scientifiques maintenait des relations avec beaucoup de fournisseurs de la Défense durant les années 50.

Le Général Trudeau avait aussi des relations avec des fournisseurs de l’Armée qui travaillaient sur des nouveaux systèmes d’armements pour les Militaires.

Il s’agissait d’entreprises comme, Bell Labs, IBM, Monsanto, Dow, General Electric, et Hughes avec qui le Général Trudeau voulait discuter des produits technologiques qu’ils avaient compilés dans le dossier de Roswell aux RD.

« Vous allez commencer à appeler nos amis Scientifiques » dit le Général Trudeau, « et prendre tous les rendez-vous que vous voulez. ».

« Où serez-vous mon Général ? » demanda Corso.

« Je vais aussi faire quelques voyages « dit il »d’abord aux chefs d’Équipes de Recherche pour être sûr que nous aurons le budget dont nous avons besoin et ensuite à quelques personnes auxquelles je veux parler une fois que vous aurez eu les informations de la part de la Communauté Scientifique sur les projets de votre liste. »

« Par où commencer d’abord ? » demanda Corso.

« Qu’aimeriez vous ? » répondit le Général

« Nous allons travailler sur les intensificateurs d’images pour quelques temps » dit Corso, « Nous avons même en mains les articles sur lesquels travaillaient les Allemands à la fin de la guerre. »

« Hé bien, pourquoi ne faites-vous pas un voyage préliminaire à Fort Belvoir » dit le Général Trudeau, « ils ont un projet de vision de nuit en gestation depuis les 10 dernières années, mais il ne donne rien de comparable à ce que vous avez en votre possession. »

« Je m’occupe d’abord de ça » dit Corso.

« Oui mais vous allez quitter cet uniforme et mettre un vrai costume d’avocat » ordonna le Général, « et ne prenez pas votre voiture ringarde » Trudeau vit Corso faire les gros yeux.

« Tout ce que vous allez faire, c’est d’alimenter un projet », continua Trudeau, « Ils ont aussi des voitures ringardes, mais vous allez leur donner un choc. Après les avoir vus, vous disparaîtrez et j’assignerai un projet de vision de nuit ici pour en suivre le développement. »

« Personne ne le saura » dit-il, « comme vous l’imaginez, la visionneuse de nuit de Roswell va certainement faire germer une graine dans l’esprit de quelqu’un à Fort Belvoir puis elle fera partie d’un long projet historique. Elle disparaîtra, comme vous, dans l’histoire du développement. »

« Oui, mon Général » dit Corso, il réalisa combien ce travail serait solitaire.

« Bonne chance, Phil » dit le Général Trudeau, « soyez sûr que personne ne sache ce que vous faites et je ferai en sorte que vous ayez tout le budget dont vous aurez besoin ».

Ça n’était le début.

Corso salua le Général mais celui-ci tendit sa main que Corso serra.

Un Lieutenant Général affectant l’argent pour son budget de développement et un Lieutenant Colonel cherchant quelqu’un pour développer une protection visuelle inoffensive qu’un GI inconnu avait ramassé dans le sable à côté d’un ovni qui s’était écrasé sur des cailloux du côté de Roswell pendant un orage 40 ans plus tôt.

Quelle paire faisaient-ils ?!

10 - Intentions hostiles et l’autre Guerre Froide

Le projet avait officiellement commencé.

Le Général Trudeau alla voir son patron au Pentagone pour démarrer le processus de financement des nouveaux éléments identifiés dans leur budget de RD. Corso rentra chez lui et essaya son costume trois pièces.

Le Président Eisenhower avait dit une fois à Corso qu’il croyait toujours un homme qui portait une veste, Corso ne l’avait jamais oublié.

Bien que certaines fois le Président lui ait demandé de porter son uniforme pour des réunions spéciales où il devait avoir le look militaire, Corso portait, habituellement, un costume pendant son travail. Mais après des années passées à la base de missiles de Red Canyon et en tenue de combat en Allemagne, Corso avait perdu l’habitude de porter des vêtements civils.

Néanmoins, après toutes ces années, il devrait à nouveau être en civil, comme tous les autres gars de l’extérieur faisant leur journée de 9 à 17 heures à Fort Belvoir, sans doute la base militaire la plus importante dans tout le dispositif militaire de Washington.

Fort Belvoir était une de ces bases où les activités d’entraînements et les tests d’armes étaient une efficace couverture de ce qui serait connu comme le secret vital de Fort Belvoir. Le Fort se trouvait à 30 minutes du Pentagone et c’est là-bas que s’effectua une des recherches les plus secrètes sur la technologie des ovnis.

Belvoir hébergeait l’École militaire des Services techniques et entretenait une base de données, vitale sur les tests de balistiques et sur les développements de nouvelles armes.

Mais sur sa face cachée, Fort Belvoir était le berceau où les officiers du NSC (National Security Coucil), qui avaient le niveau de sécurité approprié, pouvaient s’entraîner.

Même des années après le départ à la retraite de Corso, des histoires traînaient encore à propos d’archives sur les ovnis qui étaient stockées à Fort Belvoir, celles-ci incluant des photos et même des films sur la récupération de vaisseaux extraterrestres par les Militaires.

Ce que quelques personnes savaient, c’est qu’il y avait une unité d’élite de l’Air Force qui opérait à l’extérieur de Fort Belvoir qui était responsable de la récupération des ovnis tombés. C’est pourquoi Fort Belvoir devint le dépôt des films classifiés sur les ovnis.

Ces secrets sont restés à Fort Belvoir, gardés de très près, pendant des années et à la longue, ce stockage s’est enveloppé de mystère.

Pour ceux qui suspectent le genre d’information préservée, Fort Belvoir garde une partie des légendes entourant la censure militaire sur les ovnis.

Corso était en route pour cette base afin de parler du projet de vision nocturne et pour voir les dossiers Allemands de la Deuxième Guerre Mondiale qu’ils possédaient sur les viseurs infrarouges que les Nazis essayaient de déployer pour leurs troupes de combats nocturnes.

