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littérature et contre-culture

Qu'est-ce que le cyberpunk ?

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Publié le 5 juin 2004 - Modifié le jeudi 14 avril 2005 :: 4164 visites robots/humains. ( Popularité: 39)

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Le style CYBERPUNK est, à l’origine, un mouvement littéraire lancé par un groupe de jeunes auteurs de Science-fiction américains, avec pour principaux chefs de file William GIBSON et Bruce STERLING.
Les CYBERPUNKS, encore appelés neuromantiques, se distinguent dans leurs oeuvres par une approche originale de la haute technologie, mélangée à une ambiance très "punk", voire un peu glauque.

CyberPunk ... Késako ?

Tous ces auteurs nous offrent un avenir contrôlé par de gigantesques "M.N" multinationales, qui remplacent les gouvernements légaux ou presque, et face à elles, des gens pour qui la haute technologie est à la fois une mode, un Art de vivre et un moyen de "débrouille".
Cet univers est quand même assez sombre. Pour vous faire une idée de l’ambiance CyberPunk, vous pouvez visionner Blade Runner, Total Recall ou Running Man (pas au niveau de l’histoire elle-même, mais du "background").

- a) un mouvement littéraire :
Le terme "cyberpunk" a été inventé en 1984 par Gardner Dozois, directeur de la revue de science fiction Asimov S.F Magazine, pour désigner un nouveau courant de la science fiction qu’il avait d’abord appelée en 1981 "punk S.F" (la même année 1981, un auteur de sciences fiction, William Gibson, utilisait pour la première fois le terme "cyberspace" inspiré par une publicité pour les ordinateurs Apple. ).

- b) une contre-culture :
Ce terme, cyberpunk, désigne aussi un mouvement de contre-culture dont les écrivains de sciences fiction "cyberpunk" sont eux aussi partie prenante, mais qui prend un sens plus général (c’est pourquoi l’anthologie cyberpunk italienne "cyberpunk", après une première partie consacrée au courant littéraire qui porte ce nom, consacre une seconde partie à la contre-culture de même nom).

- CyberPunk , c’est quoi ? Est-ce une attitude, un niveau technologique, une fusion entre les deux ? ( Le terme "Cyberpunk" est formé de deux composantes : (formé des mots anglais cybernetics et punk (voyou))

[ Cyber ] : désigne la "cybernétique" (art de gouverner) et, de là, les nouvelles technologies associées notamment à l’informatique.
[ Punk ] : renvoie au mouvement de contre-culture qui porte ce nom.

- Neuromantics
jeu de mot sur New Romantics (nouveaux romantiques) et neuro-mantique. (même prononciation en Anglais)

Un autre auteur, Bruce BETHKE [pas vraiment mémorable] avait donné le titre "Cyberpunk" a une nouvelle parue en 1983.

L’origine de ce terme est littéraire. Sa date de création exacte reste incertaine, certains en ont attribué la paternité à Gardner Dozois, mais ce dernier a déclaré que le terme existait déjà depuis plusieurs années. Un autre auteur, Bruce Bethke a donné le titre "Cyberpunk" a une nouvelle parue en 1983. Plus généralement, ce terme désigne un mouvement littéraire apparu dans les années 80 dont les fondateurs sont : Bruce Sterling, William Gibson et à une moindre mesure Lewis Shiner, John Shirley et Rudy Rucker, Pat Cadigan, Walter Jon Williams, Gwyneth Jones, Michael Swanwick, Greg Bear, Richard Kadrey, George Alec Effinger.

Le texte fondateur du mouvement cyberpunk semble être "Johnny Mnémonic", nouvelle paru en 1982 dans la revue SF Omni, et signé par un auteur quasiment inconnu : William Gibson. Deux ans plus tard, ce même auteur forgea un peu plus le thème dans "le Neuromancien".

En 1986, Bruce Sterling lui donne une structure dans "Mozart en verres miroirs", une anthologie de nouvelles à tendance cyberpunk. Il écrira : "Le mouvement cyberpunk provient d’un univers où le dingue d’informatique et le rocker se rejoignent, d’un bouillon de culture où le tortillement des chaînes génétiques s’imbriquent. D’aucuns jugent le résultat curieux, voire monstrueux ; pour d’autres, cette intégration est une puissante source d’espoir."

"Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors service." (William GIBSON [la première ligne de Neuromancien] )


Les écrivains cyberpunk
Un mouvement international & les orientations essentielles :

le terme avait désigné d’abord un groupe restreint d"écrivains, de poètes américains dont Burrows, qui à une grande audience chez les cyberpunks - avant d’être l’étiquette d’un vaste mouvement juvénile de contre-culture.