Ces viseurs étaient encombrants, peu maniables, pesaient très lourds et encombraient beaucoup l’infanterie. Ces viseurs ne furent jamais efficaces pour la guerre mais ils montraient l’énorme promesse que pouvait avoir une armée qui pourrait manoeuvrer autour d’un ennemi aveugle et impuissant.

C’était la promesse qui tourmentait aussi bien les forces Soviétiques qu’Américaines dans les derniers mois de la guerre, au moment où ils approchaient des installations des armes secrètes Allemandes.

Les forces Américaines mirent en sécurité toutes les archives Allemandes sur les viseurs nocturnes mais ce n’est que lorsqu’ils regardèrent dans le vaisseau tombé à Roswell, et qu’ils notèrent de l’intérieur cette aube brumeuse, qu’ils réalisèrent le potentiel de la vision nocturne.

Ils le comprirent peu après que le véhicule ait été emmené à Wright Field et que le Général Twining ait fait son rapport initial sur le fait qu’ils étaient un ennemi aveugle et impuissant, face aux EBEs.

Ces Créatures contrôlaient nos cieux noirs. Ils observaient les humains avec une facilité qui n’amusa pas les Américains jusqu’à ce qu’ils aient à leur tour leurs propres lunettes de vision nocturne, des années plus tard, leur permettant ainsi, d’élever le niveau de jeu.

L’Oldsmobile bleue de Corso n’était sûrement pas une arme secrète de l’arsenal Américain mais elle transportait la description d’un minuscule composant qui deviendrait une des armes les plus efficaces de la Guerre Froide.

Les Guérilleros utilisent la nuit, elle-même, comme arme pour passer les lignes ennemies sans être repérés. Mais si vous équipez un groupe de combat avec des lunettes de vision nocturne, montées sur des chars ou des véhicules d’observations ou sur un hélicoptère au-dessus de la zone de combat, et que soudainement la nuit devienne le jour et que les ennemis invisibles deviennent visibles dans votre viseur, ils sont comme une proie pour un chasseur.

Pour les EBE, les Humains étaient les proies et ils savaient que ces EBEs surveillaient leurs défenses, étudiant les avions qu’ils envoyaient pour les chasser, planant également autour des satellites expérimentaux qu’ils lançaient. Ils pouvaient les voir sur les radars.

Les EBEs avaient un avantage sur eux tant qu’ils n’auraient pas acquis une habilité technologique suffisante pour avoir une défense pouvant sérieusement réduire leurs pertes et ainsi éviter une guerre de grande ampleur.

Ce n’était pas seulement un avantage de récupérer le maximum de technologie extraterrestre lors des rencontres avec eux, mais c’était aussi un des facteurs qui les obligeait à garder le silence sur la présence extraterrestre.

S’il n’y avait pas d’ennemi public, il n’y aurait pas de pression de la part du public pour qu’ils fassent quelque chose. Ils nièrent donc tout de l’activité extraterrestre mais pendant ce temps, ils planifièrent, mesurèrent leurs intentions hostiles et poussèrent le développement d’armes qui réduiraient l’avantage des EBEs.

Tout cela n’aurait pas été possible si les Américains n’avaient pas reçu d’aide de la part de leurs vieux adversaires, les Russes et les Chinois.

Les Soviétiques ne laissaient aucun doute sur leurs intentions de dominer le monde à travers leur révolution Communiste et défiaient les USA même avant la fin de la Deuxième guerre Mondiale.

En 1948, le rideau de fer était tombé sur l’Europe de l’Est et les Soviétiques essayaient de mettre les USA dans une position d’asservissement.

C’étaient des temps difficiles, pas seulement pour le monde libre mais pour le monde entier qui était sous menace militaire et sous une emprise bien plus grande que les forces combinées de l’Amérique, de la Russie et de la Chine.

Ils ne savaient pas, au début, ce que les EBEs voulaient mais ils savaient qu’entre les mutilations de bétail, la surveillance de leurs installations d’armements secrètes, les étranges rapports sur les enlèvements d’êtres humains, leurs bourdonnements incessants autour des lancements, habités ou non, dans l’Espace, les EBEs n’étaient pas seulement des visiteurs amicaux et courtois disant, « Hello ! Nous ne vous voulons pas de mal ». Ils leurs voulaient du mal et les Américains le savaient. Le problème était qu’ils ne pouvaient rien faire, et tout ce qu’ils essayeraient de faire devrait rester secret, à défaut ça créerait une panique mondiale, pensaient-ils.

La Guerre froide était une énorme opportunité pour eux, parce qu’elle leur permettait d’améliorer leurs préparations militaires pour combattre, publiquement, les Communistes pendant que secrètement ils créaient un arsenal et une stratégie pour se défendre contre les Extraterrestres.

En fait, la Guerre Froide, aussi réelle et dangereuse qu’elle ait été, était aussi une couverture afin de développer une détection planétaire et un système de défense qui scruterait aussi bien l’Espace que la Russie. Et les Soviétiques faisaient exactement la même chose, observant au même moment en haut et en bas.

Dans une tentative de coopération tacite entre les Blocs, pendant que chacun tentait de prendre l’avantage sur l’autre durant la Guerre Froide, Soviétiques et Américains cherchaient à développer un système de défense contre les Extraterrestres.

Quand le Président Reagan fit la démonstration à Mikhaïl Gorbatchev que les USA étaient capables de déployer une défense de missiles anti-missiles et de la tourner contre les Extraterrestres, tous les prétextes de la Guerre Froide prirent fin et le grand monolithe Soviétique en Europe de l’Est commença à s’effriter.

La Guerre Froide permit à ces Superpuissances de préparer des défenses contre les Extraterrestres sans ne jamais rien révéler au public.