- Chez eux, par exemple, souvent, les personnages des romans S.F sont dans les réseaux télématiques (les recherches technologiques, associant informatique et vidéo, sur les "réalités virtuelles" et/ou "artificielles" sont une source de ces innovations littéraires ("réalité artificielle" : je suis "dans" l’écran avec la balle virtuelle, je peux jouer contre un adversaire semi-virtuel, même si un handicap physique m’interdit ce déplacement et ces performances.

- Avec les techniques permettant de produire une "réalité virtuelle", de la gérer ("cyber") et de l’habiter, on crée un "imaginaire" actif dont la production, la gestion (à l’aide du dispositif inventé par Jerry Lanier) et les contenus peuvent rappeler l’époque du psychédélisme (du LSD et autres substances hallucinogènes permettant des voyages) ou mêmes des SHAMAN’s : d’où l’expression " cyberpunk psychédélique" (d’où l’adhésion de Timothy Leary, célèbre gourou du psychédélisme des années 60, au cyberpunk).

(Voir à ce sujet, dans l’anthologie de Shake, "un manifeste pour la recréation du monde" signé Clark Fraser).

- Par ce néo-psychédélisme, la mémoire du mouvement hyppie est elle aussi présente chez les cyberpunks mais c’est toujours au prix d’un retournement :
- Les hippies étaient en "grève totale contre la société de consommation" (Feltrinelli) ;
- Le cyberpunk prend le monde technologique tel qu’il est même s’il est conduit - comme le font les hackers - à en détourner le fonctionnement.
- Les premières expressions du mouvement se développent à Austin (Texas) dès 1975, puis en Allemagne - avec les "techno anarchistes" - à partir de 1980 et en Italie - en particulier autour de la revue underground "Décoder" de Milan - à partir de 1986.

- En France, à la connaissance du "public" tout du moins =) , ce mouvement serait encore pratiquement inexistant, enfin sous la forme contre culturelle qu’il a pris chez nos voisins avec revues, rencontres régulières, etc. Cela tient sans doute au fait que nous sommes moins directement en prise avec ce type de mouvements qui naissent souvent aux USA et prennent un sens nouveau en s’installant en Europe, comme on le voit en Allemagne et en Italie.


Des punks aux cyberpunks... ( un retournement radical.)
Le mixage entre le mouvement punk, initié dans l’Angleterre de la fin des 70’s par des groupes de rock tels que les Sex Pistols, et le terme cyber, dérivé du grec et signifiant diriger, est assez surprenant. Rappelons d’abord que le mouvement musical punk véhicule une idéologie pessimiste sur notre société, il a été créé à un moment de grand désarroi, dans des communautés anglaises frappées de plein fouet par le chômage, le leitmotiv en était le célèbre "No Future".
Quant au préfixe "Cyber", il provient de cybernétique, science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et... chez les êtres vivants, . L’osmose des deux termes pourrait donc être défini comme un avenir pessimiste où toute vie serait dirigée par les machines à l’aide de moyens de communications sophistiqués, tels que les réseaux informatiques...

- Pourquoi cette association, en apparence paradoxale (d’où le succès de l’étiquette...) entre les termes "cyber" - (qui fait référence directe et positive, on va le voir, aux nouvelles technologies) et "punk", (qui renvoie, lui, à un mouvement qui semblait plutôt opposé à ces technologies) ?

- Pour les punks des années 70, les nouvelles technologies associées à l’informatique sont aliénantes : ces punks n’avaient aucun espoir dans le futur de l’humanité (d’où l’expression fameuse : "no future !" et leur "outil de communication" était leur propre corps utilisé selon un mode provocateur ;

- Pour les cyberpunks au contraire, ces nouvelles technologies peuvent être libératrices, elles portent en elle un espoir de transformation de la vie sociale et de libération.

- Ce reversement du pessimisme punk à l’optimisme "cyberpunk" quant à la technologie s’effectue déjà, relativement, dans les ouvrages de sciences fiction regroupés sous l’étiquette "cyberpunk" Gibson, Sterling, et autres où elles ne sont plus nécessairement l’anticipation d’un usage terrifiant de la technique future ; il est encore accentué dans le courant de contre-culture qui prolonge le message de la nouvelle science-fiction et l’élargit.

comme les beatniks... Cette évolution est semblable à celle qui s’était produite au temps des beatniks :

Les Beatniks restaient cool. Les Hippies vivaient en marge de la société. Les jeunes cadres dynamiques vendaient. La génération X a abandonné. Mais les Cyberpunks ? Ils prennent le dessus. Ils surfent sur la vague des données avant la masse, essayent la nouvelle technologie et trouvent de nouvelles façons de l’utiliser, ils provoquent l’Autorité et la battent avec ses propres armes. Les Cyberpunks savent que le Techno féodalisme est l’avenir : si tu ne maîtrises pas le futur, tu deviendras un techno vassal trimant pour un techno-seigneur sans visage, ou pire, un techno-paysan lié au paysage digital. S’il y a un futur qui arrive, ils prévoient d’être en tête, en apprenant ses nouveaux s’aspects et en se l’appropriant.