Si vous étudiez la période, les archives elles-mêmes montrent qu’il y avait un autre ordre du jour pendant la Guerre Froide. Après tout, pourquoi chaque côté avait-il dix fois plus d’ogives que nécessaires afin de détruire l’arsenal nucléaire de l’autre côté ainsi que ses zones habitées ?

La vraie histoire derrière l’immense arsenal d’ogives, l’énorme flotte de bombes et les plate-formes sous-marines ICBM que chaque côté avait déployé, était celle de la menace que les Extraterrestres feraient s’ils occupaient une partie de notre planète. Ils avaient ainsi le pouvoir de les faire disparaître.

Si les Extraterrestres avaient voulu attaquer les USA ou la Russie pour rendre un arsenal inopérant, ils avaient assez de missiles restant pour leurs faire payer le prix de vouloir commencer une guerre.

C’était une partie de leur ordre du jour secret derrière l’immense développement militaire dans les années 50 et 60 : sacrifier une partie de la planète pour permettre au reste de vivre. Elle permit aux USA et à l’URSS d’intimider l’autre mais elle permit aussi d’intimider toutes les cultures Extraterrestres.

Personne n’écrivit de mémo sur ce sujet parce que les déploiements d’armes pendant la guerre froide étaient la couverture pour l’ordre du jour secret contre les Extraterrestres.

Chaque côté essayait de faire dépenser à l’autre plus d’argent qu’il n’en possédait afin de l’affaiblir économiquement. La CIA communiqua constamment des estimations fausses parce qu’elle s’alimentait avec des informations du KGB, les Américains essayaient de faire la même chose envers les Soviétiques. Et si les Soviétiques avaient pu gagner la Guerre Froide en répandant le moins possible de sang, ils l’auraient fait.

Mais à la fin, la futilité de la destruction mutuelle rendit la Troisième Guerre Mondiale infaisable et leur attention mutuelle se focalisa sur leur ennemi commun : les Extraterrestres qui refusaient de partir.

Il y eut de subtiles et de moins subtiles allusions durant toute la Guerre Froide selon lesquelles un ordre du jour occulte était en développement. La plupart des gens ne savaient pas où regarder. Pour ceux qui l’on fait, et il y en eut beaucoup, les réponses étaient clairement visibles.

Bien qu’il y ait eu censure et des menaces de carrières brisées, beaucoup de Militaires et de Civils rapportèrent des observations de soucoupes volantes. Les histoires d’abductions continuaient à foisonner.

Certaines étaient vraies et il en résultat une grande consternation au sein des membres du Groupe de travail sur les ovnis. Si le Gouvernement ne pouvait pas protéger les citoyens contre les enlèvements par des Extraterrestres, est-ce que cela ne signifiait pas un échec de l’autorité gouvernementale ?

De même, si trop de soucoupes volantes étaient vues par trop de gens en même temps, les Superpuissances militaires ne seraient plus en mesure de protéger leurs populations ? C’est ce qui arriva pendant un temps mais le Public ne s’en rendit jamais compte.

Bientôt, ils seraient capables d’améliorer la défense de leur espace aérien et d’envoyer un grand nombre d’intercepteurs contre les EBEs et donc de leur poser des problèmes. Ainsi, la course entre les Superpuissances pour dépenser des milliards de dollars afin de construire le meilleur et le plus rapide intercepteur avait deux vrais buts. Les Superpuissances avaient besoin de ces avions parce qu’ils leurs donnaient la réponse alternative pour simplement se détruire eux-mêmes avec des missiles guidés, mais en même temps, ces mêmes Superpuissances développaient une technologie de défense aérienne pour protéger la planète contre les Extraterrestres.

La stratégie alternative était toujours présente et la Guerre Froide fournit l’élan budgétaire dont les Militaires avaient besoin : ils construisaient des appareils pour se protéger contre les soucoupes volantes. Et dans une certaine mesure, ils réussirent.

Les USA et l’URSS étaient préoccupés par un autre domaine où les Extraterrestres agressaient le Personnel militaire : les programmes d’explorations spatiales. Dès le début de leurs efforts pour envoyer des satellites en orbite, les Extraterrestres avaient surveillé et interféré activement dans les lancements de véhicules, habités ou non, en causant des interférences dans les transmissions radios, en causant des problèmes électriques ou de dysfonctionnements mécaniques.

Les Cosmonautes Américains et Soviétiques avaient séparément, fait des rapports sur des observations d’ovnis tellement de fois que c’en était devenu banal.

Les liaisons audio et vidéo entre les capsules spatiales et la NASA, toutefois, étaient des liaisons sécurisées, donc les commentaires sur ces ovnis n’étaient pas accessibles par des auditeurs privés. Malgré cela, les astronautes avaient des instructions spécifiques pour ne pas rapporter d’observation d’ovni jusqu’à ce qu’ils reviennent au sol.

L’astronaute Gordon Cooper, par exemple, rapporta que lorsqu’il était pilote de chasse au-dessus de l’Allemagne dans les années 50, il fut mobilisé avec d’autres jets Sabre pour intercepter une formation d’ovnis volant au-dessus de sa base, mais quand sa formation s’approcha de trop près, la formation d’ovnis s’éloigna.

Cooper décrivit aussi le film qu’il vit à la base d’Edwards en Californie en 1957 sur un atterrissage d’ovni. Il dit qu’il envoya le film à Washington et qu’il en envoya aussi une copie aux Officiers du projet BLUE BOOK mais ils ne lui répondirent jamais.

De même, le pilote du X-15, Joe Walker, révéla que sa mission de 1961 pour battre le record de vitesse mondiale était aussi une chasse aux ovnis durant les vols en haute-altitude. Il confirma aussi avoir filmé des ovnis durant un vol en X-15 en 1962. Des rapports persistèrent au sujet des astronautes de Mercury 7 suivis par des ovnis et à propos de Neil Armstrong qui vit une base extraterrestre sur la lune durant l’atterrissage d’Apollo 11. La NASA n’admit rien de tout ça et ce fut traité comme affaire de haute sécurité nationale.