La technologie CyberPunk : La pointe de la pointe !
- Avez-vous déjà essayé d’imaginer ce que sera la vie quotidienne dans 20, 50 ans ou même plus ? Les écrivains Cyberpunks s’en sont chargés pour vous. Voyez plutôt  :

- La bionique et la cybernétique (remplacement de diverses parties du corps par des prothèses électroniques ultra évoluées et contrôlées par microprocesseur) sont devenues monnaie courante. Avec un peu d’argent, un chirurgien de contrebande vous greffera non seulement une nouvelle main, mais pourra y inclure un radio scanner, une lame rétractable, une arme à feu, ou même un laser, pourvu que vous y mettiez le prix !

- Les objets usuels de tous les jours sont bourrés d’électronique. La domotique (informatique appliquée à l’habitat) occupe le moindre logement, les alarmes ne sonnent plus, elles tirent sur l’agresseur, pilotées par un laser couplé à une Intelligence Artificielle (I.A.).

- Les trafics de toutes sortes, que ce soient d’armes, de drogues ou d’influences, régissent la vie quotidienne, même pour les plus nantis (et surtout pour eux !).
- Mais le plus impressionnant reste l’évolution de l’informatique. Ce que nous concoctent les meilleurs ingénieurs n’arrive pas à la cheville des prévisions neuromantiques...


Informatique future : Prêt pour l’embrochage ?
- Le clavier vous ennuie ? La souris est pour vous un objet datant de l’aire préhistorique ? Les commandes vocales sont un anachronisme désuet ? Les CyberPunks ont la solution :

- Branchez votre console sur vos neurones, vous gagnerez en temps d’accès et en connaissances.

- Comment s’y prend-on pour devenir un "embroché" ? Mais rien de plus facile. Tout d’abord, trouvez un neuro-chirurgien compétant (sa vaut mieux) et demandez-lui de relier toutes les terminaisons sensorielles de votre cerveau à des prises plantées dans votre crâne. Ensuite, insérez dans ces prises des puces de logiciel. Ces programmes peuvent vous permettre de parler couramment une langue étrangère sans l’avoir jamais apprise, de réparer un moteur sans en avoir jamais vu auparavant ou d’augmenter vos performances sexuelles (Soldes sur l’Intégrale du Kama-Sutra...).

- Les puces c’est bien, mais pour enfourcher une moto, conduire un char d’assaut ou piloter un chasseur supra-luminique, pour avoir un tir parfait avec votre automatique, votre pistolet-mitrailleur, ou votre lance-roquettes (en vente libre !), rien ne vaut "l’interface". Armes ou véhicules, toutes sont contrôlées par micro-processeur. Il ne vous reste plus qu’à tirer un câble entre vos brôches et ce processeur, et vous contrôlez directement celui-ci. En plus, le vent sur la carrosserie, les faisceaux d’ondes directionnelles et les messages radios vous parviennent comme autant de sensations physiques. 450 Km/heure dans le vent, çà devient vite grisant !

... Mais la meilleure façon d’utiliser les "trodes", c’est de ce connecter directement sur la matrice...

Il n’est pas étonnant que ce mouvement soit lié à l’implantation et l’implication de plus en plus grande de l’ordinateur dans notre vie quotidienne. La création du réseau Internet facilitant l’échange de données dans le monde entier, l’interconnexion des réseaux internes d’entreprise, l’échange de ces données en vue de constituer des fichiers de clients, de personnes, sont le "terroir" (ou plutôt la carte-mère) du cyberpunk. Les progrès technologiques récents comme la possibilité de créer un environnement virtuel sont essentiels dans l’œuvre de William Gibson. Dans son roman "Le neuromancien", son héros Case a le cerveau branché sur les banques de données.