Une présence extraterrestre sur la lune, vraie ou fausse dans les années 50, était un problème si important pour les Militaires qu’elle devint un sujet de débat au « National Security Council » avant que l’Amiral Hillenkoeter et les Généraux Twining et Vandenberg le récupèrent dans leur Groupe de travail.

Le problème n’atteint jamais formellement le « National Security Council », quoique les RD, sous le nouveau commandement du Général Trudeau, développèrent rapidement les plans préliminaires pour Horizon, un projet de construction de base lunaire pour fournir aux USA une présence militaire sur la surface lunaire.

Commencé à la fin des années 50 en prévision d’être achevé entre 1965 et 1967, Horizon était supposé établir une fortification défensive sur la Lune contre une tentative d’invasion Soviétique. Le but en était de l’utiliser comme une base militaire et comme système de surveillance et d’alerte contre les attaques de missiles Soviétiques mais plus important encore, pour se pourvoir d’une capacité de surveillance et de défense contre les ovnis.

C’était, pour dire les choses carrément, un plan pour établir une ligne de front dans l’espace afin de protéger la Terre contre une attaque surprise. Mais le projet fut mis sur une voie de garage quand le « National Space and Aeronautics Act » donna le contrôle de l’exploration spatiale à la NASA civile qui élimina les branches militaires et poursuivit ses propres projets jusqu’à la fin des années 70.

La peur d’une attaque contre notre planète était une idée qui était bien ancrée au National Security Council et dans les États-Majors durant les années 50.

Même après qu’il se soit retiré de l’Armée, le Général Douglas MacArthur était encore dans la mêlée, en recommandant aux Militaires de se préparer eux-mêmes pour ce qu’il sentait être la prochaine guerre.

Il fit part au New York Times, en 1955, que « Les nations de la Terre devraient faire un jour front commun contre l’attaque venant d’autres planètes ».

Le public prêta peu attention à cette déclaration, mais c’était en fait une révélation sur la pensée stratégique militaire à la fin des années 1950 expliquant une partie de la paranoïa gouvernementale à propos des soucoupes volantes et des vaisseaux non identifiés.

Une partie de la recherche militaire sur ce qu’ils percevaient être une menace militaire, fut d’abord une analyse des moyens utilisés par les vaisseaux extraterrestres pour interrompre, passivement, les communications mondiales à l’aide d’ondes d’interférences magnétiques et électriques et d’ensuite pouvoir développer des circuits protégés. Ensuite, Le Général Trudeau et ses homologues dans les autres branches de l’Armée au Pentagone, furent chargés d’établir une stratégie envers le comportement agressif des EBEs.

Les EBEs ne suivirent ou ne surveillèrent pas seulement les vaisseaux en orbite, ils essayèrent de provoquer des dégâts dans les communications de la NASA suffisamment souvent pour obliger à repenser la sécurité des astronautes des programmes Mercury et Gemini.

Des années plus tard, il y eut même des spéculations parmi les Analystes des renseignements militaires qui n’étaient pas au fait de la stratégie de la NASA, comme quoi le programme d’alunissage d’Apollo avait finalement été abandonné parce qu’on ne disposait pas de solution pour protéger les Astronautes contre une possible menace extraterrestre.

Les vaisseaux extraterrestres bourdonnaient, aussi, au-dessus des lignes de défenses Américaines en Europe de l’Est. Corso qui se trouvait là-bas, les vit de ses propres yeux, sonder leurs systèmes radars pour évaluer leur rapidité de réponse.

Ils voyaient sur leurs écrans des bips qui disparaissaient soudainement avant qu’ils n’aient pu les identifier. Ils réapparaissaient alors, mais cette fois plus près des aérodromes ou des lanceurs de missiles. Après avoir déterminé qu’ils n’étaient pas sondés par des avions Russes ou d’Allemagne de l’Est, ils décidèrent, dans la plupart des cas, de ne pas répondre aux menaces.

Très souvent, ils disparaissaient simplement, mais ils pouvaient aussi jouer au chat et à la souris, s’approchant de plus en plus près, jusqu’à ce que les Militaires se sentent obligés de répondre.

Ce que les EBEs voulaient évaluer était ; le temps que les Américains mettaient à mobiliser des intercepteurs après détection radar.

Les EBEs volaient à plus de 7000 miles / heure.

Les seuls succès défensifs contre Eux eurent lieu à la fin des années 50, début des années 60, quand ils furent capables de suivre une cible avec un radar. Quand ils y arrivaient, les signaux que les missiles étaient supposés suivre afin de poursuivre la cible, interféraient quelquefois dans les capacités de manoeuvres des ovnis et le vol de leurs véhicules devenait erratique.

Si les Américains avaient suffisamment de chance et se montraient capables d’augmenter l’intensité du signal avant de perdre leurs traces, ils pouvaient effectivement les mettre au tapis. Quelquefois, ils eurent effectivement la chance de tirer un missile avant que l’ovni ne puisse effectuer une action évasive.

Un bataillon de l’Armée de l’Air y arriva avec un simple missile air du côté de la base de Ramstein, en Allemagne, en Mai 1974.

Le vaisseau spatial s’écrasa dans une vallée, il fut récupéré et envoyé à la base de Nellis, Nevada. Le crash de Roswell était diffèrent. Il y avait, d’ailleurs, plus de spéculations á son sujet, il semblait que l’action combinée des éclairs (foudre !?) et de leurs traques radars suffisamment persistantes avaient contribué à faire tomber le vaisseau extraterrestre dans le désert du nouveau Mexique en 1947.

Ensuite, il y avait les mutilations de bétail suspectes et les rapports d’abductions, peut-être les formes d’interventions les plus directes contre notre Culture ainsi qu’une attaque directe au-dessus d’installations militaires.