Norman Spinrad écrira à propos de ce roman : "Le Neuromancien est un magicien d’aujourd’hui (ou plutôt ici, de demain), dont la sorcellerie consiste à effectuer directement l’interface entre son système nerveux protoplasmique et le système nerveux électronique de l’infosphère, en se servant d’images pour la manipuler (et être manipulé par elle), de la même façon que les chamans traditionnels se servent d’images pour agir, par la drogue ou la transe, dans les espaces mythiques traditionnels".

L’écriture du roman cyberpunk se veut avant tout directe, sans explication superflues, comme si on considérait le terme DVD ou CD-ROM passé dans le langage courant depuis des centaines d’années. Le ton général est noir, violent et pessimiste : l’idée de ce climat oppressant est très bien rendu dans le chef d’œuvre cinématographique de Ridley Scott : "Blade Runner" (1982), décrivant Los Angeles perpétuellement nocturne, glauque, pollué, grouillant de monde et de slogans publicitaires...

Œuvre phare des années 80, Blade Runner a depuis fait de nombreux émules, et le cinéma a pris le mouvement en marche : "Vidéodrome" de David Cronenberg en 1982, puis plus récemment dans le médiocre "Le cobaye" de Brett Leonard en 1992 ou "Johnny Mnémonic" de Longo en 1997. En 1999, le genre connaît à nouveau une apogée dans le magnifique "Matrix" avec Keanu Reeves.


Cyberpunk, des choix difficiles ?!
- Les réplicants n’ont pas d’animaux. Et ils n’ont pas de famille non plus. ( un Blade Runner)

- Il s’agit de savoir comment fonctionne la machine humaine, pour pouvoir faire des choix vraiment difficiles que seul Dieu devrait faire. Maintenant on peut garder un humain vivant longtemps après sa mort cérébrale. Alors oserez-vous retirer la prise ? Il est possible de soigner les malformations dans l’utérus, qui va pratiquer ces soins ? Que peut-il arriver quand on a un accès complet à la structure complète du code génétique humain ? Jusqu’à maintenant nous avions la séquence génétique d’une douzaine de défauts de naissance, comme pour d’autres caractéristiques physiques.

- Maintenant que nous avons le pouvoir de nous modifier au niveau génétique, allons nous agir de la même façon avec nous que la façon dont nous agissions avec les machines ? Quelle sorte de gens allons nous construire ? Et aurons-nous raison de le faire ? Maintenant que le clonage est possible, allons nous l’utiliser pour sauver des vies ou pour faire des armées d’esclaves réplicants dans un Blade Runner réel ?

- Tous les choix ne requièrent pas des modifications génétiques ou une cuve de clonage. Dans le future que nous créons, nous aurons à répondre à beaucoup de ces questions. Les ordinateurs nous permettrons d’étendre notre perception dans les royaumes de réalité virtuelle, et est ce que cela vaudra la peine de revenir en arrière ? Comment allons nous empêcher la société de devenir un camp armé quand les nouvelles armes sont bon marché et nombreuses, et quand la moralité n’est plus ? Pouvons nous refaire notre société en état d’explosion technologique pour y inclure les aspects primitifs de notre passé ? Ou la solution est-elle de transformer l’homme en un être capable de vivre dans la civilisation, maintenant que nous en avons le pouvoir.

- Toutes ces questions, et les choix que nous faisons quand nous y répondons. Nos compétences nous permettent de nous transformer en ce que nous voulons. Ca nous permet de trouver une nouvelle façon d’être humain, ou de ne pas l’être, comme on veut.


Cyberpunk, ...l’émergence des technologies
C’est même plus que cela. Comment les gens voient-ils cette technologie, et qu’en font-ils ? Le peuple peut acquérir ces nouvelles capacités et les exploiter, mais certains peuvent s’organiser en groupes et s’accaparer toutes ces technologies.

- T’es au bord d’une révolution qui n’a pas eu d’équivalent depuis le 18ème siècle. L’avènement de l’âge de l’ordinateur est et va être la plus grande évolution dans les technologies depuis la vapeur. Comme à l’âge de la vapeur il y a 200 ans, l’humanité va encore une fois être capable d’étendre ses souhaits au delà des limites physiques. La dernière fois, l’énergie de la vapeur a permis de déplacer des masses impossibles à bouger en utilisant la force des hommes ou des animaux. Elle a permis de construire des véhicules capables de transporter des centaines de personnes à des vitesses inouïes (saviez vous qu’en 1820, personne n’avait voyagé à une vitesse supérieure à celle d’un cheval, soit environ 32km/h ?).

- Mais la révolution de la vapeur ne fut pas une révolution voulue par le peuple. Cela a permis à l’humanité tout entière de faire de grandes choses, comme les machines actuelles vont aussi permettre de faire de grandes choses. Le véritable puissance, était concentrée dans les mains de quelques uns qui pouvaient décider de construire des usines, des navires ou des machines. L’homme de la "rue" était obligé de devenir une partie d’une machine, et ne la contrôlait pas. Pendant ce temps les riches, et puissants, les nouveaux détenteurs du monopole, contrôlaient les moyens de production et les richesses attenantes... Ca vous rappel quelque chose ?


Je ne suis pas un homme / Ou une machine.
- Je suis juste quelque chose entre les deux. " En savourer chaque minute."

- Ca parle de la limite entre l’homme et ses outils qui devient si trouble qu’on ne peut plus la définir. On peut créer des yeux, des hanches, des oreilles, des mains, des jambes, des coeurs artificiels. Tu peux remplacer des parties de ton corps avec l’équivalent métallique, qui fait souvent mieux le boulot que la viande, une immortalité potentielle grâce à une mécanisation plus efficace. Ca traite aussi des limites qu’on dépasse. Pourquoi conduire une voiture ? Pourquoi ne pas devenir une voiture ? Avoir une partie de son corps qui assure ces fonctions mécaniques. Et ce ne sont que les possibilités immédiates, il est impossible d’imaginer les limites. La méthode d’utilisation de l’interface homme-machine devient plus importante que la façon de l’obtenir, parce que le résultat va déterminer si l’évolution de l’homme va suivre la voie organique ou la voie inorganique.

- Perdons-nous quelque chose en devenant nos outils ? Gagnons-nous quelque chose ? Si on prend un enfant paralysé à la naissance et qu’on colle son cerveau dans un corps cybernétique intégral de classe alpha, sera-t-il toujours un être humain ? Les gens en viendront-ils à s’automutiler pour obtenir un ajout mécanique, surtout si cela permet d’avoir un corps meilleur que celui de départ ? Est-ce que cette incroyable aptitude va être banalisée au nom du style ? Cela nous demande de considérer ces questions, et de nous faire nos propres réponses.


Le Cyberpunk, c’est refuser les réponses communiquées par les experts.

C’est développer tes propres programmes quand la version commerciale ne te convient pas. C’est contester les vérités admises sur ce que tu peux ou ne peux pas faire. Cela consiste à faire face au futur et le saisir à la gorge, le forcer à être ce que tu veux qu’il soit, pas ce que les autres disent de ce qu’il devrait être.

Cyberpunk pose des questions. Des questions difficiles. Pourquoi le monde doit-il se changer en enfer ? Pourquoi les méga corporations ne sont-elles pas responsables de ce qu’elles font ? Qu’allons nous faire de la nouvelle technologie que nous créons ? Pourquoi diable dois-je faire ce que quelqu’un a dit juste parce qu’il l’a dit ? Pourquoi ne choisirais-je pas de nouveaux standards et de nouvelles valeurs pour le monde dans lequel je vis ?

En tant que Cyberpunk, ton job est de trouver la tête du futur et de le frapper, pas de te recroqueviller dans un coin, nostalgique du bon vieux temps. Aussi longtemps que tu seras concerné, les choses n’iront pas mieux si tu ne les fais pas aller mieux.


Cyberpunk, Hip Hop & GFx
Certaines innovations technologiques des années 70 n’étaient pas totalement absentes des univers de la contre-culture plus anciennes : par exemple, le stroboscope était associé, pour ses effets visuels, à la musique psychédélique des années 70.

- C’est cependant plus récemment qu’elles sont parties intégrantes de la culture alternative : la technologie associée à la musique rock, et plus récemment les procédés du sampling - collage sonore - dans la production des "instrumentaux" (ou "tempo") de rap en sont des exemples. Bruce STERLING, dans "Mozart", souligne ce lien étroit entre le cyber-punk, la pop music et la pop culture.

- Qu’entend-on ici par "nouvelles technologies" ? Pourquoi sont elles vues comme potentiellement "libératrices" ?

- a) Cette étiquette convient, en particulier, pour désigner le magnétoscope, la vidéo, les ordinateurs individuels - une publicité de Apple conduit Gibson à parler de "cyberspace" en 1981 - les usages interactifs et alternatifs des vidéotels / minitels, qui prennent place parmi les "instruments" du "village global" pour parler comme Mac Luhan, dont la pensée est très présente dans le mouvement.

- Elle désigne des innovations qu’il ne faut pas limiter au champ de la communication au sens déjà traditionnel du terme ; elles participent de la production de la société (les communications de masse ont socialisé beaucoup de gens).