Pendant que les ‘’debunkers’’ (thèse officielle) disaient qu’il s’agissait d’une combinaison de canulars, d’attaques journalières de prédateurs contre le bétail, de flash-back psychologiques d’enfance dans le cas des abductions et d’une fabrication des médias, les enquêteurs sur le terrain, trouvèrent qu’ils n’étaient pas en mesure d’expliquer certaines mutilations animales, spécialement quand de la chirurgie laser semblait avoir été utilisée. Les psychologues trouvèrent des similitudes alarmantes dans les descriptions des personnes enlevées qui ne connaissaient rien aux histoires des autres.

La Communauté des Renseignements militaires considéra ces histoires de mutilations et d’abductions très sérieusement.

Ils travaillèrent sur ces descriptions pour en fin de compte définir trois scénarii différents dans lesquels :

- 1) Les EBEs faisaient simplement des expériences scientifiques sur les formes de vies terrestres et collectaient tous les spécimens qu’ils pouvaient sans causer de rupture ou alerter les humains.
- 2) Les EBEs collectaient activement des spécimens et effectuaient des expériences afin de déterminer si cela était un environnement hospitalier pour eux afin d’y habiter, et toutes les perturbations qu’ils faisaient ne les ennuyaient pas outre mesure.
- 3) Toutes les expérimentations et les collectes de spécimens étaient un prélude à une sorte d’invasion de notre planète. Personne ne savait leurs réelles motivations mais on pouvait imaginer le pire et de fait, nous avions besoin de nous défendre aussi bien que possible.Bien que cela ne fut jamais révélé au public, les Analystes des renseignements militaires soutenaient la vision que la Terre était toujours sous une sorte de prélude d’attaque par une ou plusieurs Cultures Extraterrestres qui testaient les défenses humaines.

Sans qu’il n’y ait jamais eu de contact direct entres les Extraterrestres et les Gouvernements Terriens, — les notes du Groupe de travail d’Hillenkoeter n’ayant jamais été communiquées aux Chefs de services ou aux Officiers des renseignements —, les Responsables des Services Militaires décidèrent, collectivement, qu’il était préférable d’établir un plan de guerre plutôt que d’être pris par surprise.

Au même moment, les responsables civils du programme spatial de la NASA décidèrent que les Renseignements militaires étaient excessifs concernant les filatures dont les vaisseaux Américains étaient l’objet par les ovnis.

La NASA, bien qu’informée par les rapports relatant l’activité extraterrestre autour des véhicules spatiaux Américains, décida d’adopter une attitude interne officielle, »Attendre et voir ce qui se passerait », parce qu’elle pensait qu’il était impossible de lancer un programme de défense spatiale explicite tout en parachevant les visées des Scientifiques civils dans le même laps de temps.

Donc la NASA s’accorda pour tout cacher. Comme couverture, Elle accepta, en 1961, de coopérer avec les Militaires afin de travailler sur un second programme spatial non déclaré, auprès des missions scientifiques civiles. Ils furent d’accord pour ouvrir un « canal arrière », de communication, confidentiel afin de créer un lien avec les Renseignements militaires à propos des activités hostiles conduites par les EBEs contre leurs vaisseaux spatiaux même si cela n’étaient que des filatures et de la surveillance.

Corso prit connaissance de tout ceci grâce à ses contacts au sein des Renseignements militaires. Ce que la NASA ne dit pas aux Renseignements militaires, bien sûr, c’est qu’elle avait un autre « canal arrière », classifié, avec le Groupe de travail d’Hillenkoetter et qu’elle tenait informé ce Groupe sur chaque rapport d’astronaute faisant état d’ovni, spécialement pendant les premiers vols Apollo, quand le vaisseau extraterrestre commença à virevolter autour des modules lunaires après leurs sorties de l’orbite terrestre.

Même si les Renseignements n’étaient pas au courant du lien entre la NASA et le Groupe de travail, Corso et quelques autres avaient leurs Connaissances dans la communauté du Renseignement civil qui les tenait informés.

L’Armée et l’Air Force s’arrangèrent pour trouver 122 photos prises par les Astronautes sur la lune qui montraient des preuves d’une présence Extraterrestre. C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement Reagan poussa si fort pour le SDI en 1981. (Space Defense Initiative).

En 1960, une fois l’approbation du Groupe de travail et à la requête de la NSA qui était préoccupée de la vulnérabilité de ses vols : U2, la NASA fut d’accord pour que certaines de ses missions deviennent des couvertures pour des satellites de surveillance militaire.

Ces satellites, bien qu’approuvés pour la surveillance de l’activité ICBM Soviétique, étaient aussi supposés détecter l’activité extraterrestre dans les régions éloignées de la Terre.

Peut-être qu’en 1960, les Américains n’avaient pas la technologie d’aujourd’hui pour intercepter les vaisseaux extraterrestres, mais en utilisant la nouvelle technologie de surveillance par satellite, ils étaient capables de détecter une présence extraterrestre sur la surface de la planète. Les Planificateurs des Renseignements spéculèrent que si la visite des bases terrestres était rendue plus difficile aux Extraterrestres, peut-être partiraient-ils tout simplement.

C’est un autre exemple démontrant comment la Guerre Froide était utilisée avec la double intention de surveiller l’activité Extraterrestre tout en surveillant l’activité Soviétique.

Toutefois, pendant les années 60, les projets critiques démarrèrent au bureau des RD pour protéger les systèmes vitaux de contrôles et de commandements, ceux-ci incluaient le renforcement des communications et des circuits informatiques en enfouissant les composants sensibles aux ondes électromagnétiques, le même type d’énergie dégagée après une explosion nucléaire et dégagée également par les vaisseaux extraterrestres.

En fait, les recherches sur les effets des ondes électromagnétiques ou EMP, étaient si importantes, que jusqu’à la fin des années 50, le département de la Défense avait simulé des EMP afin de déterminer comment protéger les circuits des avions, des chars, des missiles et de l’appareillage.