- b) l’information peut devenir aussi un élément de libération et on donne souvent en exemple les hackers (pirates de l’informatique) dont le but n’est pas d’être un "espion industriel" mais de ’’libérer l’information’’ (en prenant des risques pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement) : Bruce Sterling, dans un interview que publie Decoder, raconte comment la fabrication d’un jeu vidéo (vidéo game) peut conduire à des ennuis sérieux avec la police.

- L’exemple italien : cyberpunk, contre-culture et politique
- En Italie, les nouvelles orientations de la contre culture internationale - hip hop, cyberpunk - sont surdéterminées par un contexte politico idéologique spécifique :

à savoir l’existence d’une sorte "d’ultra-gauche" vivante et active dont l’une des bases se trouve dans les "centres sociaux occupés et autogérés" dont le réseau est présent sur tout le territoire.

- Les italiens de la revue Underground "Decoder" et les militants (et rockers) des "centres sociaux autogérés" font la jonction entre hip hop et cyberpunk. Ces centres étaient le point de rencontre toujours variable selon les situations de la politique et de la contre-culture :
en particulier de ce qu’on a pu désigner, à l’ultra-gauche italienne, en termes d’autonomia (autonomie ouvrière dans les années 60, autonomie tout court, aujourd’hui, le terme à transité par les autonomen allemands qui avaient d’abord pris ce terme aux italiens).

- Au début des années 80, c’est le rock alternatif, le rock punk et l’ensemble de la culture punk qui constituent souvent le décor culturel des centres et le mode d’expression d’un radicalisme politique. En 1990, un rap italien très engagé et très spécifique prend le relais : contrairement à ce qui se passe, par exemple, en France, c’est l’engagement politique, la dénonciation politique violente qui constituent la spécificité de ce rap et non la recherche du succès mass médiatique et la soumission aux normes du show bis (avec la mise en texte obligée de quelques thèmes devenus souvent des clichés).

- Le graphisme hip hop est lui aussi très présent dans les mêmes Centres sociaux d’Italie. Le mouvement universitaire de "la Pantera" (1990) a eu un rôle catalyseur et amplificateur dans cette orientation, en rupture avec un premier hip hop italien des années 80 qui était plus soumis au "modèle américain" (de la Zulu nation, notamment).

Le courant cyberpunk italien se développe dans le même contexte. William Gibson, qui participait aux rencontres de Venise en novembre 1990, sur "la réalité virtuelle" a été étonné et "amusé", disait-il, par cette version italienne de ce courant dont il est un "acteur" de premier plan : (interviewé par un journaliste du quotidien "Il Manifesto" 27 nov. 1990) il définissait les cyberpunks de Milan comme des gens de "type post-marxiste-politico-punk-anarcho- philosophes".


La Matrice (La sale gosse illégitime d’INTERNET et d’UNIX !)
Peut-être connaissez-vous Internet, le réseau mondial ? Si ce n’est pas le cas, vous manquez quelque chose, et ce n’est pas de la fiction ici.

Imaginez un minitel au niveau de la planète. Vous avez votre bal (boîte aux lettres électronique) pour envoyer et recevoir des messages de tous les coins du monde, vous pouvez télécharger des programmes depuis un disque dur ou un Cd-rom situé en plein coeur de Tokyo, New York ou Auckland, et participer à une infinité de débats, conférences et colloques sur à peu près tous les sujets possibles et imaginables.
Ce système existe déjà, et de plus en plus de gens y ont accès (souvent par l’intermédiaire de serveurs télématiques tels que 3614 TEASER, 3617 EMAIL, 3619 USENET, etc...). Tout au plus vous faut-il un modem, ou même un câble reliant votre micro à un minitel (150 Frs le câble environ).

- Quant à UNIX, on ne présente plus ce système de réseau. Et bien dans un futur très proche, les CyberPunks nous prédisent non seulement une généralisation de ce phénomène, mais affirment que notre façon d’appréhender l’information numérique va changer du tout au tout.

Tout d’abord, la neuro-connection est un minimum. De ce fait, les datas ne sont plus des fichiers ou des mots apparaissant sur votre écran, mais de véritables structures, en image 3D de synthèse, qui représentent des bases de données, des banques de datas ou des comptes bancaires. Vous vous y déplacez dans un système virtuel. Vous survolez les blocs et ressentez les flots électroniques courir dans vos veines, bref... vous y êtes !

Ensuite, comme dans tout système informatique, il y a des pirates, et des protections anti-pirates, qui évoluent conjointement de plus en plus vite. Rien de nouveau donc ? A part un infime détail : les logiciels de protection (on dit la GLACE) sont contrôlés par des I.A. et avant même que vous ayez pu faire un DIR du sommaire de la base protégée, vous avez droit à un car de flics surarmés en bas de chez vous, ou à un trio de tueurs à gages qui viennent vous faire passer l’envie de fouiner. Plus vicieux, la GLACE NOIRE. C’est un programme conçu sur la base de nos actuels virus. Mais au lieu d’effacer le secteur boot de votre disque dur, ils vous grillent le cerveau en court-circuitant vos prises neurales, ce qui entraîne et provoque une mort immédiate lorsque vous n’êtes pas en coma profond. On surnomme d’ailleurs les victimes de la GLACE NOIRE des TRAITS-PLATS, ou des ENCEPHALOGRAMMES ZERO... tout un programme.

Vous êtes employé par une grosse compagnie pour protéger leur base de donnée contre le fisc, l’espionnage et les transferts financiers crapuleux ? Vous êtes un NetRunner ! Au contraire, vous vous faites un plaisir de cracker le moindre site à votre portée ? Vous êtes alors un Cow-boy ! Les deux jobs sont aussi dangereux. Face à la GLACE, on a créé des BRISES-GLACE... les déplombeurs modernes qui grillent les mots de passes, les logiciels et même la tête des NetRunners trop confiants.

- Ce monde vous tente ? Bienvenue ! On nous l’annonce pour ’’demain’’ ... les trop fameuses (fumeuses ?) autoroutes de l’information.


Alors veut tu être un cyberpunk ? Ou juste leur ressembler ? !
La révolution informatique peut être "et en fait EST" une révolution du peuple...

- Ca commence comme une révolution technocratique, mais la création d’ordinateurs personnels bon marché a changé cela. A la différence de l’énergie de la vapeur, qui a nécessité des usines énormes et a coûté des centaines de milliers de dollars pour se mettre en place, la puissance de l’ordinateur peut être implanté pour quelques centaines de dollars.
Qu’est ce que cela signifie pour la société ? Tout d’abord, cela signifie qu’une puissance surprenante peut être détenue par n’importe qui capable d’acheter un ordinateur. Ou souvent, d’en louer un pour quelques heures. Cette puissance est une incroyable niveleuse, parce que cela signifie que pour la première fois, l’homme de la "rue" et l’homme d’affaire peuvent rivaliser.

- Depuis 1990, il n’y a plus de différence entre le type de livre produit par une grosse société et une petite société de garage. Tout ce qui est nécessaire, c’est un ordinateur bon marché, quelques logiciels et un bureau pour faire la présentation. Ce fut l’explosion des nouvelles sociétés de jeu, différenciées des grosses seulement par leur imagination et leur budget publicitaire. Nous pouvons déjà avoir un livre imprimé en envoyant le fichier complet du disque vers l’imprimante, il y a même des presses d’impression qui avalent votre disque et recrachent le livre.

- L’ordinateur personnel peut désormais être Facilement utilisé pour toutes sortes de choses. Les programmes CAD-CAM permettent aux ingénieurs de dessiner des machines, des maisons et même des voitures, ensuite de commander les unités de production dirigées par ordinateur pour produire ces objets. Les systèmes d’enregistrement digital permettent aux artistes de faire de nouveaux albums sur CD, et une mise en forme couleur rapide avec une impression informatique permet aux petits de faire aussi bien que les grosses sociétés. Les éditeurs digitaux de vidéo permettent aux cinéastes de faire des films complets avec des effets spéciaux dans un garage.

- Que se passe-t-il quand n’importe qui peut concevoir une voiture, n’importe quel rocker produire un disque, n’importe quel écrivain publier un livre, n’importe quel cinéaste faire un film ? Jamais auparavant l’homme de la rue n’avait eu la possibilité de faire une révolution industrielle. Cela signifie aussi que ceux qui sont au pouvoir vont peut être tout faire pour nous empêcher de reprendre notre liberté. La rue trouve son propre usage aux objets...

Dans quel but vas tu utiliser le pouvoir de la nouvelle révolution industrielle ? Et quand les autorités essaieront de te l’enlever, comment te défendras-tu ?

... A bientôt de vous croiser, et gaffe au syndrôme du "trait plat"...______________... OnO-Sendaî.


Romans, films Cyberpunks

Bibliographies
(Venez dans la matrice, y a de la place...)