Des générateurs EMP furent installés dans le pays, celles-ci incluant les laboratoires de Harry Diamond, Adelphia, Maryland et les simulateurs d’EMP I et II de l’Armée au milieu de « Chesapeake Bay » et un autre à « China Lake » en Californie.

L’Air Force mit des simulateurs EMP dans des installations additionnelles, à la base de Kirkland, Nouveau Mexique, ainsi qu’a celles de l’Armée à White Sands, et enfin à l’arsenal de Redstone en Alabama.

Ils lancèrent le développement de l’équipement de vision nocturne pour rendre leurs troupes capables de voir la nuit de la même façon que les EBEs.

C’est seulement à ce moment-là qu’ils commencèrent à réaliser qu’elles étaient les intentions des EBEs et l’effrayant secret à propos de leur existence sur notre planète.

C’était à la vision nocturne que pensait Corso alors qu’il passait le poste de garde de la porte principale et qu’il fila rapidement aux laboratoires de développements à Fort Belvoir, accueilli par un spécialiste militaire qui sembla surprit de ne pas le voir en uniforme.

« Colonel Corso, » dit le Dr. Paul Fredericks, consultant à la section de développement technologique sur la vision nocturne à Fort Belvoir, en lui tendant la main et le conduisant jusqu’à son fauteuil en cuir couleur tabac. Le fauteuil était disproportionné par rapport à la taille de son petit bureau et c’était, manifestement, son siège de prédilection.

Corso apprécia l’honneur et la courtoisie qui lui furent accordés, « Le Général Trudeau m’a dit que vous nous apportiez quelques informations remarquables à propos d’un des projets que nous avons déjà en développement ici. »

« J’espère que cela vous aidera, Dr. Fredericks » commença Corso, « je ne suis pas physicien, mais je pense que nous avons quelque chose qui réduira le temps de recherche et nous montrera quelques nouvelles possibilités. »

« N’importe quoi qui puisse aider, mon Colonel » dit le Dr Fredericks alors que Corso ouvrait sa mallette et qu’il commençait à étaler ce qu’il avait, « N’importe quoi ! »

11 - Le programme U2 et le projet Corona

« Bien sûr, le Général Trudeau a eu des contacts avec Don et avec l’équipe de développement, ici » continua le Dr. Fredericks alors qu’il regardait Corso ouvrir le dossier sur la vision nocturne qu’il avait sorti de sa mallette.

« Je suis au courant de la nature du matériel que vous avez. Ce n’est pas quelque chose dont nous voulions parler au téléphone. »

« J’apprécie votre discrétion sur ceci, Dr. Fredericks », dit Corso, « Si vous pensez que ce que je vais vous montrer peut vous aider dans le processus de développement, c’est à vous de l’utiliser. Mais l’arrangement sera que tout était d’origine ici à Fort Belvoir. Les RD fourniront le budget nécessaire pour financer ce développement. Vous utiliserez vos propres ressources pour fabriquer cette production et pour récupérer tout le mérite du processus. »

« Et cette conversation ? » demanda le Dr. Fredericks.

« Une fois que vous m’aurez dit ce que vous pouvez utiliser et que nous vous aurons donné le budget que vous demanderez » commença Corso, « Cette conversation n’aura jamais eu lieu et vous retirerez mon nom de votre carnet d’adresses ».

« Maintenant vous avez réellement toute mon attention » dit le Dr. Fredericks avec une légère pointe de sarcasme dans la voix. « Ce que vous transportez dans cette mallette est si secret ? »

Corso tendit le croquis au Dr. Fredericks qui le prit en main et le fit tourner avec ses doigts comme s’il tenait les manuscrits de la Mer Morte.

« Pas besoin d’être aussi prudent avec ça, Docteur » dit Corso « J’en ai fait plusieurs photocopies ».

« Avez-vous l’objet actuellement ? » demanda t-il.

« De retour au Pentagone » répondit Corso.

« Qui portait ça ? » continua le Dr. Fredericks.

« Au moment de la prise, personne ! » dit Corso, « d’après les rapports de terrain, ils le trouvèrent dans le sable à côté d’un des cadavres »

« Cadavres ? au crash de Roswell ? », maintenant, il était devenu incrédule, « Le Général Trudeau n’a rien dit à propos de cadavres »

« Non, c’est vrai » dit Corso, « Ce n’est pas une information que nous donnons. Le Général Trudeau m’a autorisé à répondre à toutes vos questions jusqu’à un certain niveau de sécurité. »

« Nous n’en sommes pas encore là » demanda et affirma en même temps le Dr. Fredericks.

« Mais nous en sommes proches », suggéra Corso, « je peux parler de l’objet, parler de l’endroit où il a été trouvé, mais c’est tout ce que je peux faire. Si le Général Trudeau me l’autorise, alors j’irai plus loin. »

« Amusant, mais j’ai toujours pensé que Roswell était une légende. Vous savez, ils ont trouvé quelque chose mais peut-être était-ce Russe. » dit le Dr. Fredericks. Ensuite il demanda à nouveau si quelqu’un de l’équipe de récupération avait vu une des créatures porter ce système de vision nocturne.

« Non, » dit Corso, « Il y avait beaucoup de débris répandus par le vaisseau. Les soldats de l’équipe de récupération ont regardé à travers une des fissures qui courait le long du vaisseau et ils ont vu des hublots dans la coque. Hé bien, ce qui les a étonné, c’était que lorsqu’ils regardaient à travers ces hublots ils pouvaient voir l’aube ou une lumière diffuse grise qui ressemblait au crépuscule, mais à l’extérieur il faisait complètement noir. »

Paul Fredericks était maintenant sur le bord de son siège.