-  William GIBSON (LA Trilogie a lire absolument !!! pour ceux qui ignorent tout )
NEUROMANCER -(Roman ( Prix Hugo 1985 ) - éd. "J’ai lu")
Le héros, Case a le cerveau branché sur les banques de données. Après un accident il cherche à retrouver ses neurones brûlés, secourus dans sa quête par un garde-du-corps mi-femme mi-machine aux yeux artificiels.
GRAVE SUR CHROME -(Nouvelles - éd. "J’ai lu")
COMTEZERO -(Roman- éd. "J’ai lu")
MONA LISA S’ECLATE -(Roman - éd."j’ai lu")
- Johnny Mnémonic ( Nouvelle d’un auteur alors inconnu, parue en 1982 dans la revue S.F Omni)

-  Bruce STERLINGEn préface, il écrit "Le mouvement cyberpunk provient d’un univers où le dingue d’informatique et le rocker se rejoignent, d’un bouillon de culture où le tortillement des chaînes génétiques s’imbriquent. D’aucuns jugent le résultat curieux, voire monstrueux ; pour d’autres, cette intégration est une puissante source d’espoir."
LE GAMIN ARTIFICIEL -(Roman - éd. Denoël)
LA SCHISMATRICE -(Roman - éd. Denoël) l’un des éléments du cycle consacré à la lutte entre deux courants de pensée : l’un pour le développement technologique, l’autre prônant le développement biologique.(1985)
LES MAILLES DU RESEAU 1 & 2 -(Roman - éd. Denoël (1988))
CRISTAL EXPRESS -(Nouvelles - éd. Denoël)
MOZART EN VERRES-MIROIRS -( l’anthologie réunie par Bruce STERLING en 1986. - éd. Denoël)

-  Walter J. WILLIAMS
CABLÉ -(Roman - éd. Denoël)

-  G. A. EFFINGER
GRAVITE A LA MANQUE -(Roman - éd. Denoël)

Autres textes cyberpunks :
Blade Runner Le roman de Philip K.Dick.
Le Samouraï virtuel de Neal STEPHENSON.
Cablé et Plasma de Walter J. WILLIAMS.
Crash ! de J.G.BALLARD
Rock machine de Norman SPINRAD
L’orbite déchiquetée de John BRUNNER un classique.
Les Synthérétiques et Vous avez dit virtuel ? de Pat CADIGAN
La Reine des Anges et sa suite Oblique de Greg BEAR

En France, citons :

Maurice G. DANTEC pour Les Racines du Mal
Paul BORELLI pour L’Ombre du chat et Desordres
Jean Marc LIGNY pour l’honnête Inner city

Ceci est un aperçu ...la liste serait bien trop longue sinon ... Si vous ne devez en lire qu’un, choisissez MOZART EN VERRES MIROIRS, c’est un excellent panorama du CyberPunk.

Autres ouvrages utiles à consulter :
- Anthologie de textes "Cyberpunk" publiée aux Editions underground Shake (Milan 1990) fait le bilan de ce mouvement l’année même où les cyberpunk de la nouvelle contre-culture se réunissent à Venise.

- Ainsi que les très nombreux livres sur la Réalité Virtuelle, et bien sur L"EVEIL !( SI vous ne voyez pas le rapport avec ce dernier ...mmm... relisez encore une fois cet Article =)


Films :
Le premier film de science-fiction a prendre en compte les thèmes et l’esthétique cyberpunk est sans aucun doute Blade Runner.

- Blade Runner de Ridley Scott
Loin des combats spatiaux et des luttes Bien/Mal de Star Wars, le réalisateur Ridley SCOTT a su mettre à l’écran toutes les images présentes dans la littérature cyberpunk : urbanisme oppressant et glauque, technologie à la fois sur-efficace et défaillante, humains désemparés.
- Johnny Mnemonic de Richard Longo (1985)
- la série Matrix, Plus récemment, qui met en scène une réalité virtuelle illusoire, une opposition entre les hommes et les machines, et une recherche graphique très "techno", illustre à merveille l’esprit cyberpunk.
le reste à vous de trouver et de juger si un film est ou n’est pas Cyberpunk ! (ex : Terminator qui ne rentre pas forcément dans le genre, est en fait très bien à sa place dans celle ci )

Quelques liens sur le Cyberpunk utiles :
http://www.cyberpunk.ru/
... bon pis Google avec les bon mots clefs sa le fait aussi ..nan mais =)

allez je vous file ceux la quand même ! du GIBSON WEB :
http://www.antonraubenweiss.com/gib...
http://www.williamgibsonbooks.com/i...
http://www.antonraubenweiss.com/gib...
(La version de Neuromancier en B.D (version .de) pour les non lecteurs de Gibson pour vous donner une idée.)


>>lire la suite>> artxx



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