« Personne sur le site du crash ne connaissait quoi que ce soit de ces visionneuses nocturnes que les Allemands avaient développé durant la guerre » expliqua Corso, « donc même si les Officiers de l’équipe de récupération étaient stupéfaits de ce qu’ils ont vu, quand ils autopsièrent l’Extraterrestre au 509e Groupe et lui retirèrent ces « lentilles », c’est le seul mot que je peux utiliser, ils réalisèrent que ces « lentilles » étaient une paire de réflecteurs compliqués qui rassemblaient toute la lumière disponible dans des intensifieurs d’image nocturne. » continua Corso, en montrant du doigt le croquis que tenait Paul Fredericks. « Quelques Officiers médicaux essayèrent de regarder au travers dans un hall sombre et des images apparurent, mais rien n’en n’a été jamais fait et ce fut rangé avec les restes de l’Extraterrestre. »

« Est-ce qu’ils ont effectué quelques analyses la-dessus avant qu’il ne soit envoyé ? » demanda Fredericks

« Quelques unes », dit Corso, « Mais ils n’en n’avaient pas les moyens au 509e et ils durent attendre qu’il soit envoyé à Wright. C’est seulement quand les gars des Renseignements de ‘ l’Air Materiel Command ’ le reçurent qu’ils réalisèrent que c’était quelque chose que les Allemands avaient déjà essayé de développer.

« Mais c’est bien plus sophistiqué », dit le Dr. Fredericks, « Les Allemands n’étaient pas aussi proches de réaliser quelque chose comme ça. »

« Oui » dit Corso, « pas aussi proches. Et c’est pourquoi les gens des Renseignements à Wright étaient si préoccupés. Comment les Allemands ont fait pour être aussi avancés à la fin de la guerre ? qu’avaient-ils en mains ? ont-ils bénéficié d’aide ? »

« Ou » dit très lentement le Dr. Fredericks , « Peut-être ont ils, eux aussi, trouvé un crash, comme vous ? »

« C’est exactement cela, Docteur » dit Corso, « qu’avaient-ils trouvé ? »

« Si les Allemands ont pu mettre les mains sur ce matériel, et les Russes donc ? » demanda Fredericks. Il parlait tout seul, maintenant.

« Pourquoi pas les Chinois ou un de nos pays alliés Européens ? Qu’en est-il de la véritable quantité de ce matériel ? » demanda t-il finalement.

« Nous n’avons aucune réponse à ces questions » lui dit Corso, « En tout cas, personne à l’Armée. Pour des raisons évidentes, personne ne nous tournait autour pour tenter de récupérer des informations. Nous avons ce que nous avons. »

« Et ne voudriez vous pas que j’en parle ou que j’essaye de renifler alentour pour de plus amples informations » dit Fredericks.

« Si nous avions pensé que vous le feriez, je ne serais pas ici. » dit Corso, « j’ai ces rapports ici et des descriptions de l’appareil. Je vais prendre congé. Si vous pensez que vous pouvez travailler là-dessus dans vos programmes de développements, j’ai le matériel, lui-même, et je vous le ferai suivre de cette manière il sera totalement en vos mains. Exploitez le partout où vous voudrez le développer. Offrez le droit, à vos fournisseurs, de le breveter. Ne leur dites jamais où vous l’avez eu et d’où il peut provenir. Tout ce que nous voulons c’est le faire développer. C’est tout. »

« Puis-je ? » demanda le Dr. Fredericks, en tendant la main vers les rapports que Corso avait étalé sur le siège en cuir.

Corso lui tendit la liasse.

« C’est plus à propos de la façon dont ils ont manipulé l’Extraterrestre à Wright Field que sur les lentilles elles-mêmes » dit Corso, « Parce que dans la réalité, ils ne savaient pas vraiment ce qui faisait marcher la « chose » et ils ne voulaient réellement pas les séparer. »

« Alors ils l’on juste mis dans le paquetage ? » demanda Fredericks

« Fondamentalement, c’est ce qui c’est passé, » dit Corso, « au début, ils ne savaient pas comment ça fonctionnait. Ou peut-être pensaient-ils que cela rendrait un être humain aveugle ou quelque chose comme ça. Ça les effrayait. Après un certain temps, ils l’ont rangé dans un entrepôt en espérant que quelqu’un d’autre les en débarrasse. »

« Et ça a été vous » dit le Dr. Fredericks.

« En réalité, »répondit Corso, « ça peut-être vous, si vous le voulez » .

« J’ai besoin de lire ces papiers plus complètement et voir où nous pouvons glisser votre vision nocturne dans le projet sans causer une ride en surface. » expliqua le Dr. Fredericks.

« Est-ce que ça sera facile ? » demanda Corso.

« À Fort Belvoir, » répondit Fredericks, « les équipes, ici, doivent garder leurs idées pour elles-mêmes. Si vous leurs dites que c’est une pièce de technologie étrangère que nos gars des renseignements ont pris dans un autre pays et que nous sommes supposés l’intégrer dans ce que nous sommes en train de faire, c’est de l’histoire. »

« Personne ne pose de questions ? » demanda Corso.

« Personne ne pose de questions en quelque circonstance que ce soit » dit-il, « Cela devra avancer rapidement et créer son propre petit développement bureaucratique si nous avons le budget pour l’intégrer dans un projet de développement d’urgence avec une réelle phase de développement avec limite de date ».

« Et alors que ce passera-t-il ? » demanda Corso.

« C’est juste comme le magasin du père Noël le premier jour de l’hiver. Aucun des elfes ne lève les yeux de son établi jusqu’à ce que le travail ne soit fini. Ensuite le projet suivant arrive et tout le monde oublie. À partir du moment où les troupes porteront ces équipements sur le terrain, la vision nocturne sera juste un bon souvenir, avec les détails ré-écrits pour arranger la vision de l’histoire. Personne n’essaiera de deviner, mon Colonel, » dit-il, « du moment où nos gars auront le matériel en mains, il ira dans la soupe de développement à Fort Belvoir et deviendra de l’autre côté une arme de terrain. »

Corso se leva et referma sa mallette en contournant le bureau.

« Alors qu’allez vous recommander au Général Trudeau ? » demanda Fredericks.

« Je vais suggérer au Général d’envoyer l’appareil, vous nous indiquerez le budget dont vous aurez besoin et le Général Trudeau trouvera les financements » dit Corso.

« Et vous ? » demanda t’il.

« Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Dr. Fredericks, » lui dit Corso, « bien sûr, il y aura un lien avec la RD qui aura officiellement la charge du développement de la vision nocturne. Il fera des rapports au Général Trudeau et tout ce dont j’aurai besoin, je le trouverai auprès du Général. Je me réjouis de voir vos rapports de développements arriver. Félicitation pour votre nouvelle pièce de technologie. Et félicitation à la boite qui aura le contrat avec la Défense. »

« Félicitations, vraiment ! » dit le Dr. Fredericks.

Ils se serrèrent la main et Corso sortit du bureau. L’espace d’un instant, ça revenait à sortir de l’irréel et de re-rentrer dans le réel. Ils venaient juste de lier une de leurs Pièces avec la réalité, créant un peu d’Histoire.

Les gars des RD de Fort Belvoir allaient recevoir un appareil d’un de leurs consultants qui leur chuchoterait que cela provenait d’un de nos ennemis. Ne posez aucune question. Mais c’était juste quelque chose que les gens de Fort Belvoir allaient regarder pour voir à quoi ressemblait un appareil fini. Ça prendrait 5 ans ou plus.

Le programme actuel de développement d’armes à Fort Belvoir servant de couverture pour la dissémination de la technologie de Roswell était si parfait que quiconque prétendant regarder en arrière dans l’histoire récente ne verrait qu’une soudaine accélération dans le programme de développement peu après 1961.

Le projet de vision nocturne subit une accélération dans son financement, un nouvel officier lui fut assigné par le Général Trudeau et son nom commença à être présenté de façon régulière comme un des bienfaiteurs du programme.

En 1963, quand Corso et lui étaient au Pentagone, le projet était chez Martin Marietta Electronics - maintenant une partie de Lockheed Martin - et déjà en route pour son déploiement initial qui prendrait place en Europe et au Vietnam.

Mais Corso ne le savait pas en quittant la base de Fort Belvoir pour rejoindre son bureau au Pentagone. Il était seulement satisfait d’avoir inséré un de leur projet de technologie étrangère dans un développement déjà en cours ce qui allait camoufler leur appropriation d’une pièce de technologie extraterrestre.

Corso rejoint son bureau plein d’autres dossiers qui nécessitaient des dispositions. Un de ceux ci, qui était parallèle à celui de la vision nocturne, était le projet embryonnaire « CORONA », une idée apparue soudainement avec la « descente » d’un avion U2 de surveillance et de la capture de son pilote, Francis Gary Powers.

L’Air Force et la CIA avaient lancé le programme U2 durant une certaine période pendant l’Administration Eisenhower et les photos et rapports passaient régulièrement sur le bureau de Corso au National Security Council. Comme beaucoup d’autres événements durant la Guerre Froide, le U2 n’avait pas qu’un objectif : il s’agissait de la surveillance de l’Union Soviétique sur son programme de développement de missiles guidés. Il avait une triple intention. Bien sur, ils voulaient savoir exactement ce que les Soviétiques faisaient, mais ils voulaient aussi connaître leurs capacités de défenses aériennes. Ils voulaient savoir avec précision comment leurs radars pouvaient suivre l’U2 et si un de leurs missiles pouvait le descendre.

Donc ils les provoquèrent volontairement en leur faisant connaître leur présence quand ils voulaient se faire tirer dessus. Pouvaient-il le descendre ? Les caméras à bord du U2 filmaient les sites de lancements de missiles pendant que le pilote survolait les installations sensibles où les Russes essayaient de rivaliser ou de céder, aux Américains, le contrôle de zones classifiées de leur territoire spatial.

Donc, ils jouèrent avec eux afin de tester leurs défenses, en sacrifiant délibérément des pilotes ou en les croyant morts après que leur avion ait été descendu, et ils nièrent toujours ce qu’ils faisaient même quand Khrouchtchev hurla à Eiseinhower que le programme U2 l’exposait lui-même, considérablement au Kremlin.

« Nous devrions conclure un marché » dit le Président du Parti Communiste. « Mais pas si vous m’obligez à sortir du bureau ». Bien qu’Eisenhower détestât le programme U2 et le danger dans lequel ils mettaient leurs pilotes, le Président devait s’accommoder d’un des autres ordres du jour de surveillance : la recherche de preuves d’atterrissages de vaisseaux extraterrestres ou de crash dans l’immensité de l’Union Soviétique.

Ils devaient aussi savoir si les Russes avaient récupéré de la technologie extraterrestre. C’est ce à quoi servait aussi le programme U2 jusqu’à ce qu’ils aient une alternative. L’alternative, bien qu’elle existe dans l’Air Force et pas dans l’Armée, faisait partie d’un partage entre les Services de Renseignements des RD et le duo : National Security Council / CIA mais était toujours en développement chez Lockheed dans une division appelée, »Travail de salauds ».

Parce qu’ils avaient lancé des U2 pour provoquer les Soviétiques et parce qu’ils savaient qu’ils commenceraient à perdre des pilotes et des avions, l’équipe du National Security Council avait commencé à considérer, avec plus d’agressivité, un programme mieux structuré dès 1957 ; dernière année de Corso à la Maison Blanche.

Les Renseignements avaient décidé de prendre, des photos satellites, des installations Soviétiques mais uniquement s’ils pouvaient avoir un ‘’oiseau’’ assez fiable. Aussi, ne voulaient-ils pas que les Soviétiques sachent qu’ils tournaient en orbite terrestre pour les surveiller, afin de ne pas les encourager à aller déranger leurs satellites. Donc la ruse fut d’envoyer un satellite dans le plus complet secret.

- lire la suite : [ L’après Roswell ] du Col. Philippe Corso Part.02/02



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